Champignons toxiques : les 33 espèces de France à connaître

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Mis à jour le 27 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

Le site décrit 33 champignons toxiques de France, dont 12 mortels. Les cinq les plus souvent en cause selon l’Anses en 2024 sont l’agaric jaunissant, l’entolome livide, la lépiote vénéneuse, l’amanite phalloïde et le bolet de Satan. Un champignon toxique ne se reconnaît ni à sa couleur ni à son odeur : seule l’identification de l’espèce, champignon entier en main, permet de l’écarter.

Presque toutes ces espèces ont été cueillies à la place d’un bon comestible. Ce guide les présente en images, classées par milieu, avec le critère qui les trahit et le comestible pour lequel on les prend ; puis les chiffres des intoxications, un tableau récapitulatif, les syndromes et leurs délais, et la conduite à tenir en cas d’intoxication. Les espèces mortelles sont détaillées sur notre page champignons mortels.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Les 5 champignons toxiques les plus impliqués selon l'Anses (juillet-décembre 2024) : agaric jaunissant, entolome livide, lépiote vénéneuse, amanite phalloïde et bolet Satan
Les champignons toxiques les plus impliqués (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)
Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), champignon toxique à chapeau rouge ponctué de flocons blancs
Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), responsable du syndrome panthérinien

Les 33 champignons toxiques de France en images

Voici les 33 champignons toxiques décrits sur le site, dont 11 mortels, classés selon le milieu où on les rencontre le plus souvent. Chaque carte donne le critère qui permet de les reconnaître et le comestible pour lequel on les prend. Cliquez pour ouvrir la fiche complète.

En forêt, surtout sous les feuillus : 14 espèces

Chênes, hêtres, châtaigniers, bouleaux : c’est là que poussent l’amanite phalloïde et la plupart des espèces dangereuses. Beaucoup se rencontrent aussi sous les conifères.

Amanite panthère (Amanita pantherina)ToxiqueAmanite panthèreChapeau brun à petits flocons blanc pur, marge striée, anneau lisse, bulbe à rebord net et bourrelets, chair qui ne rougit pas.
Confondu avec : amanite rougissante, amanite épaisse
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)MortelAmanite phalloïdeChapeau vert olive à jaunâtre (parfois blanc) à fibrilles rayonnantes, lames blanches libres, anneau pendant, volve blanche en sac.
Confondu avec : russules vertes, coulemelle, agarics
Amanite printanière (Amanita verna)MortelAmanite printanièreEntièrement blanche, lames blanches libres, anneau blanc pendant, volve blanche en sac enterrée ; au printemps sous chênes et châtaigniers.
Confondu avec : rosé des prés, agarics blancs
Amanite tue-mouche (Amanita muscaria)ToxiqueAmanite tue-moucheChapeau rouge vif à flocons blancs, lames et pied blancs, grand anneau en jupe, bulbe cerclé de bourrelets (pas de sac).
Confondu avec : amanite des Césars (oronge)
Bolet de Satan (Rubroboletus satanas)ToxiqueBolet de SatanChapeau blanchâtre à gris mastic, pores rouges bleuissants, pied ventru jaune et rouge à fin réseau rouge ; feuillus, sol calcaire.
Confondu avec : cèpes, bolet à pied rouge
Clitocybe des feuilles (Clitocybe phyllophila)ToxiqueClitocybe des feuillesChapeau blanc givré à taches beige, lames crème un peu décurrentes, pied blanc à base duveteuse, jamais d’odeur d’anis ; dans les feuilles mortes, surtout sous les hêtres.
Confondu avec : meunier, clitocybe odorant décoloré
Clitocybe nébuleux (petit-gris des sapins) (Clitocybe nebularis)ToxiqueClitocybe nébuleux (petit-gris des sapins)Grand chapeau gris cendré givré, lames crème très serrées un peu décurrentes et détachables, pied en massue, odeur forte ; non comestible.
Confondu avec : entolome livide
Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus)MortelCortinaire couleur de rocouChapeau roux orangé sec et feutré, lames très espacées jaune orangé puis brun rouille, pied jaunâtre sans anneau, sporée rouille.
Confondu avec : autres cortinaires fauves
Entolome livide (Entoloma sinuatum)ToxiqueEntolome livideGrand chapeau gris beige soyeux, lames jaunâtres chez le jeune puis rose saumon, pied blanc sans anneau, odeur de farine, sporée rose.
Confondu avec : meunier, mousseron de la Saint-Georges, clitocybe nébuleux
Helvelle crépue (Helvella crispa)ToxiqueHelvelle crépueChapeau blanc crème en selle à 2-3 lobes lisses, pied blanc à côtes saillantes, sillons et trous ; fin d’été à automne sous feuillus.
Confondu avec : gyromitre, morilles
Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens)MortelInocybe de PatouillardChapeau conique fibreux à marge fendillée, taches rouge brique, lames qui brunissent, pas d’odeur de farine ; hêtraies au printemps.
Confondu avec : mousseron de la Saint-Georges
Lactaire à toison (Lactarius torminosus)ToxiqueLactaire à toisonChapeau rose saumon zoné à marge enroulée laineuse, lait blanc immuable, saveur brûlante ; sous les bouleaux.
Confondu avec : lactaire délicieux
Paxille enroulé (Paxillus involutus)MortelPaxille enrouléChapeau brun à marge fortement enroulée, lames décurrentes qui brunissent au toucher et se détachent facilement, pied court brun.
Piège : longtemps consommé comme comestible
Scléroderme commun (Scleroderma citrinum)ToxiqueScléroderme communBoule sans pied à écorce épaisse et dure, jaune ocre craquelée d’écailles ; coupée, intérieur noir violacé marbré de blanc.
Confondu avec : vesses-de-loup, truffes
Tricholome tigré (Tricholoma pardinum)ToxiqueTricholome tigréGrand chapeau gris pâle couvert de squames sombres en taches, lames blanchâtres à reflets verdâtres, odeur de farine ; hêtres, sapins.
Confondu avec : tricholome terreux (petit-gris)
Clavaires et ramaires (Ramaria formosa et espèces proches)ToxiqueRamaire élégante (clavaires toxiques)Buisson en corail rose saumon à pointes jaunes, tronc blanchâtre, chair qui noircit, amère ; hêtres, chênes.
Confondu avec : ramaire chou-fleur, sparassis

