Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
Le marasme des oréades (Marasmius oreades), aussi appelé faux mousseron, est un bon comestible des prairies et des pelouses, qui pousse souvent en ronds de sorcière de mai à novembre. Il n’est pas toxique, mais il est à l’origine d’intoxications par confusion : les petits clitocybes blancs, comme le clitocybe du bord des routes (Clitocybe rivulosa, dont C. dealbata), riches en muscarine, poussent dans les mêmes pelouses, parfois dans le même rond ; les petites lépiotes, dont certaines sont mortelles, y poussent aussi. Pour reconnaître le marasme des oréades, quatre critères doivent être réunis : un chapeau mamelonné crème à roux pâle, des lames très espacées blanc crème, qui ne descendent pas sur le pied, un pied coriace qui se tord sans casser et une odeur de foin coupé ou d’amande amère.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.
Sommaire

Carte d’identité du marasme des oréades
| Nom scientifique | Marasmius oreades (Bolton) Fr. (1836) ; synonymes : Agaricus oreades Bolton (1792), Agaricus pratensis, Collybia oreades |
|---|---|
| Noms courants | Marasme des oréades, faux mousseron, mousseron d’automne, petit mousseron, pied dur, bouton de guêtre |
| Noms régionaux | Cariolette, coriolette, carrioleta |
| Famille | Marasmiacées |
| Comestibilité | Bon comestible (chapeau), bien cuit ; excellent séché |
| Saison | Du printemps à l’automne : de mai à novembre, après les pluies |
| Milieu | Milieux herbeux et ouverts : prairies, pâtures, pelouses, clairières, bords de chemins, dunes |
| Mode de vie | Saprophyte : il décompose la matière organique du sol des prairies |
| Fréquence | Commun dans toute la France |
| Taille | Chapeau de 2 à 6 cm ; pied de 4 à 10 cm de haut, 2 à 6 mm d’épaisseur |
| Sporée | Blanche |
Comment reconnaître le marasme des oréades ?
Le marasme des oréades est un petit champignon clair, sans anneau ni volve, qui pousse en groupes dans l’herbe rase. Ce portrait correspond aussi, de loin, à plusieurs espèces toxiques. Il faut donc vérifier chaque détail sur chaque exemplaire.
Le chapeau
Il mesure 2 à 6 cm. D’abord en cloche, il s’étale ensuite en gardant longtemps un mamelon central large et arrondi, souvent plus foncé. Sa couleur varie avec l’humidité : ocre roux, fauve ou chamois quand il est humide, il pâlit en crème en séchant (il est hygrophane). Sa surface est lisse. Le chapeau est coriace et élastique, souvent bosselé ou ondulé en vieillissant.
Les lames
C’est un critère clé. Les lames sont blanc crème à blanc carné, épaisses, larges et très espacées, reliées entre elles par de petites veines. Elles sont libres ou à peine attachées au pied : elles ne descendent pas le long du pied. Des lames serrées ou qui descendent sur le pied désignent un clitocybe.
Le pied
Mince (2 à 6 mm) et assez long (4 à 10 cm), plus pâle que le chapeau et plus clair vers le haut, très coriace et élastique. On ne le coupe pas à l’ongle. Le test classique : tordez-le plusieurs fois sur lui-même, il ne casse pas. Sa base est légèrement veloutée. Il n’y a ni anneau, ni volve.
La chair et l’odeur
Chair mince, pâle, élastique, qui pourrit difficilement. L’odeur est typique : foin coupé, puis sciure fraîche ou amande amère (odeur légèrement cyanique), plus forte encore quand le champignon sèche. La saveur est douce. Une odeur de farine doit faire penser à un clitocybe ; une odeur fruitée, de caoutchouc ou désagréable, à une petite lépiote.
La sporée
Blanche. Elle ne permet pas de le séparer des clitocybes blancs ni des lépiotes, qui ont aussi une sporée blanche. Elle écarte en revanche les inocybes, à sporée brune.
