Clitocybes

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Mise à jour le 25 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

Les clitocybes (genre Clitocybe) sont des champignons à lames décurrentes, qui descendent sur le pied, et à chapeau souvent creusé en entonnoir avec l’âge. Ce genre ne contient aucun bon comestible fiable pour le cueilleur débutant, mais plusieurs espèces toxiques. Les petits clitocybes blancs des pelouses, comme le clitocybe blanchi, sont riches en muscarine. Le clitocybe nébuleux, longtemps consommé, a été déclaré non comestible en Suisse, et sa consommation est aussi déconseillée dans les pays voisins, dont la France. Quant au clitocybe de l’olivier, toxique et confondu avec la girolle, ce n’est pas un vrai clitocybe.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Planche illustrée des clitocybes : lames décurrentes et chapeau en entonnoir, avec le clitocybe nébuleux, le clitocybe blanchi et le clitocybe de l'olivier
Les clitocybes en un coup d’œil (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Qu’est-ce qu’un clitocybe ?

Le genre Clitocybe a été décrit par Elias Fries, puis élevé au rang de genre par Staude en 1857. Son espèce type est le clitocybe nébuleux (Clitocybe nebularis). Longtemps rangé dans les Tricholomatacées, il est aujourd’hui placé dans une famille à part, les Clitocybacées.

Son nom vient du grec klitos, « pente », et kubê, « tête » : il décrit le chapeau qui se creuse vers le centre avec l’âge.

Le genre a été profondément remanié par la biologie moléculaire. De nombreuses espèces appelées « clitocybes » en français ont été déplacées :

  • le pied bleu (Lepista nuda, ex-Clitocybe nuda) dans le genre Lepista ;
  • le clitocybe géotrope, ou tête de moine, et ses proches dans le genre Infundibulicybe ;
  • le clitocybe à pied en massue dans le genre Ampulloclitocybe ;
  • Clitocybe amoenolens dans le genre Paralepistopsis ;
  • les « clitocybes » laqué et améthyste depuis longtemps dans le genre Laccaria : ce sont nos laccaires.

Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) n’a, lui, jamais été un proche parent : il appartient à une autre famille, les Omphalotacées. Il garde son nom français par tradition.

Comment reconnaître un clitocybe ?

  • Lames décurrentes : elles descendent plus ou moins sur le pied. C’est le caractère principal.
  • Chapeau convexe puis plat, creusé ou en entonnoir avec l’âge, à marge souvent enroulée.
  • Couleurs ternes : blanc, crème, gris, beige, brun clair ; rarement bleu-vert (clitocybe odorant).
  • Ni anneau, ni volve.
  • Sporée blanche à crème, parfois jaunâtre pâle ou rosée selon les espèces.
  • Mode de vie : la plupart décomposent la litière des bois, l’humus ou l’herbe des prairies. Beaucoup poussent en troupes ou en ronds de sorcière.

Ces caractères sont communs à des dizaines d’espèces, souvent très proches. L’identification exacte d’un petit clitocybe blanc demande souvent le microscope. C’est pourquoi on ne consomme pas les clitocybes « à l’œil ».

Clitocybes comestibles ou toxiques ?

Le genre est surtout connu pour ses espèces toxiques :

  • Muscarine : les petits clitocybes blancs (C. rivulosa, incluant C. dealbata, C. candicans, C. phyllophila, C. cerussata) provoquent le syndrome muscarinien, ou sudorien : sueurs abondantes, salivation, larmoiement, troubles digestifs, ralentissement du cœur. Les signes apparaissent de 15 minutes à 2 heures après le repas. Des décès ont été rapportés chez des personnes fragiles.
  • Troubles digestifs : le clitocybe nébuleux provoque des gastro-entérites chez une partie des consommateurs. Il contient aussi de la nébularine, une molécule résistante à la cuisson dont on ne peut exclure un effet à long terme.
  • Acromélalgie : Paralepistopsis amoenolens (ex-Clitocybe amoenolens) a causé en Maurienne (Savoie) des douleurs brûlantes des mains et des pieds durant de 8 jours à 5 mois. Les victimes l’avaient pris pour un clitocybe comestible.

Côté comestibles, le clitocybe odorant (C. odora), à odeur d’anis, sert surtout de condiment. Le clitocybe géotrope (Infundibulicybe geotropa) est consommé jeune. Mais ils ont des sosies toxiques : réservez-les aux mycologues confirmés.

Précautions de l’Anses pour tout champignon sauvage : jamais cru, cuisson de 20 à 30 minutes, 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum, pas aux jeunes enfants.