En forêt, surtout sous les conifères : 7 espèces

Pinèdes, sapinières et forêts moussues : cortinaires, gyromitre au printemps, tricholome équestre dans les pinèdes sableuses.

Sur le bois : souches, troncs, branches : 3 espèces

Pousser sur le bois ne rend pas un champignon comestible : la galère marginée, mortelle, vit sur le bois mort.

Dans les prés, les pelouses, les parcs et les jardins : 5 espèces

Les pelouses et les jardins ne sont pas des milieux sans danger : au second semestre 2024, selon l’Anses, 12,3 % des cueillettes en cause dont le lieu était connu provenaient d’un jardin.

Tableau récapitulatif des 33 champignons toxiques du site

Pour chaque espèce décrite sur le site : son danger, le syndrome qu’elle provoque, sa saison et son milieu (d’après sa fiche) et le comestible avec lequel on la confond.

Champignon Danger Syndrome Saison Milieu Confondu avec
Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) Toxique Digestif (résinoïdien) Juillet à novembre Sous feuillus, prairies, parcs et jardins Rosé des prés, agaric anisé des bois
Amanite jonquille (Amanita gemmata) Toxique Panthérinien Avril à novembre Sous conifères et feuillus Autres amanites claires
Amanite panthère (Amanita pantherina) Toxique Panthérinien Juillet à octobre Sous feuillus et conifères Amanite rougissante, amanite épaisse
Amanite phalloïde (Amanita phalloides) Mortel Phalloïdien (foie) Juillet à novembre Sous feuillus et conifères, parcs et jardins Russules vertes, coulemelle, agarics
Amanite printanière (Amanita verna) Mortel Phalloïdien (foie) Mai à juillet Sous feuillus Rosé des prés, agarics blancs
Amanite tue-mouche (Amanita muscaria) Toxique Panthérinien Août à novembre Sous feuillus et conifères, parcs et jardins Amanite des Césars (oronge)
Amanite vireuse (Amanita virosa) Mortel Phalloïdien (foie) Juillet à novembre Sous conifères et feuillus Agarics blancs, coulemelle
Bolet de Satan (Rubroboletus satanas) Toxique Digestif (résinoïdien) Juin à septembre Sous feuillus Cèpes, bolet à pied rouge
Clitocybe blanchi (Clitocybe rivulosa) Toxique Muscarinien (sudorien) Juillet à novembre Prairies, parcs et jardins, dunes et sols sableux Marasme des oréades, meunier
Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) Toxique Digestif (résinoïdien) Juillet à novembre Sur bois de feuillus Girolle
Clitocybe nébuleux (petit-gris des sapins) (Clitocybe nebularis) Toxique Digestif Septembre à décembre Sous feuillus et conifères Entolome livide
Coprin noir d’encre (Coprinopsis atramentaria) Toxique Coprinien (avec l’alcool) Mai à novembre Prairies, parcs et jardins Coprin chevelu
Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) Mortel Orellanien (reins) Juillet à décembre Sous feuillus et conifères Autres cortinaires fauves
Cortinaire très joli (Cortinarius rubellus) Mortel Orellanien (reins) Septembre à novembre Sous conifères et feuillus Chanterelle en tube, girolle
Entolome livide (Entoloma sinuatum) Toxique Digestif (résinoïdien) Août à novembre Sous feuillus et conifères, parcs et jardins Meunier, mousseron de la Saint-Georges, clitocybe nébuleux
Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) Toxique Digestif Août à novembre Sous conifères et feuillus (sol ou bois) Girolle
