Mis à jour le 27 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
Le site décrit 33 champignons toxiques de France, dont 12 mortels. Les cinq les plus souvent en cause selon l’Anses en 2024 sont l’agaric jaunissant, l’entolome livide, la lépiote vénéneuse, l’amanite phalloïde et le bolet de Satan. Un champignon toxique ne se reconnaît ni à sa couleur ni à son odeur : seule l’identification de l’espèce, champignon entier en main, permet de l’écarter.
Presque toutes ces espèces ont été cueillies à la place d’un bon comestible. Ce guide les présente en images, classées par milieu, avec le critère qui les trahit et le comestible pour lequel on les prend ; puis les chiffres des intoxications, un tableau récapitulatif, les syndromes et leurs délais, et la conduite à tenir en cas d’intoxication. Les espèces mortelles sont détaillées sur notre page champignons mortels.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Sommaire
- Les 33 champignons toxiques en images (par milieu)
- Tableau récapitulatif
- Les intoxications en France : les chiffres
- Les 5 champignons toxiques les plus impliqués
- Comment ne pas se tromper ?
- Les syndromes : délai court ou délai long
- Les champignons toxiques par syndrome
- Bolets et cèpes toxiques
- Que faire en cas d’intoxication ?
- Questions fréquentes

Les 33 champignons toxiques de France en images
Voici les 33 champignons toxiques décrits sur le site, dont 11 mortels, classés selon le milieu où on les rencontre le plus souvent. Chaque carte donne le critère qui permet de les reconnaître et le comestible pour lequel on les prend. Cliquez pour ouvrir la fiche complète.
En forêt, surtout sous les feuillus : 14 espèces
Chênes, hêtres, châtaigniers, bouleaux : c’est là que poussent l’amanite phalloïde et la plupart des espèces dangereuses. Beaucoup se rencontrent aussi sous les conifères.
ToxiqueAmanite panthèreChapeau brun à petits flocons blanc pur, marge striée, anneau lisse, bulbe à rebord net et bourrelets, chair qui ne rougit pas.Confondu avec : amanite rougissante, amanite épaisse
MortelAmanite phalloïdeChapeau vert olive à jaunâtre (parfois blanc) à fibrilles rayonnantes, lames blanches libres, anneau pendant, volve blanche en sac.Confondu avec : russules vertes, coulemelle, agarics
MortelAmanite printanièreEntièrement blanche, lames blanches libres, anneau blanc pendant, volve blanche en sac enterrée ; au printemps sous chênes et châtaigniers.Confondu avec : rosé des prés, agarics blancs
ToxiqueAmanite tue-moucheChapeau rouge vif à flocons blancs, lames et pied blancs, grand anneau en jupe, bulbe cerclé de bourrelets (pas de sac).Confondu avec : amanite des Césars (oronge)
ToxiqueBolet de SatanChapeau blanchâtre à gris mastic, pores rouges bleuissants, pied ventru jaune et rouge à fin réseau rouge ; feuillus, sol calcaire.Confondu avec : cèpes, bolet à pied rouge
ToxiqueClitocybe des feuillesChapeau blanc givré à taches beige, lames crème un peu décurrentes, pied blanc à base duveteuse, jamais d’odeur d’anis ; dans les feuilles mortes, surtout sous les hêtres.Confondu avec : meunier, clitocybe odorant décoloré
ToxiqueClitocybe nébuleux (petit-gris des sapins)Grand chapeau gris cendré givré, lames crème très serrées un peu décurrentes et détachables, pied en massue, odeur forte ; non comestible.Confondu avec : entolome livide
MortelCortinaire couleur de rocouChapeau roux orangé sec et feutré, lames très espacées jaune orangé puis brun rouille, pied jaunâtre sans anneau, sporée rouille.Confondu avec : autres cortinaires fauves
ToxiqueEntolome livideGrand chapeau gris beige soyeux, lames jaunâtres chez le jeune puis rose saumon, pied blanc sans anneau, odeur de farine, sporée rose.Confondu avec : meunier, mousseron de la Saint-Georges, clitocybe nébuleux