Les critères décisifs en 30 secondes
| À vérifier | Marasme des oréades | Si ce n’est pas le cas… |
|---|---|---|
| Pied tordu entre les doigts | Se tord plusieurs fois sans casser | Pied qui casse ou se fibrille : clitocybe ou autre, rejetez |
| Espacement des lames | Très espacées, épaisses | Lames serrées : clitocybe blanc (toxique) ou lépiote |
| Attache des lames | Libres ou à peine attachées | Lames qui descendent sur le pied : clitocybe, rejetez |
| Chapeau | Mamelonné, lisse, crème à roux | Chapeau blanc givré, plat ou creusé : clitocybe. Chapeau à petites écailles : lépiote, mortelle possible |
| Pied | Nu, sans anneau | Anneau ou zone laineuse : petite lépiote, rejetez |
| Odeur | Foin coupé, amande amère | Farine : clitocybe. Fruitée ou caoutchouc : lépiote |
Un seul critère manquant suffit à rejeter le champignon.
Le marasme des oréades est-il comestible ou toxique ?
Le marasme des oréades est un bon comestible, apprécié pour sa chair ferme et son goût parfumé, un peu sucré. Chaque exemplaire est petit, mais les récoltes sont souvent abondantes. On consomme les chapeaux ; les pieds, trop coriaces, sont écartés ou réduits en poudre après séchage pour parfumer les plats.
Précautions indispensables :
- Jamais cru. Son odeur d’amande amère est d’origine cyanique. L’Anses déconseille de consommer des champignons sauvages crus et recommande une cuisson de 20 à 30 minutes.
- Avec modération : 150 à 200 g de champignons par adulte et par semaine au maximum.
- Jamais aux jeunes enfants.
- Pas en bord de route, ni sur les pelouses traitées (désherbants, engrais), ni près des sites pollués.
- Vérifiez chaque exemplaire : un seul clitocybe toxique mélangé à la récolte suffit à provoquer une intoxication.
Faux mousseron toxique ? Les confusions dangereuses
Le marasme des oréades lui-même n’est pas toxique. Mais plusieurs espèces dangereuses partagent exactement son milieu : les pelouses, les prairies et les bords de chemins.
| Espèce | Danger | Ce qui la distingue du marasme des oréades |
|---|---|---|
| Clitocybe du bord des routes (Clitocybe rivulosa, incluant C. dealbata) et autres petits clitocybes blancs | Toxiques (muscarine) | Chapeau blanchâtre, comme givré, avec des taches ocre roussâtre, plat puis creusé, sans mamelon · lames serrées, blanches à crème, attachées ou descendant un peu sur le pied · pied fibreux, qui ne supporte pas la torsion · odeur faiblement farineuse · même milieu, forme aussi des ronds de sorcière, parfois mêlé aux marasmes |
| Petites lépiotes (Lepiota spp.) | Certaines mortelles (amatoxines) | Chapeau couvert de petites écailles brunes, rosées ou rougeâtres sur fond clair, avec une calotte centrale · lames blanches, libres mais serrées · anneau fragile ou zone laineuse sur un pied fragile · odeur fruitée, de caoutchouc ou désagréable · pelouses, parcs, jardins |
| Inocybes (Inocybe spp.) | Toxiques (muscarine pour beaucoup) | Chapeau fibrilleux, souvent conique et fendu · lames beige sale à brun tabac · sporée brune |
| Mousseron de la Saint-Georges (Calocybe gambosa) | Comestible | C’est le « mousseron vrai » : plus charnu (chapeau de 5 à 10 cm) · lames fines et serrées · forte odeur de farine · pousse au printemps, de fin avril à juin |
| Laccaire laqué (Laccaria laccata) | Comestible | Lames rose chair · chapeau orangé · pousse sous les arbres, dans la mousse |
Comparatif détaillé : Marasme des oréades ou clitocybe blanchi ? Comment les différencier
La règle de sécurité à retenir
Pied qui se tord sans casser + lames très espacées qui ne descendent pas sur le pied + chapeau mamelonné sans écailles + pas d’anneau. Cueillez les marasmes un par un, jamais par poignées : les clitocybes blancs peuvent pousser dans le même rond. Rejetez tout champignon blanc à lames serrées. Si des sueurs, une salivation abondante ou des larmes apparaissent dans les heures qui suivent le repas, appelez le 15 : c’est le signe d’un syndrome muscarinien.