Galère marginée (Galerina marginata) Mortel Phalloïdien (foie) Juillet à novembre Sur bois de conifères et feuillus Pholiote changeante
Gyromitre (fausse morille) (Gyromitra esculenta) Mortel Gyromitrien Avril à juin Sous conifères, dunes et sols sableux Morilles
Helvelle crépue (Helvella crispa) Toxique Digestif (crue) ; déconseillée même cuite Août à novembre Sous feuillus Gyromitre, morilles
Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) Toxique Digestif (résinoïdien) Mars à décembre Sur bois de feuillus et conifères, parcs et jardins Pholiote changeante
Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens) Mortel Muscarinien (sudorien) Avril à septembre Sous feuillus, parcs et jardins Mousseron de la Saint-Georges
Lactaire à toison (Lactarius torminosus) Toxique Digestif (résinoïdien) Août à novembre Sous feuillus, parcs et jardins Lactaire délicieux
Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) Toxique Digestif (résinoïdien) Juillet à octobre Parcs et jardins, prairies Coulemelle, lépiote déguenillée
Paxille enroulé (Paxillus involutus) Mortel Paxillien (sang, reins) Juin à novembre Sous feuillus et conifères, parcs et jardins Longtemps consommé comme comestible
Petites lépiotes (Lepiota spp.) Mortel Phalloïdien (foie) Juillet à novembre Sous feuillus et conifères, parcs et jardins, prairies Jeunes coulemelles
Russule émétique (Russula emetica) Toxique Digestif (résinoïdien) Juillet à novembre Sous conifères Russules comestibles rouges
Scléroderme commun (Scleroderma citrinum) Toxique Digestif Juillet à décembre Sous feuillus et conifères Vesses-de-loup, truffes
Tricholome équestre (bidaou) (Tricholoma equestre) Mortel Rhabdomyolyse (muscles) Octobre à décembre Sous conifères, dunes et sols sableux Longtemps consommé comme comestible (bidaou)
Tricholome tigré (Tricholoma pardinum) Toxique Digestif (gastro-entérite violente) Juillet à novembre Sous feuillus et conifères Tricholome terreux (petit-gris)

Sept autres espèces du site sont déconseillées sans être classées toxiques (amanite citrine, amanite épaisse, amanite ovoïde, armillaire couleur de miel, bolet amer, bolet à beau pied, lépiote pudique) : voir la liste sur notre page champignons comestibles.

Les intoxications par les champignons en France : les chiffres

Les centres antipoison recensent chaque année de 1 000 à 2 000 intoxications par des champignons. Le dernier bilan de l’Anses, publié en 2025, porte sur la période du 1er juillet au 31 décembre 2024 :

  • 1 363 cas, dont 96,8 % liés à un repas ;
  • 41 cas graves (3,1 %) et 3 décès, tous dus au syndrome phalloïdien ;
  • octobre, mois le plus touché, avec 52,4 % des cas de la saison ;
  • 55 enfants de moins de 10 ans intoxiqués, le plus jeune âgé de 20 mois ;
  • lieu de cueillette (quand il était connu) : forêt dans 58 % des cas, dans un pré dans 13,4 %, dans un jardin dans 12,3 % et en bord de route dans 5,2 % ;
  • une identification vérifiée (par un tiers, un pharmacien, internet…) pour seulement 27,3 % des repas de cueillette.
Année (juillet-décembre) Cas Cas graves Décès
2017 1 386 41 2
2018 1 125 24 1
2019 2 025 27 3
2020 1 365 34 5
2021 1 340 41 4
2022 1 923 37 2
2023 1 482 23 0
2024 1 363 41 3

Source : Anses, bilan de toxicovigilance 2025.