ToxiqueHelvelle crépueChapeau blanc crème en selle à 2-3 lobes lisses, pied blanc à côtes saillantes, sillons et trous ; fin d’été à automne sous feuillus.Confondu avec : gyromitre, morilles
MortelInocybe de PatouillardChapeau conique fibreux à marge fendillée, taches rouge brique, lames qui brunissent, pas d’odeur de farine ; hêtraies au printemps.Confondu avec : mousseron de la Saint-Georges
ToxiqueLactaire à toisonChapeau rose saumon zoné à marge enroulée laineuse, lait blanc immuable, saveur brûlante ; sous les bouleaux.Confondu avec : lactaire délicieux
MortelPaxille enrouléChapeau brun à marge fortement enroulée, lames décurrentes qui brunissent au toucher et se détachent facilement, pied court brun.Piège : longtemps consommé comme comestible
ToxiqueScléroderme communBoule sans pied à écorce épaisse et dure, jaune ocre craquelée d’écailles ; coupée, intérieur noir violacé marbré de blanc.Confondu avec : vesses-de-loup, truffes
ToxiqueTricholome tigréGrand chapeau gris pâle couvert de squames sombres en taches, lames blanchâtres à reflets verdâtres, odeur de farine ; hêtres, sapins.Confondu avec : tricholome terreux (petit-gris)
ToxiqueRamaire élégante (clavaires toxiques)Buisson en corail rose saumon à pointes jaunes, tronc blanchâtre, chair qui noircit, amère ; hêtres, chênes.Confondu avec : ramaire chou-fleur, sparassis
En forêt, surtout sous les conifères : 7 espèces
Pinèdes, sapinières et forêts moussues : cortinaires, gyromitre au printemps, tricholome équestre dans les pinèdes sableuses.
ToxiqueAmanite jonquilleChapeau jaune pâle à plaques blanches, marge striée, lames blanches, anneau fragile souvent absent, petit bulbe à rebord net.Confondu avec : autres amanites claires
MortelAmanite vireuseEntièrement blanche, chapeau conique souvent asymétrique, lames blanches, pied pelucheux, anneau fragile, volve blanche en sac.Confondu avec : agarics blancs, coulemelle
MortelCortinaire très joliChapeau conique à mamelon pointu fauve à brun roux, lames ocre puis rouille, bracelets jaunes sur le bas du pied ; conifères moussus.Confondu avec : chanterelle en tube, girolle
ToxiqueFausse girolleOrange velouté, vraies lames fines serrées et fourchues plus orangées que le chapeau, chair mince et molle, pied grêle.Confondu avec : girolle
MortelGyromitre (fausse morille)Chapeau brun rouge plissé en cervelle sans alvéoles, pied court trapu, intérieur cloisonné en plusieurs cavités ; printemps sous pins.Confondu avec : morilles
ToxiqueRussule émétiqueChapeau rouge cerise à peau pelable, lames et pied entièrement blancs, chair cassante très piquante ; pins, mousses et sphaignes.Confondu avec : russules comestibles rouges
MortelTricholome équestre (bidaou)Chapeau jaune à centre brun olivâtre souvent sableux, lames jaune soufre, pied jaune sans anneau ni volve ; pinèdes sableuses en automne.Piège : longtemps consommé comme comestible (bidaou)
Sur le bois : souches, troncs, branches : 3 espèces
Pousser sur le bois ne rend pas un champignon comestible : la galère marginée, mortelle, vit sur le bois mort.
ToxiqueClitocybe de l’olivierTouffes orange vif sur souches ou racines de feuillus, vraies lames fines serrées très décurrentes, chair orangée jusqu’au cœur.Confondu avec : girolle
MortelGalère marginéePetit chapeau brun miel qui pâlit en séchant, lames brun rouille, anneau fragile, pied fibrilleux sans mèches sous l’anneau ; bois mort.Confondu avec : pholiote changeante
ToxiqueHypholome en touffeTouffes serrées sur souches, chapeau jaune soufre à centre orangé, lames jaune verdâtre puis noirâtres, pas de vrai anneau, chair amère.Confondu avec : pholiote changeante
Dans les prés, les pelouses, les parcs et les jardins : 5 espèces
Les pelouses et les jardins ne sont pas des milieux sans danger : au second semestre 2024, selon l’Anses, 12,3 % des cueillettes en cause dont le lieu était connu provenaient d’un jardin.