Le syndrome muscarinien, en bref
La muscarine des clitocybes blancs et des inocybes provoque, 15 minutes à 2 heures après le repas, des sueurs abondantes, une salivation, un larmoiement, des pupilles serrées et des troubles digestifs. L’évolution est généralement favorable en 2 à 24 heures avec un traitement (l’atropine en est l’antidote), mais les formes sévères, rares, peuvent être graves. Les petites lépiotes provoquent au contraire un syndrome phalloïdien, mortel, dont les premiers symptômes n’apparaissent qu’après 6 à 24 heures.
Où et quand trouver des marasmes des oréades ?
Le bon milieu
Cherchez-le dans l’herbe rase : prairies, pâtures, pelouses, clairières, bords de chemins, allées forestières herbeuses, dunes côtières. Il pousse en troupes, en lignes ou en ronds de sorcière, souvent signalés par un cercle d’herbe plus verte. Il est commun partout en France.
Le bon moment
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| – | – | – | – | ● | ●● | ● | ● | ●● | ●● | ● | – |
Il apparaît après les pluies de printemps et d’automne, tant que l’humidité persiste. Par temps sec, il se dessèche sur place sans pourrir et reprend son aspect à la pluie suivante.
Voir aussi : quand ramasser des champignons, en septembre et en octobre.
Cueillette, nettoyage et conservation
- Coupez les chapeaux au couteau ou aux ciseaux, un par un, après avoir vérifié le pied, les lames et l’odeur de chaque exemplaire. Gardez quelques champignons entiers pour le contrôle par un pharmacien ou une association.
- Évitez les pelouses traitées, les bords de route et les terrains fréquentés par les chiens.
- Nettoyage : secouez les chapeaux pour ôter l’herbe, brossez-les ; rincez rapidement si nécessaire, sans faire tremper.
- Au réfrigérateur : 24 à 48 heures au maximum, dans un papier ou un torchon.
- Séchage : c’est la meilleure conservation. Enfilez les chapeaux sur un fil ou étalez-les sur une claie, à l’air ou au déshydrateur (40 à 50 °C). Conservez-les en bocal hermétique. Ils reprennent leur forme en quelques minutes dans l’eau tiède ; faites-les ensuite cuire normalement.
- Congélation : après cuisson à la poêle, une fois refroidis.
Comment cuisiner le marasme des oréades ? Nos recettes
Sa chair ferme tient bien à la cuisson et son parfum se prête aux omelettes, aux sauces, aux soupes et aux plats mijotés. Cuisez-le toujours 20 à 30 minutes.
Omelette aux faux mousserons (pour 2 personnes)
Préparation : 10 min · Cuisson : 25 min
- 150 g de chapeaux de marasmes des oréades, 4 œufs, 1 échalote, 20 g de beurre, ciboulette, sel, poivre
- Faites fondre le beurre, ajoutez les chapeaux et faites-les cuire 20 minutes à feu moyen.
- Ajoutez l’échalote hachée, poursuivez 2 minutes.
- Versez les œufs battus avec la ciboulette, le sel et le poivre ; laissez prendre 3 à 4 minutes, repliez et servez.
Velouté de marasmes (pour 4 personnes)
Préparation : 15 min · Cuisson : 35 min
- 300 g de chapeaux frais (ou 30 g séchés, réhydratés 20 minutes dans l’eau tiède), 2 pommes de terre, 1 oignon, 80 cl de bouillon de volaille, 10 cl de crème, 20 g de beurre, sel, poivre
- Faites revenir l’oignon émincé dans le beurre, puis les marasmes pendant 10 minutes.
- Ajoutez les pommes de terre en dés et le bouillon, laissez cuire 25 minutes à frémissement.
- Mixez, ajoutez la crème, salez et poivrez. Réservez quelques chapeaux poêlés pour décorer.
Poulet à la crème et aux faux mousserons (pour 4 personnes)
Préparation : 15 min · Cuisson : 45 min
- 4 hauts de cuisse de poulet, 250 g de chapeaux de marasmes, 2 échalotes, 10 cl de vin blanc sec, 20 cl de crème, 20 g de beurre, thym, sel, poivre
- Faites dorer le poulet dans le beurre, retirez-le.