Les 5 champignons toxiques les plus impliqués selon l’Anses

Parmi les intoxications de 2024 pour lesquelles l’espèce a pu être identifiée, cinq champignons dominent :

Rang Espèce Part des espèces toxiques identifiées Pris pour Le critère qui sauve
1 Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) 19,3 % Rosé des prés, agarics Base du pied qui jaunit vivement quand on la gratte ; odeur d’encre ou de phénol
2 Entolome livide (Entoloma sinuatum) 14,8 % Meunier, tricholome de la Saint-Georges Lames jaunâtres puis roses ; odeur de farine rance
3 Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) 12,5 % Coulemelle Pied lisse, bulbe à rebord net, chair qui rougit
4 Amanite phalloïde (Amanita phalloides) 9,1 % Coulemelle, russules, agarics Volve en sac à la base, anneau, lames blanches
5 Bolet Satan (Rubroboletus satanas) 6,8 % Cèpes, bolets Pores rouges, pied rouge à réseau, chapeau blanchâtre

L’Anses relève aussi d’autres confusions typiques : amanite des Césars prise pour l’amanite tue-mouches, girolles pour le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius).

Comment savoir si un champignon est toxique et ne pas se tromper ?

Aucune règle générale ne fonctionne. Les tests populaires (pièce d’argent, oignon, persil, champignon grignoté par les limaces) sont faux. La couleur non plus : l’amanite des Césars, orange vif, est un excellent comestible, tandis que l’amanite phalloïde, verdâtre et discrète, est mortelle. Voici en revanche les réflexes qui écartent la plupart des accidents :

  • Regardez la base du pied. Une volve (sac membraneux ou bourrelets) signe une amanite : rejetez-la si vous n’êtes pas expert.
  • Regardez sous le chapeau. Lames, tubes, plis ou aiguillons : c’est le premier tri. Des lames blanches avec anneau et volve évoquent une amanite ; des lames jaunâtres virant au rose, un entolome.
  • Coupez et grattez. Un agaric qui jaunit vivement à la base, une grande lépiote dont la chair rougit, un bolet à pores rouges : autant de signaux de danger.
  • Sentez. L’odeur d’encre de l’agaric jaunissant ou de farine rance de l’entolome livide aide à les rejeter. Ne goûtez jamais un champignon inconnu.
  • Rejetez tout petit champignon blanc, brun ou à lépiote que vous ne connaissez pas : c’est parmi eux que se trouvent les espèces mortelles (galère, petites lépiotes, cortinaires, inocybes).

Pour apprendre ces critères dans l’ordre, avec le vocabulaire illustré, lisez notre guide pour apprendre à reconnaître les champignons ; pour une espèce précise, essayez la clé d’identification. Les confusions les plus fréquentes font l’objet de comparatifs illustrés : rosé des prés ou agaric jaunissant, mousseron ou entolome livide, coulemelle ou lépiote vénéneuse, cèpe ou bolet de Satan, girolle ou clitocybe de l’olivier et tous les autres sur la page confusions dangereuses.

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Les syndromes : délai court ou délai long

Les médecins classent les intoxications en syndromes, selon les toxines et les symptômes. Le critère le plus important pour vous est le délai entre le repas et les premiers troubles :

  • Moins de 6 heures : le plus souvent des troubles digestifs, sudoraux ou neurologiques, désagréables mais rarement graves.
  • Plus de 6 heures : alerte maximale. C’est le délai des syndromes phalloïdien (foie), orellanien (reins) et gyromitrien, qui peuvent tuer. Voir notre page champignons mortels.

Attention : si vous avez mangé plusieurs espèces, un premier syndrome rapide peut masquer un syndrome tardif plus grave.