ToxiqueAgaric jaunissantBase du pied qui jaunit vivement (jaune de chrome) au grattage, odeur d’encre ou de phénol, anneau large, petit bulbe.Confondu avec : rosé des prés, agaric anisé des bois
ToxiqueClitocybe blanchiPetit chapeau blanc givré sans mamelon, souvent creusé, lames serrées un peu décurrentes, pied court blanc sans anneau ; pelouses.Confondu avec : marasme des oréades, meunier
ToxiqueCoprin noir d’encreTouffes serrées, chapeau gris strié sans mèches, lames blanches puis noires fondant en encre, zone annulaire basse ; toxique avec l’alcool.Confondu avec : coprin chevelu
ToxiqueLépiote vénéneusePied lisse non chiné, chair qui rougit vite, gros bulbe à rebord net, anneau simple épais coulissant ; composts et jardins.Confondu avec : coulemelle, lépiote déguenillée
MortelPetites lépiotesLépiote de moins de 10 cm à petites squames autour d’un centre foncé, lames blanches libres, anneau fragile, pied fin sans volve.Confondu avec : jeunes coulemelles
ToxiqueAmanite à volve rousseAmanite blanche du Midi à volve ocre roux ; atteinte des reins (syndrome proximien).Confondu avec : amanite ovoïdeHallucinogène : danger, ne pas consommerToxiquePsilocybe lancéoléPetit chapeau conique pointu, pied très fin ; classé stupéfiant.
Confondu avec : galère marginée, conocybes
Tableau récapitulatif des 33 champignons toxiques du site
Pour chaque espèce décrite sur le site : son danger, le syndrome qu’elle provoque, sa saison et son milieu (d’après sa fiche) et le comestible avec lequel on la confond.
| Champignon | Danger | Syndrome | Saison | Milieu | Confondu avec |
|---|---|---|---|---|---|
| Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Juillet à novembre | Sous feuillus, prairies, parcs et jardins | Rosé des prés, agaric anisé des bois |
| Amanite jonquille (Amanita gemmata) | Toxique | Panthérinien | Avril à novembre | Sous conifères et feuillus | Autres amanites claires |
| Amanite panthère (Amanita pantherina) | Toxique | Panthérinien | Juillet à octobre | Sous feuillus et conifères | Amanite rougissante, amanite épaisse |
| Amanite phalloïde (Amanita phalloides) | Mortel | Phalloïdien (foie) | Juillet à novembre | Sous feuillus et conifères, parcs et jardins | Russules vertes, coulemelle, agarics |
| Amanite printanière (Amanita verna) | Mortel | Phalloïdien (foie) | Mai à juillet | Sous feuillus | Rosé des prés, agarics blancs |
| Amanite tue-mouche (Amanita muscaria) | Toxique | Panthérinien | Août à novembre | Sous feuillus et conifères, parcs et jardins | Amanite des Césars (oronge) |
| Amanite vireuse (Amanita virosa) | Mortel | Phalloïdien (foie) | Juillet à novembre | Sous conifères et feuillus | Agarics blancs, coulemelle |
| Bolet de Satan (Rubroboletus satanas) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Juin à septembre | Sous feuillus | Cèpes, bolet à pied rouge |
| Clitocybe blanchi (Clitocybe rivulosa) | Toxique | Muscarinien (sudorien) | Juillet à novembre | Prairies, parcs et jardins, dunes et sols sableux | Marasme des oréades, meunier |
| Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Juillet à novembre | Sur bois de feuillus | Girolle |
| Clitocybe nébuleux (petit-gris des sapins) (Clitocybe nebularis) | Toxique | Digestif | Septembre à décembre | Sous feuillus et conifères | Entolome livide |
| Coprin noir d’encre (Coprinopsis atramentaria) | Toxique | Coprinien (avec l’alcool) | Mai à novembre | Prairies, parcs et jardins | Coprin chevelu |
| Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) | Mortel | Orellanien (reins) | Juillet à décembre | Sous feuillus et conifères | Autres cortinaires fauves |
| Cortinaire très joli (Cortinarius rubellus) | Mortel | Orellanien (reins) | Septembre à novembre | Sous conifères et feuillus | Chanterelle en tube, girolle |
| Entolome livide (Entoloma sinuatum) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Août à novembre | Sous feuillus et conifères, parcs et jardins | Meunier, mousseron de la Saint-Georges, clitocybe nébuleux |
| Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) | Toxique | Digestif | Août à novembre | Sous conifères et feuillus (sol ou bois) | Girolle |
| Galère marginée (Galerina marginata) | Mortel | Phalloïdien (foie) | Juillet à novembre | Sur bois de conifères et feuillus | Pholiote changeante |
| Gyromitre (fausse morille) (Gyromitra esculenta) | Mortel | Gyromitrien | Avril à juin | Sous conifères, dunes et sols sableux | Morilles |
