Champignons mortels : les 12 espèces de France à connaître

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Mis à jour le 27 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

En France, 12 champignons peuvent tuer : les amanites phalloïde, vireuse et printanière, les petites lépiotes (dont la lépiote brun-incarnat), la galère marginée, les cortinaires couleur de rocou et très joli, le gyromitre, l’inocybe de Patouillard, le paxille enroulé et le tricholome équestre. L’amanite phalloïde cause la grande majorité des décès. Le piège le plus fréquent : des symptômes qui n’apparaissent que 6 heures à plusieurs jours après le repas.

Les amanites, les petites lépiotes et la galère contiennent des amatoxines, qui détruisent le foie ; les deux cortinaires détruisent les reins. Le paxille enroulé et le tricholome équestre ont longtemps été consommés comme comestibles. Cette page présente chaque espèce en images, classées par saison, puis un tableau récapitulatif, les critères de reconnaissance, les symptômes et leurs délais, les chiffres de l’Anses et la conduite à tenir.

⚠️ Urgence

Vomissements, diarrhée ou douleurs abdominales qui apparaissent plus de 6 heures après un repas de champignons : appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, même si les troubles s’atténuent. Une amélioration apparente est typique des intoxications mortelles. Gardez les restes du repas et les photos de la cueillette. Ne mangez jamais un champignon identifié seulement sur Internet ou par une application : faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique.

Planche des champignons mortels : amanite phalloïde, amanite vireuse, petites lépiotes, galère marginée, cortinaire couleur de rocou et gyromitre
Les champignons mortels à reconnaître (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

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Amanite phalloïde (Amanita phalloides), champignon mortel à chapeau vert olive, lames blanches, anneau et volve en sac
Amanite phalloïde (Amanita phalloides), responsable de la grande majorité des décès

Les 12 champignons mortels de France en images

Voici les 12 champignons mortels décrits sur le site, classés selon la saison où ils apparaissent (les « petites lépiotes » regroupent plusieurs espèces). Chaque carte donne le critère qui permet de les reconnaître et le comestible pour lequel ils sont pris. Cliquez pour ouvrir la fiche complète : critères, symptômes, conduite à tenir.

Au printemps : 3 espèces

Trois espèces mortelles poussent dès le printemps, en même temps que les morilles et les mousserons : c’est la saison des confusions avec le gyromitre, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

De l’été à l’automne : 6 espèces

La grande saison des amanites mortelles, des petites lépiotes et de la galère marginée, avec un pic des intoxications en octobre.

En automne : 2 espèces

Deux espèces d’arrière-saison, surtout sous les conifères : le cortinaire très joli dans les forêts moussues et le tricholome équestre dans les pinèdes sableuses.

Tableau récapitulatif : les 12 champignons mortels de France

Ce tableau recense les espèces dont des décès humains sont documentés dans les sources que nous avons consultées. Les délais indiqués sont ceux des premiers symptômes.

Champignon Toxine / syndrome Premiers symptômes Organe atteint Confondu avec
Amanite phalloïde (Amanita phalloides) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Russules vertes, coulemelle, agarics
Amanite vireuse (Amanita virosa) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Agarics blancs, coulemelle
Amanite printanière (Amanita verna) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Agarics blancs, rosé des prés
Lépiote brun-incarnat (Lepiota brunneoincarnata) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Jeunes coulemelles
Autres petites lépiotes (L. subincarnata syn. L. josserandii, L. helveola, L. castanea, L. brunneolilacea) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Jeunes coulemelles
Galère marginée (Galerina marginata) Amatoxines / phalloïdien 6 à 24 h Foie, reins Pholiote changeante
Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) Orellanine / orellanien 12 h à 20 jours (en moyenne 3 jours) Reins Autres cortinaires fauves
Cortinaire très joli (Cortinarius rubellus, syn. C. speciosissimus) Orellanine / orellanien 12 h à 20 jours (en moyenne 3 jours) Reins Chanterelle en tube, girolle
Gyromitre (Gyromitra esculenta) Gyromitrine / gyromitrien 6 à 12 h (parfois dès 2 h) Système nerveux, foie Morilles
Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens, ex Inocybe patouillardii) Muscarine / muscarinien 15 min à 2 h Système nerveux (sueurs, pouls lent, chute de tension) Tricholome de la Saint-Georges
Paxille enroulé (Paxillus involutus) Réaction immunitaire / paxillien 1 à 2 h Sang (hémolyse), reins Consommé autrefois comme comestible
Tricholome équestre (Tricholoma equestre, syn. T. auratum) Toxine inconnue / rhabdomyolyse Retardé, après des repas copieux et répétés Muscles, reins Consommé autrefois comme comestible (bidaou)