Syndrome Délai Principaux symptômes Gravité
Résinoïdien (gastro-intestinal) 15 min à 2 h (jusqu’à 5-10 h pour l’hypholome en touffe) Nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée Le plus souvent bénin ; risque de déshydratation chez l’enfant et la personne âgée
Muscarinien (sudorien) 15 min à 2 h Sueurs abondantes, salivation, larmoiement, pouls lent, chute de tension Modéré ; antidote (atropine) ; grave chez le sujet cardiaque
Panthérinien 30 min à 3 h Agitation, confusion, hallucinations, troubles de l’équilibre, parfois coma Variable
Psilocybien 5 à 30 min Hallucinations, anxiété, troubles de la perception Régresse en 4 à 6 h ; accidents psychiatriques possibles
Coprinien (antabuse) 30 min à 2 h après une prise d’alcool Rougeur du visage, maux de tête, palpitations, chute de tension Léger à modéré ; éviter l’alcool 3 à 5 jours
Paxillien (immuno-hémolytique) 1 à 2 h, chez une personne déjà sensibilisée Troubles digestifs, destruction des globules rouges, atteinte rénale Potentiellement grave
Acromélalgien 24 h à 3 jours Douleurs brûlantes des mains et des pieds pendant des mois Non mortel, mais très invalidant
Rhabdomyolyse Retardé, après des repas copieux et répétés Fatigue et douleurs musculaires, urines foncées Des décès en France
Proximien 8 à 14 h ; atteinte rénale 1 à 4 jours après Troubles digestifs puis atteinte rénale Pronostic en général favorable
Phalloïdien 6 à 24 h (en moyenne 10 à 12 h) Diarrhée et vomissements violents, fausse rémission, puis atteinte du foie Mortel
Orellanien 12 h à 20 jours (en moyenne 3 jours) Soif intense, troubles digestifs, puis insuffisance rénale Mortel ou dialyse à vie
Gyromitrien 6 à 12 h (parfois dès 2 h) Fatigue, vertiges, vomissements ; formes graves : convulsions, atteinte du foie Potentiellement mortel

Pour la conduite détaillée face à chaque syndrome, consultez notre page intoxication aux champignons.

Les champignons toxiques de France classés par syndrome

Ce second tableau regroupe par syndrome les principales espèces toxiques de France, y compris celles qui n’ont pas encore de fiche sur le site. La colonne « Confondu avec » indique le comestible pour lequel on les cueille le plus souvent. Les espèces mortelles sont détaillées sur notre page champignons mortels.

Espèce Nom scientifique Confondu avec
Syndrome résinoïdien (gastro-intestinal)
Agaric jaunissant Agaricus xanthodermus Rosé des prés, agaric anisé des bois
Entolome livide Entoloma sinuatum Meunier (Clitopilus prunulus), tricholome de la Saint-Georges
Lépiote vénéneuse Chlorophyllum brunneum Coulemelle, lépiote déguenillée
Bolet Satan Rubroboletus satanas (ex Boletus satanas) Cèpes, bolet à pied rouge
Bolet de Le Gal et bolets apparentés Rubroboletus legaliae, R. rhodoxanthus Cèpes, bolet à pied rouge
Clitocybe de l’olivier Omphalotus olearius Girolle
Tricholome tigré Tricholoma pardinum Tricholomes gris comestibles
Hypholome en touffe Hypholoma fasciculare Hypholome à lames enfumées (H. capnoides), pholiote changeante
Lactaire à toison Lactarius torminosus Lactaire délicieux, lactaire sanguin
Russule émétique Russula emetica Russules comestibles à chapeau rouge
Clavaires toxiques Ramaria formosa Clavaires comestibles (Ramaria botrytis)
Scléroderme commun Scleroderma citrinum Vesses-de-loup, truffes
Syndrome muscarinien (sudorien)
Inocybe de Patouillard Inosperma erubescens (ex Inocybe patouillardii, I. erubescens) Tricholome de la Saint-Georges (mousseron de printemps)
Clitocybes blancs Clitocybe rivulosa, C. dealbata Marasme des oréades, meunier
Inocybes Inocybe spp. Petits champignons bruns des forêts et des pelouses
Mycène pur Mycena pura Laccaire améthyste
Syndrome panthérinien
Amanite panthère Amanita pantherina Amanite rougissante, amanite épaisse
Amanite tue-mouches Amanita muscaria Amanite des Césars
Amanite jonquille Amanita junquillea (syn. A. gemmata) Autres amanites claires
Syndrome psilocybien
Psilocybe lancéolé Psilocybe semilanceata Petits champignons des prés (souvent consommé volontairement)
Panéoles Panaeolus spp. Petits champignons des prés et des fumiers
Syndrome coprinien (antabuse, avec l’alcool)
Coprin noir d’encre Coprinopsis atramentaria (ex Coprinus atramentarius) Coprin chevelu
Clitocybe à pied en massue Ampulloclitocybe clavipes Autres clitocybes
Syndromes rares
Paxille enroulé (paxillien) Paxillus involutus Longtemps consommé comme comestible
Tricholome équestre (rhabdomyolyse) Tricholoma equestre (syn. T. auratum, T. flavovirens) Longtemps consommé comme comestible (bidaou)
Clitocybe amoenolens (acromélalgien) Paralepistopsis amoenolens (ex Clitocybe amoenolens) Clitocybe inversé (Paralepista flaccida), clitocybes en entonnoir
Amanite à volve rousse (proximien) Amanita proxima Amanite ovoïde
Syndromes à délai long : espèces mortelles
Amanite phalloïde (phalloïdien) Amanita phalloides Russules vertes, coulemelle, agarics
Amanite vireuse (phalloïdien) Amanita virosa Agarics blancs, coulemelle
Amanite printanière (phalloïdien) Amanita verna Agarics blancs, rosé des prés
Petites lépiotes (phalloïdien) Lepiota brunneoincarnata, L. subincarnata, L. helveola, L. castanea… Jeunes coulemelles
Galère marginée (phalloïdien) Galerina marginata Pholiote changeante
Cortinaire couleur de rocou (orellanien) Cortinarius orellanus Autres cortinaires fauves
Cortinaire très joli (orellanien) Cortinarius rubellus (syn. C. speciosissimus) Chanterelle en tube, girolle
Gyromitre ou fausse morille (gyromitrien) Gyromitra esculenta Morilles