| Helvelle crépue (Helvella crispa) | Toxique | Digestif (crue) ; déconseillée même cuite | Août à novembre | Sous feuillus | Gyromitre, morilles |
| Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Mars à décembre | Sur bois de feuillus et conifères, parcs et jardins | Pholiote changeante |
| Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens) | Mortel | Muscarinien (sudorien) | Avril à septembre | Sous feuillus, parcs et jardins | Mousseron de la Saint-Georges |
| Lactaire à toison (Lactarius torminosus) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Août à novembre | Sous feuillus, parcs et jardins | Lactaire délicieux |
| Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Juillet à octobre | Parcs et jardins, prairies | Coulemelle, lépiote déguenillée |
| Paxille enroulé (Paxillus involutus) | Mortel | Paxillien (sang, reins) | Juin à novembre | Sous feuillus et conifères, parcs et jardins | Longtemps consommé comme comestible |
| Petites lépiotes (Lepiota spp.) | Mortel | Phalloïdien (foie) | Juillet à novembre | Sous feuillus et conifères, parcs et jardins, prairies | Jeunes coulemelles |
| Russule émétique (Russula emetica) | Toxique | Digestif (résinoïdien) | Juillet à novembre | Sous conifères | Russules comestibles rouges |
| Scléroderme commun (Scleroderma citrinum) | Toxique | Digestif | Juillet à décembre | Sous feuillus et conifères | Vesses-de-loup, truffes |
| Tricholome équestre (bidaou) (Tricholoma equestre) | Mortel | Rhabdomyolyse (muscles) | Octobre à décembre | Sous conifères, dunes et sols sableux | Longtemps consommé comme comestible (bidaou) |
| Tricholome tigré (Tricholoma pardinum) | Toxique | Digestif (gastro-entérite violente) | Juillet à novembre | Sous feuillus et conifères | Tricholome terreux (petit-gris) |
Sept autres espèces du site sont déconseillées sans être classées toxiques (amanite citrine, amanite épaisse, amanite ovoïde, armillaire couleur de miel, bolet amer, bolet à beau pied, lépiote pudique) : voir la liste sur notre page champignons comestibles.
Les intoxications par les champignons en France : les chiffres
Les centres antipoison recensent chaque année de 1 000 à 2 000 intoxications par des champignons. Le dernier bilan de l’Anses, publié en 2025, porte sur la période du 1er juillet au 31 décembre 2024 :
- 1 363 cas, dont 96,8 % liés à un repas ;
- 41 cas graves (3,1 %) et 3 décès, tous dus au syndrome phalloïdien ;
- octobre, mois le plus touché, avec 52,4 % des cas de la saison ;
- 55 enfants de moins de 10 ans intoxiqués, le plus jeune âgé de 20 mois ;
- lieu de cueillette (quand il était connu) : forêt dans 58 % des cas, dans un pré dans 13,4 %, dans un jardin dans 12,3 % et en bord de route dans 5,2 % ;
- une identification vérifiée (par un tiers, un pharmacien, internet…) pour seulement 27,3 % des repas de cueillette.
| Année (juillet-décembre) | Cas | Cas graves | Décès |
|---|---|---|---|
| 2017 | 1 386 | 41 | 2 |
| 2018 | 1 125 | 24 | 1 |
| 2019 | 2 025 | 27 | 3 |
| 2020 | 1 365 | 34 | 5 |
| 2021 | 1 340 | 41 | 4 |
| 2022 | 1 923 | 37 | 2 |
| 2023 | 1 482 | 23 | 0 |
| 2024 | 1 363 | 41 | 3 |
Source : Anses, bilan de toxicovigilance 2025.
Les 5 champignons toxiques les plus impliqués selon l’Anses
Parmi les intoxications de 2024 pour lesquelles l’espèce a pu être identifiée, cinq champignons dominent :
| Rang | Espèce | Part des espèces toxiques identifiées | Pris pour | Le critère qui sauve |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) | 19,3 % | Rosé des prés, agarics | Base du pied qui jaunit vivement quand on la gratte ; odeur d’encre ou de phénol |
| 2 | Entolome livide (Entoloma sinuatum) | 14,8 % | Meunier, tricholome de la Saint-Georges | Lames jaunâtres puis roses ; odeur de farine rance |
| 3 | Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) | 12,5 % | Coulemelle | Pied lisse, bulbe à rebord net, chair qui rougit |
| 4 | Amanite phalloïde (Amanita phalloides) | 9,1 % | Coulemelle, russules, agarics | Volve en sac à la base, anneau, lames blanches |
| 5 | Bolet Satan (Rubroboletus satanas) | 6,8 % | Cèpes, bolets | Pores rouges, pied rouge à réseau, chapeau blanchâtre |
L’Anses relève aussi d’autres confusions typiques : amanite des Césars prise pour l’amanite tue-mouches, girolles pour le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius).