- Faites revenir les échalotes et les marasmes 10 minutes dans la même cocotte, déglacez au vin blanc.
- Remettez le poulet, ajoutez le thym, couvrez et laissez mijoter 30 minutes.
- Ajoutez la crème, laissez réduire 5 minutes, rectifiez l’assaisonnement et servez avec du riz ou des pâtes.
Le saviez-vous ?
- Des nymphes des montagnes : dans la mythologie grecque, les oréades sont les nymphes des montagnes, qui ont donné leur nom à l’espèce. Marasmius vient du grec marasmos, « dessèchement ».
- Un champignon qui ressuscite : desséché sur place par le soleil, il reprend sa forme et même sa capacité à produire des spores dès qu’il est réhumidifié. Il doit cette résistance à un sucre, le tréhalose, qui pourrait aussi expliquer sa saveur légèrement sucrée.
- Des ronds qui verdissent l’herbe : les ronds de sorcière du marasme des oréades se repèrent souvent à un anneau d’herbe plus verte, trace de l’activité du mycélium dans le sol.
- Un « pied dur » : son pied coriace, capable d’être tordu comme une corde, lui vaut plusieurs noms populaires, dont « pied dur ».
- Décrit en 1792 par le naturaliste anglais James Bolton sous le nom d’Agaricus oreades, il a été placé dans le genre Marasmius par Elias Fries en 1836.
Questions fréquentes sur le marasme des oréades
Le marasme des oréades est-il toxique ?
Non, il est comestible bien cuit. Les intoxications attribuées au « faux mousseron » viennent de confusions avec les petits clitocybes blancs (muscarine) ou les petites lépiotes (parfois mortelles).
Pourquoi l’appelle-t-on « faux mousseron » ?
Pour le distinguer du mousseron de la Saint-Georges (Calocybe gambosa), le « vrai » mousseron du printemps. « Faux » ne signifie pas toxique : les deux sont comestibles. Voir les différents champignons appelés mousserons.
Comment différencier le marasme des oréades d’un clitocybe blanc ?
Tordez le pied : celui du marasme se tord sans casser. Regardez les lames : très espacées et libres chez le marasme, serrées et descendant un peu sur le pied chez le clitocybe. Le clitocybe a un chapeau blanc givré, sans mamelon, et une odeur de farine.
Qu’est-ce qu’un « bouton de guêtre » ?
C’est l’un des noms populaires du marasme des oréades, comme cariolette, pied dur ou mousseron d’automne.
Peut-on manger le marasme des oréades cru ?
Non. Son odeur d’amande amère est d’origine cyanique, et l’Anses recommande de ne jamais consommer de champignons sauvages crus et de les cuire 20 à 30 minutes.
Peut-on manger le pied ?
Il n’est pas toxique, mais il est trop coriace. On l’écarte, ou on le réduit en poudre après séchage pour aromatiser les sauces.
Les marasmes de ma pelouse sont-ils comestibles ?
Seulement si la pelouse n’est pas traitée et si chaque exemplaire est vérifié : les clitocybes blancs et les petites lépiotes affectionnent aussi les pelouses de jardin. En cas de doute, faites contrôler la récolte.
Comment faire sécher les marasmes des oréades ?
Enfilez les chapeaux sur un fil ou étalez-les au déshydrateur à 40-50 °C jusqu’à ce qu’ils soient cassants, puis conservez-les en bocal fermé. Réhydratez-les dans l’eau tiède avant de les cuire.
Que faire en cas de sueurs ou de malaise après un plat de faux mousserons ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison et gardez les restes du repas. Voir que faire en cas d’intoxication aux champignons.
Espèces proches
- Tous les marasmes
- Petites lépiotes · Laccaire laqué · Rosé des prés, autre champignon des prairies
- Les champignons comestibles · Les champignons toxiques
Sources
- Marasme des Oréades, Wikipédia.
- Marasmius oreades et Clitocybe rivulosa, Wikipedia (en anglais).
- Champignons de la forêt d’Orléans, Marasmius oreades, le marasme des oréades.
- Champimap, Clitocybe du bord des routes.
- Tricholome de la Saint-Georges, Wikipédia.
- Aujardin.info, Marasme des oréades.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).