Certains comestibles deviennent aussi toxiques s’ils sont mangés crus ou mal cuits : morilles, amanite rougissante, bolet à pied rouge. Cuisez toujours vos champignons 20 à 30 minutes.

Les confusions à connaître par cœur

Vous cherchez… Méfiez-vous de… Différence clé
Rosé des prés Agaric jaunissant ; amanites blanches Lames roses puis brunes chez le rosé ; base jaune vif et odeur d’encre chez l’agaric jaunissant ; lames blanches et volve chez les amanites
Coulemelle Lépiote vénéneuse ; petites lépiotes Pied chiné, chapeau de plus de 10 cm, chair qui ne rougit pas
Cèpes Bolet Satan Pores blancs à jaune-vert chez les cèpes, rouges chez le Satan
Girolle Clitocybe de l’olivier Plis épais et fourchus chez la girolle ; vraies lames serrées, touffes sur souches chez le clitocybe
Meunier, mousseron Entolome livide Lames jaunâtres puis roses et grande taille chez l’entolome
Tricholome de la Saint-Georges Inocybe de Patouillard L’inocybe rougit au froissement ; chapeau fibrilleux, conique
Marasme des oréades Clitocybes blancs Lames espacées et pied coriace qui se tord sans casser chez le marasme ; lames serrées, décurrentes chez les clitocybes
Lactaire délicieux Lactaire à toison Lait orange chez le délicieux, blanc chez le lactaire à toison
Amanite des Césars Amanite tue-mouches Lames et pied jaunes chez l’oronge ; blancs chez la tue-mouches
Amanite rougissante Amanite panthère Chair qui rougit chez la rougissante ; anneau non strié et bourrelets en bord de bulbe chez la panthère

Bolets et cèpes toxiques : lesquels éviter ?

Bonne nouvelle : aucun bolet de France n’est réputé mortel. Mauvaise nouvelle : le bolet Satan figure parmi les cinq espèces toxiques les plus impliquées, et les intoxications liées aux bolets sont fréquentes. À rejeter :

  • Tout bolet à pores rouges ou orangés dont vous n’êtes pas certain : bolet Satan, bolet de Le Gal et bolets apparentés. Le bolet à pied rouge (pores rouges, pied ponctué sans réseau) est comestible, mais seulement bien cuit et correctement identifié.
  • Le bolet amer (Tylopilus felleus) : pas toxique, mais d’une amertume qui rend tout un plat immangeable. Il se reconnaît à ses pores rosés et à son réseau brun sur le pied.
  • Tout bolet cru ou mal cuit, y compris les bolets orangés et rudes.