Comment savoir si un champignon est toxique et ne pas se tromper ?
Aucune règle générale ne fonctionne. Les tests populaires (pièce d’argent, oignon, persil, champignon grignoté par les limaces) sont faux. La couleur non plus : l’amanite des Césars, orange vif, est un excellent comestible, tandis que l’amanite phalloïde, verdâtre et discrète, est mortelle. Voici en revanche les réflexes qui écartent la plupart des accidents :
- Regardez la base du pied. Une volve (sac membraneux ou bourrelets) signe une amanite : rejetez-la si vous n’êtes pas expert.
- Regardez sous le chapeau. Lames, tubes, plis ou aiguillons : c’est le premier tri. Des lames blanches avec anneau et volve évoquent une amanite ; des lames jaunâtres virant au rose, un entolome.
- Coupez et grattez. Un agaric qui jaunit vivement à la base, une grande lépiote dont la chair rougit, un bolet à pores rouges : autant de signaux de danger.
- Sentez. L’odeur d’encre de l’agaric jaunissant ou de farine rance de l’entolome livide aide à les rejeter. Ne goûtez jamais un champignon inconnu.
- Rejetez tout petit champignon blanc, brun ou à lépiote que vous ne connaissez pas : c’est parmi eux que se trouvent les espèces mortelles (galère, petites lépiotes, cortinaires, inocybes).
Pour apprendre ces critères dans l’ordre, avec le vocabulaire illustré, lisez notre guide pour apprendre à reconnaître les champignons ; pour une espèce précise, essayez la clé d’identification. Les confusions les plus fréquentes font l’objet de comparatifs illustrés : rosé des prés ou agaric jaunissant, mousseron ou entolome livide, coulemelle ou lépiote vénéneuse, cèpe ou bolet de Satan, girolle ou clitocybe de l’olivier et tous les autres sur la page confusions dangereuses.
Les syndromes : délai court ou délai long
Les médecins classent les intoxications en syndromes, selon les toxines et les symptômes. Le critère le plus important pour vous est le délai entre le repas et les premiers troubles :
- Moins de 6 heures : le plus souvent des troubles digestifs, sudoraux ou neurologiques, désagréables mais rarement graves.
- Plus de 6 heures : alerte maximale. C’est le délai des syndromes phalloïdien (foie), orellanien (reins) et gyromitrien, qui peuvent tuer. Voir notre page champignons mortels.
Attention : si vous avez mangé plusieurs espèces, un premier syndrome rapide peut masquer un syndrome tardif plus grave.
| Syndrome | Délai | Principaux symptômes | Gravité |
|---|---|---|---|
| Résinoïdien (gastro-intestinal) | 15 min à 2 h (jusqu’à 5-10 h pour l’hypholome en touffe) | Nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée | Le plus souvent bénin ; risque de déshydratation chez l’enfant et la personne âgée |
| Muscarinien (sudorien) | 15 min à 2 h | Sueurs abondantes, salivation, larmoiement, pouls lent, chute de tension | Modéré ; antidote (atropine) ; grave chez le sujet cardiaque |
| Panthérinien | 30 min à 3 h | Agitation, confusion, hallucinations, troubles de l’équilibre, parfois coma | Variable |
| Psilocybien | 5 à 30 min | Hallucinations, anxiété, troubles de la perception | Régresse en 4 à 6 h ; accidents psychiatriques possibles |
| Coprinien (antabuse) | 30 min à 2 h après une prise d’alcool | Rougeur du visage, maux de tête, palpitations, chute de tension | Léger à modéré ; éviter l’alcool 3 à 5 jours |
| Paxillien (immuno-hémolytique) | 1 à 2 h, chez une personne déjà sensibilisée | Troubles digestifs, destruction des globules rouges, atteinte rénale | Potentiellement grave |
| Acromélalgien | 24 h à 3 jours | Douleurs brûlantes des mains et des pieds pendant des mois | Non mortel, mais très invalidant |
| Rhabdomyolyse | Retardé, après des repas copieux et répétés | Fatigue et douleurs musculaires, urines foncées | Des décès en France |
| Proximien | 8 à 14 h ; atteinte rénale 1 à 4 jours après | Troubles digestifs puis atteinte rénale | Pronostic en général favorable |
| Phalloïdien | 6 à 24 h (en moyenne 10 à 12 h) | Diarrhée et vomissements violents, fausse rémission, puis atteinte du foie | Mortel |
| Orellanien | 12 h à 20 jours (en moyenne 3 jours) | Soif intense, troubles digestifs, puis insuffisance rénale | Mortel ou dialyse à vie |
| Gyromitrien | 6 à 12 h (parfois dès 2 h) | Fatigue, vertiges, vomissements ; formes graves : convulsions, atteinte du foie | Potentiellement mortel |
Pour la conduite détaillée face à chaque syndrome, consultez notre page intoxication aux champignons.