L’inocybe de Patouillard agit vite, contrairement à la plupart des espèces du tableau : sa muscarine provoque sueurs, salivation et chute de tension en moins de 2 heures. Un décès lui a été attribué en Angleterre en 1937, et sa fiche le classe comme potentiellement mortel.

Et les clitocybes à acromélalgie ? Le clitocybe Paralepistopsis amoenolens (ex Clitocybe amoenolens), reconnu toxique en 1996 après des intoxications en Maurienne (Savoie), provoque des douleurs brûlantes des extrémités qui peuvent durer des mois, mais aucun décès n’est documenté. Il est donc classé parmi les champignons toxiques, pas parmi les mortels. De même, l’amanite à volve rousse (Amanita proxima) atteint les reins, mais le pronostic est en général favorable.

Combien de personnes meurent chaque année en France ?

Contrairement à une idée répandue, les champignons ne tuent pas des dizaines de personnes par an en France. D’après les bilans de toxicovigilance de l’Anses, portant chaque année sur la période de juillet à décembre, on compte de 0 à 5 décès par saison :

Saison Intoxications Cas graves Décès
2017 1 386 41 2
2018 1 125 24 1
2019 2 025 27 3
2020 1 365 34 5
2021 1 340 41 4
2022 1 923 37 2
2023 1 482 23 0
2024 1 363 41 3

Ce qu’il faut retenir du dernier bilan (2024) :

  • les 3 décès sont tous dus au syndrome phalloïdien (amatoxines) ;
  • ce syndrome représente 56 % des cas graves (23 sur 41) ; le syndrome orellanien en représente 10 % (4 cas) ;
  • trois patients atteints du syndrome orellanien ont gardé une insuffisance rénale chronique ; deux d’entre eux étaient encore sous dialyse, en attente d’une greffe de rein ;
  • l’amanite phalloïde représente 9,1 % des espèces toxiques identifiées ; elle a notamment été prise pour des coulemelles.

En 2022, les deux décès étaient aussi d’origine phalloïdienne : les victimes pensaient avoir cueilli des agarics ou des rosés des prés. Le faible nombre de morts s’explique par les progrès de la réanimation et de la greffe de foie, pas par une moindre toxicité : la mortalité du syndrome phalloïdien reste d’environ 10 % chez l’adulte et plus élevée chez l’enfant.

Amanites, lépiotes et galère : les champignons à amatoxines

Les amatoxines bloquent la fabrication des protéines dans les cellules, surtout celles du foie. Elles résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. Aucun antidote spécifique n’existe. Les doses mortelles estimées chez l’adulte sont faibles : 20 à 50 g de champignon frais pour les amanites, environ 100 g pour les lépiotes, 100 à 150 g pour les galères.

L’amanite phalloïde

Chapeau de 5 à 15 cm, vert olive, jaunâtre ou parfois blanc, lisse, à fibrilles rayonnantes. Lames blanches, serrées et libres. Pied blanc, souvent chiné de vert-gris, portant un anneau en jupe. Base renflée enveloppée d’une volve blanche en sac, souvent cachée dans la terre. Elle pousse sous les feuillus (chênes, hêtres, châtaigniers, bouleaux, noisetiers), plus rarement sous les conifères, de l’été à l’automne. Elle est prise pour des russules vertes (qui n’ont ni anneau ni volve et dont la chair casse comme de la craie), pour des agarics ou, jeune, pour une vesse-de-loup. Fiche complète : amanite phalloïde.