Pour les cèpes, retenez : pores blancs à jaune-vert, chair blanche qui ne bleuit pas, réseau blanc à brun clair en haut du pied. Voir notre guide des cèpes.

Que faire en cas d’intoxication ?

  1. Appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, dès les premiers symptômes, même légers, et même s’ils s’améliorent.
  2. Notez l’heure du repas et l’heure des premiers symptômes : un délai supérieur à 6 heures fait suspecter une intoxication grave.
  3. Conservez les restes (crus ou cuits), les épluchures et les photos de la cueillette : ils permettent d’identifier l’espèce.
  4. Prévenez tous les convives, même ceux qui ne ressentent rien.
  5. Ne prenez aucun remède de votre propre initiative et n’attendez pas que « ça passe ».

⚠️ Urgence

Des vomissements ou une diarrhée qui débutent plus de 6 heures après un repas de champignons doivent faire penser à une intoxication par une amanite mortelle ou une petite lépiote, même si les troubles disparaissent ensuite. Appelez le 15 sans attendre.

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Questions fréquentes sur les champignons toxiques

Quels sont les champignons les plus dangereux ?

En France, l’amanite phalloïde est de loin la plus dangereuse : elle cause la grande majorité des décès. Suivent les autres amanites blanches, les petites lépiotes, la galère marginée, les cortinaires orellaniens et le gyromitre. Voir notre page champignons mortels.

Combien y a-t-il de champignons toxiques en France ?

Plusieurs centaines d’espèces sont toxiques ou suspectes. Notre site en décrit 33, dont 12 mortelles, présentées dans la galerie ci-dessus ; ce sont celles que l’on confond le plus souvent avec un comestible.

Quels champignons de souche sont toxiques ?

L’hypholome en touffe et le clitocybe de l’olivier sont toxiques ; la galère marginée, petit champignon brun des souches, est mortelle. Voir le comparatif pholiote changeante ou galère marginée.

Un champignon peut-il être mortel au toucher ?

Non. Aucun champignon de France n’est dangereux au simple toucher. Les toxines agissent quand on les avale. Lavez-vous tout de même les mains après avoir manipulé une espèce toxique et ne mélangez jamais les espèces dans le panier.

Quels lactaires sont toxiques ?

Le lactaire à toison, à marge laineuse et lait blanc, provoque des troubles digestifs. En règle générale, les lactaires à lait blanc et saveur âcre sont à rejeter ; les lactaires comestibles recherchés (délicieux, sanguin) ont un lait orange ou rouge.

Les champignons de mon jardin sont-ils toxiques ?

Certains le sont. Au second semestre 2024, 12,3 % des cueillettes en cause dont le lieu était connu provenaient d’un jardin. La lépiote vénéneuse, l’agaric jaunissant, des clitocybes muscariniens et de petites lépiotes mortelles peuvent y pousser. Surveillez les jeunes enfants.

Existe-t-il des champignons toxiques dans les prés ?

Oui : agaric jaunissant, clitocybes blancs, panéoles, psilocybes et parfois amanites en lisière. Un pré n’est pas un milieu sans danger.

Un champignon violet est-il toxique ?

La couleur ne permet pas de conclure. Le laccaire améthyste et le pied bleu sont comestibles, tandis que le mycène pur contient de la muscarine et que de nombreux cortinaires violets sont suspects.

La cuisson détruit-elle les toxines ?

Seulement certaines. Elle rend comestibles des espèces toxiques crues (morilles, amanite rougissante) mais ne détruit ni les amatoxines, ni l’orellanine, ni les toxines de la plupart des espèces du tableau.

Au bout de combien de temps apparaissent les symptômes ?

De quelques minutes à 2 heures pour la plupart des intoxications bénignes ; de 6 à 24 heures pour le syndrome phalloïdien, mortel ; de 12 heures à 20 jours pour le syndrome orellanien.

Qu’est-ce que l’oronge toxique ?

On appelle parfois « fausse oronge » l’amanite tue-mouches, à chapeau rouge ponctué de flocons blancs, par opposition à la vraie oronge, l’amanite des Césars. La première est toxique, la seconde comestible.

Peut-on se fier aux animaux pour savoir si un champignon est toxique ?

Non. Des limaces et des rongeurs mangent sans dommage des amanites mortelles pour l’homme.

Pour aller plus loin

Sources

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Amoureux des champignons, cueilleurs occasionnels, tout savoir sur les champignons pour les identifier, savoir lesquels sont comestibles ou dangereux.