Les champignons toxiques de France classés par syndrome
Ce second tableau regroupe par syndrome les principales espèces toxiques de France, y compris celles qui n’ont pas encore de fiche sur le site. La colonne « Confondu avec » indique le comestible pour lequel on les cueille le plus souvent. Les espèces mortelles sont détaillées sur notre page champignons mortels.
| Espèce | Nom scientifique | Confondu avec |
|---|---|---|
| Syndrome résinoïdien (gastro-intestinal) | ||
| Agaric jaunissant | Agaricus xanthodermus | Rosé des prés, agaric anisé des bois |
| Entolome livide | Entoloma sinuatum | Meunier (Clitopilus prunulus), tricholome de la Saint-Georges |
| Lépiote vénéneuse | Chlorophyllum brunneum | Coulemelle, lépiote déguenillée |
| Bolet Satan | Rubroboletus satanas (ex Boletus satanas) | Cèpes, bolet à pied rouge |
| Bolet de Le Gal et bolets apparentés | Rubroboletus legaliae, R. rhodoxanthus | Cèpes, bolet à pied rouge |
| Clitocybe de l’olivier | Omphalotus olearius | Girolle |
| Tricholome tigré | Tricholoma pardinum | Tricholomes gris comestibles |
| Hypholome en touffe | Hypholoma fasciculare | Hypholome à lames enfumées (H. capnoides), pholiote changeante |
| Lactaire à toison | Lactarius torminosus | Lactaire délicieux, lactaire sanguin |
| Russule émétique | Russula emetica | Russules comestibles à chapeau rouge |
| Clavaires toxiques | Ramaria formosa | Clavaires comestibles (Ramaria botrytis) |
| Scléroderme commun | Scleroderma citrinum | Vesses-de-loup, truffes |
| Syndrome muscarinien (sudorien) | ||
| Inocybe de Patouillard | Inosperma erubescens (ex Inocybe patouillardii, I. erubescens) | Tricholome de la Saint-Georges (mousseron de printemps) |
| Clitocybes blancs | Clitocybe rivulosa, C. dealbata | Marasme des oréades, meunier |
| Inocybes | Inocybe spp. | Petits champignons bruns des forêts et des pelouses |
| Mycène pur | Mycena pura | Laccaire améthyste |
| Syndrome panthérinien | ||
| Amanite panthère | Amanita pantherina | Amanite rougissante, amanite épaisse |
| Amanite tue-mouches | Amanita muscaria | Amanite des Césars |
| Amanite jonquille | Amanita junquillea (syn. A. gemmata) | Autres amanites claires |
| Syndrome psilocybien | ||
| Psilocybe lancéolé | Psilocybe semilanceata | Petits champignons des prés (souvent consommé volontairement) |
| Panéoles | Panaeolus spp. | Petits champignons des prés et des fumiers |
| Syndrome coprinien (antabuse, avec l’alcool) | ||
| Coprin noir d’encre | Coprinopsis atramentaria (ex Coprinus atramentarius) | Coprin chevelu |
| Clitocybe à pied en massue | Ampulloclitocybe clavipes | Autres clitocybes |
| Syndromes rares | ||
| Paxille enroulé (paxillien) | Paxillus involutus | Longtemps consommé comme comestible |
| Tricholome équestre (rhabdomyolyse) | Tricholoma equestre (syn. T. auratum, T. flavovirens) | Longtemps consommé comme comestible (bidaou) |
| Clitocybe amoenolens (acromélalgien) | Paralepistopsis amoenolens (ex Clitocybe amoenolens) | Clitocybe inversé (Paralepista flaccida), clitocybes en entonnoir |
| Amanite à volve rousse (proximien) | Amanita proxima | Amanite ovoïde |
| Syndromes à délai long : espèces mortelles | ||
| Amanite phalloïde (phalloïdien) | Amanita phalloides | Russules vertes, coulemelle, agarics |
| Amanite vireuse (phalloïdien) | Amanita virosa | Agarics blancs, coulemelle |
| Amanite printanière (phalloïdien) | Amanita verna | Agarics blancs, rosé des prés |
| Petites lépiotes (phalloïdien) | Lepiota brunneoincarnata, L. subincarnata, L. helveola, L. castanea… | Jeunes coulemelles |
| Galère marginée (phalloïdien) | Galerina marginata | Pholiote changeante |
| Cortinaire couleur de rocou (orellanien) | Cortinarius orellanus | Autres cortinaires fauves |
| Cortinaire très joli (orellanien) | Cortinarius rubellus (syn. C. speciosissimus) | Chanterelle en tube, girolle |
| Gyromitre ou fausse morille (gyromitrien) | Gyromitra esculenta | Morilles |
Certains comestibles deviennent aussi toxiques s’ils sont mangés crus ou mal cuits : morilles, amanite rougissante, bolet à pied rouge. Cuisez toujours vos champignons 20 à 30 minutes.