Les clitocybes présentés sur le site

Espèce Nom scientifique Critères clés Milieu Comestibilité
Clitocybe nébuleux (petit-gris des sapins) Clitocybe nebularis Grand chapeau gris cendré (5 à 20 cm), lames crème serrées un peu décurrentes, pied en massue, odeur forte Bois de feuillus et de conifères riches, en ronds, en fin d’automne Déconseillé : classé non comestible
Clitocybe blanchi (clitocybe du bord des routes) Clitocybe rivulosa (= C. dealbata) Petit chapeau blanc givré (2 à 6 cm), sans mamelon, lames serrées, pied court Pelouses, prairies, parcs, bords de chemins Toxique (muscarine)
Clitocybe de l’olivier (pleurote de l’olivier) Omphalotus olearius Touffes orange vif sur souches ou racines, vraies lames fines très décurrentes, chair orangée Pied des oliviers, chênes, châtaigniers, surtout dans le Midi Toxique (troubles digestifs sévères)

Autres « clitocybes » de France

Espèce Particularités Statut
Clitocybe odorant (Clitocybe odora) Chapeau bleu-vert à gris-vert de 3 à 7 cm ; forte odeur d’anis, conservée au séchage ; surtout sous feuillus, de l’été à la fin de l’automne Comestible, utilisé comme condiment
Clitocybe géotrope ou tête de moine (Infundibulicybe geotropa) Grand chapeau crème à chamois jusqu’à 20 cm, avec un mamelon ; pied de 10 à 20 cm ; en troupes ou en ronds dans les clairières, d’août à novembre Comestible jeune ; confusions possibles
Clitocybe phyllophila et C. cerussata Clitocybes blancs des litières forestières Toxiques (muscarine)
Paralepistopsis amoenolens (ex-Clitocybe amoenolens) Espèce rare, connue notamment en Maurienne ; pris pour un clitocybe comestible Toxique (acromélalgie)
Pied bleu (Lepista nuda) Ancien Clitocybe nuda ; chapeau et lames lilas-violet Bon comestible bien cuit

Confusions avec d’autres genres

Genre ou espèce Danger Comment le distinguer
Entolome livide (Entoloma sinuatum) Toxique Sosie du clitocybe nébuleux : lames jaunâtres puis roses, échancrées et jamais décurrentes, qui ne se détachent pas facilement · sporée rose · odeur de farine
Marasme des oréades Comestible Sosie du clitocybe blanchi : chapeau crème à roux mamelonné · lames très espacées, libres · pied qui se tord sans casser
Meunier (Clitopilus prunulus) Comestible Lames décurrentes devenant roses · sporée rose · forte odeur de farine · chair très fragile
Girolle et fausse girolle Comestible / non comestible Sosies du clitocybe de l’olivier : la girolle a des plis épais et fourchus, pas de vraies lames, et pousse au sol, jamais en grosse touffe sur bois
Laccaires Comestibles Lames épaisses et espacées, rose chair ou violettes · pied fibreux · sous les arbres
Inocybes Toxiques (muscarine) Chapeau fibrilleux, souvent fendu, conique · lames brunâtres · sporée brune

Le réflexe à retenir : un petit champignon blanc à lames décurrentes, trouvé dans une pelouse, est suspect de muscarine jusqu’à preuve du contraire. Ne cueillez jamais un « faux mousseron » sans vérifier chaque exemplaire.

Saison et milieux

Les clitocybes blancs des pelouses apparaissent de l’été à l’automne, souvent dans les mêmes ronds que le marasme des oréades. Le clitocybe nébuleux est une espèce de fin de saison : il pousse surtout de septembre à décembre et résiste aux premières gelées. Le clitocybe de l’olivier fructifie de l’été à la fin de l’automne, surtout dans le Midi, parfois plus tôt ou plus tard dans l’année. Voir aussi : quels champignons ramasser en novembre.

Questions fréquentes sur les clitocybes

Les clitocybes sont-ils comestibles ?

Très peu, et aucun n’est conseillé aux débutants. Plusieurs espèces blanches contiennent de la muscarine. Le clitocybe nébuleux, autrefois consommé, est aujourd’hui classé non comestible.

Le clitocybe améthyste et le clitocybe laqué sont-ils des clitocybes ?

Non. Ces anciens noms désignent le laccaire améthyste et le laccaire laqué, placés depuis longtemps dans le genre Laccaria.

Quels clitocybes sont mortels ?

Aucun clitocybe n’est classé parmi les champignons mortels comme l’amanite phalloïde. Mais le syndrome muscarinien des clitocybes blancs peut être grave chez les personnes âgées, cardiaques ou fragiles, et des décès ont été rapportés.

Comment reconnaître un clitocybe toxique ?

Il n’existe pas de critère simple. Les espèces toxiques et comestibles se ressemblent beaucoup. Méfiez-vous en particulier de tout petit champignon blanc des pelouses et parcs.

Qu’est-ce que la muscarine ?

Une toxine qui stimule le système nerveux parasympathique : sueurs, salivation, larmes, pupilles serrées, diarrhée, cœur ralenti. Les symptômes débutent vite, de 15 minutes à 2 heures après le repas. Il existe un antidote, l’atropine, administré à l’hôpital.

Pourquoi le clitocybe nébuleux n’est-il plus comestible ?

Il provoque des troubles digestifs chez certains consommateurs et contient de la nébularine, résistante à la cuisson. La Suisse (Vapko) l’a déclaré non comestible ; selon la Vapko, tous les pays voisins, dont la France, en déconseillent aussi la consommation. Voir notre fiche détaillée.

Le pied bleu est-il un clitocybe ?

Il s’est appelé Clitocybe nuda, mais il est aujourd’hui classé dans le genre Lepista. C’est un bon comestible bien cuit. Voir la fiche du pied bleu.

Que faire en cas de sueurs après un plat de champignons ?

Appelez le 15 ou un centre antipoison sans attendre et gardez les restes. Voir que faire en cas d’intoxication aux champignons.

Voir aussi

Sources

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