Les confusions à connaître par cœur
| Vous cherchez… | Méfiez-vous de… | Différence clé |
|---|---|---|
| Rosé des prés | Agaric jaunissant ; amanites blanches | Lames roses puis brunes chez le rosé ; base jaune vif et odeur d’encre chez l’agaric jaunissant ; lames blanches et volve chez les amanites |
| Coulemelle | Lépiote vénéneuse ; petites lépiotes | Pied chiné, chapeau de plus de 10 cm, chair qui ne rougit pas |
| Cèpes | Bolet Satan | Pores blancs à jaune-vert chez les cèpes, rouges chez le Satan |
| Girolle | Clitocybe de l’olivier | Plis épais et fourchus chez la girolle ; vraies lames serrées, touffes sur souches chez le clitocybe |
| Meunier, mousseron | Entolome livide | Lames jaunâtres puis roses et grande taille chez l’entolome |
| Tricholome de la Saint-Georges | Inocybe de Patouillard | L’inocybe rougit au froissement ; chapeau fibrilleux, conique |
| Marasme des oréades | Clitocybes blancs | Lames espacées et pied coriace qui se tord sans casser chez le marasme ; lames serrées, décurrentes chez les clitocybes |
| Lactaire délicieux | Lactaire à toison | Lait orange chez le délicieux, blanc chez le lactaire à toison |
| Amanite des Césars | Amanite tue-mouches | Lames et pied jaunes chez l’oronge ; blancs chez la tue-mouches |
| Amanite rougissante | Amanite panthère | Chair qui rougit chez la rougissante ; anneau non strié et bourrelets en bord de bulbe chez la panthère |
Bolets et cèpes toxiques : lesquels éviter ?
Bonne nouvelle : aucun bolet de France n’est réputé mortel. Mauvaise nouvelle : le bolet Satan figure parmi les cinq espèces toxiques les plus impliquées, et les intoxications liées aux bolets sont fréquentes. À rejeter :
- Tout bolet à pores rouges ou orangés dont vous n’êtes pas certain : bolet Satan, bolet de Le Gal et bolets apparentés. Le bolet à pied rouge (pores rouges, pied ponctué sans réseau) est comestible, mais seulement bien cuit et correctement identifié.
- Le bolet amer (Tylopilus felleus) : pas toxique, mais d’une amertume qui rend tout un plat immangeable. Il se reconnaît à ses pores rosés et à son réseau brun sur le pied.
- Tout bolet cru ou mal cuit, y compris les bolets orangés et rudes.
Pour les cèpes, retenez : pores blancs à jaune-vert, chair blanche qui ne bleuit pas, réseau blanc à brun clair en haut du pied. Voir notre guide des cèpes.
Que faire en cas d’intoxication ?
- Appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, dès les premiers symptômes, même légers, et même s’ils s’améliorent.
- Notez l’heure du repas et l’heure des premiers symptômes : un délai supérieur à 6 heures fait suspecter une intoxication grave.
- Conservez les restes (crus ou cuits), les épluchures et les photos de la cueillette : ils permettent d’identifier l’espèce.
- Prévenez tous les convives, même ceux qui ne ressentent rien.
- Ne prenez aucun remède de votre propre initiative et n’attendez pas que « ça passe ».
⚠️ Urgence
Des vomissements ou une diarrhée qui débutent plus de 6 heures après un repas de champignons doivent faire penser à une intoxication par une amanite mortelle ou une petite lépiote, même si les troubles disparaissent ensuite. Appelez le 15 sans attendre.
Questions fréquentes sur les champignons toxiques
Quels sont les champignons les plus dangereux ?
En France, l’amanite phalloïde est de loin la plus dangereuse : elle cause la grande majorité des décès. Suivent les autres amanites blanches, les petites lépiotes, la galère marginée, les cortinaires orellaniens et le gyromitre. Voir notre page champignons mortels.
Combien y a-t-il de champignons toxiques en France ?
Plusieurs centaines d’espèces sont toxiques ou suspectes. Notre site en décrit 33, dont 12 mortelles, présentées dans la galerie ci-dessus ; ce sont celles que l’on confond le plus souvent avec un comestible.
Quels champignons de souche sont toxiques ?
L’hypholome en touffe et le clitocybe de l’olivier sont toxiques ; la galère marginée, petit champignon brun des souches, est mortelle. Voir le comparatif pholiote changeante ou galère marginée.
Un champignon peut-il être mortel au toucher ?
Non. Aucun champignon de France n’est dangereux au simple toucher. Les toxines agissent quand on les avale. Lavez-vous tout de même les mains après avoir manipulé une espèce toxique et ne mélangez jamais les espèces dans le panier.
Quels lactaires sont toxiques ?
Le lactaire à toison, à marge laineuse et lait blanc, provoque des troubles digestifs. En règle générale, les lactaires à lait blanc et saveur âcre sont à rejeter ; les lactaires comestibles recherchés (délicieux, sanguin) ont un lait orange ou rouge.
Les champignons de mon jardin sont-ils toxiques ?
Certains le sont. Au second semestre 2024, 12,3 % des cueillettes en cause dont le lieu était connu provenaient d’un jardin. La lépiote vénéneuse, l’agaric jaunissant, des clitocybes muscariniens et de petites lépiotes mortelles peuvent y pousser. Surveillez les jeunes enfants.
Existe-t-il des champignons toxiques dans les prés ?
Oui : agaric jaunissant, clitocybes blancs, panéoles, psilocybes et parfois amanites en lisière. Un pré n’est pas un milieu sans danger.
Un champignon violet est-il toxique ?
La couleur ne permet pas de conclure. Le laccaire améthyste et le pied bleu sont comestibles, tandis que le mycène pur contient de la muscarine et que de nombreux cortinaires violets sont suspects.
La cuisson détruit-elle les toxines ?
Seulement certaines. Elle rend comestibles des espèces toxiques crues (morilles, amanite rougissante) mais ne détruit ni les amatoxines, ni l’orellanine, ni les toxines de la plupart des espèces du tableau.
Au bout de combien de temps apparaissent les symptômes ?
De quelques minutes à 2 heures pour la plupart des intoxications bénignes ; de 6 à 24 heures pour le syndrome phalloïdien, mortel ; de 12 heures à 20 jours pour le syndrome orellanien.
Qu’est-ce que l’oronge toxique ?
On appelle parfois « fausse oronge » l’amanite tue-mouches, à chapeau rouge ponctué de flocons blancs, par opposition à la vraie oronge, l’amanite des Césars. La première est toxique, la seconde comestible.
Peut-on se fier aux animaux pour savoir si un champignon est toxique ?
Non. Des limaces et des rongeurs mangent sans dommage des amanites mortelles pour l’homme.
Pour aller plus loin
- Les champignons mortels · Les champignons comestibles · Intoxication aux champignons
- Apprendre à reconnaître les champignons · Identifier un champignon · Les confusions dangereuses
- Les amanites · Les lépiotes · Les cèpes et bolets · Tous les champignons
Sources
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Anses, Vigil’Anses n° 20 : intoxications par des champignons (2023).
- Intoxication fongique, Wikipédia (syndromes, délais, espèces).
- SRLF, Intoxication par les champignons sauvages, Médecine intensive réanimation, vol. 26 n° 5 (délais des syndromes).
- Wikipédia (en), fiches Entoloma sinuatum, Tricholoma pardinum, Hypholoma fasciculare, Inosperma erubescens, Clitocybe rivulosa, Mycena pura, Omphalotus olearius, Paralepistopsis amoenolens, Amanita gemmata.
- Fiches espèces de les-champignons.fr (critères, saisons et confusions, chacune avec ses propres sources).