L’amanite vireuse

Entièrement blanche, avec un chapeau d’abord conique (jusqu’à 12 cm), un pied pelucheux, un anneau fragile et une volve en sac. Odeur rappelant le radis. Sa chair jaunit vivement au contact de la soude, un test utilisé par les mycologues. Elle pousse de la fin de l’été à l’automne sous hêtres, châtaigniers, pins, épicéas et sapins. Un seul chapeau peut tuer un adulte. Jeune, elle ressemble à un agaric blanc. Fiche : amanite vireuse.

L’amanite printanière

Proche de la phalloïde par la forme, mais entièrement blanche ; elle pousse surtout au printemps, sous les feuillus. Elle menace les cueilleurs de rosés et de mousserons de printemps. Fiche : amanite printanière.

Les petites lépiotes mortelles

Plusieurs lépiotes de petite taille (chapeau généralement inférieur à 10 cm, souvent de 2 à 6 cm) contiennent les mêmes toxines que l’amanite phalloïde : lépiote brun-incarnat, L. subincarnata, L. helveola, L. castanea, L. brunneolilacea… Elles portent des écailles brunâtres à rosées sur le chapeau et poussent dans les pelouses, les parcs et les bords de chemin. Distinguer ces espèces entre elles demande souvent un microscope : rejetez toute lépiote de moins de 10 cm. Fiche : petites lépiotes.

La galère marginée

Petit champignon brun (chapeau de 1 à 6 cm, brun-jaune, pâlissant en séchant), avec un anneau en haut du pied, qui peut disparaître, et une sporée brun rouille. Elle pousse isolée ou en touffes sur le bois mort, surtout de conifères, de l’été à l’automne. Elle ressemble à la pholiote changeante, comestible, qui porte des mèches sous l’anneau et pousse en grosses touffes sur les souches de feuillus. La distinction est parfois impossible sans microscope : ne consommez jamais de petits champignons bruns sur bois sans l’avis d’un expert.

Les cortinaires qui détruisent les reins

Les cortinaires orellaniens contiennent l’orellanine, qui détruit les reins. Le délai est le plus long de toutes les intoxications : de 12 heures à 20 jours (en moyenne 3 jours) selon l’Anses. À ce stade, plus personne ne pense aux champignons. L’évolution peut conduire à une insuffisance rénale définitive, avec dialyse ou greffe.

Le cortinaire couleur de rocou

Cortinarius orellanus, aussi appelé cortinaire des montagnes, a un chapeau de 2 à 8 cm brun rouille à orangé, des lames espacées couleur rouille et une cortine (voile en toile d’araignée) peu visible. Il pousse de juillet à décembre, en plaine comme en montagne, mais reste assez rare. Environ 35 g peuvent tuer un adulte. En septembre 1987, 26 élèves officiers de Coëtquidan ont été intoxiqués lors d’un exercice de survie.

Le cortinaire très joli

Cortinarius rubellus (anciennement C. speciosissimus) a un chapeau conique de 2,5 à 8 cm, fauve à brun roux, et un pied renflé à la base. Il pousse dans les forêts de conifères. Il a été cueilli à la place de chanterelles et de cèpes ; la chanterelle en tube s’en distingue par ses plis au lieu de vraies lames. En 2008, l’écrivain Nicholas Evans et trois proches ont dû subir une greffe de rein après en avoir consommé.

Le gyromitre, ou fausse morille

Le gyromitre (Gyromitra esculenta) a un chapeau brun en forme de cervelle, fait de replis et non d’alvéoles, et un pied épais. Il pousse au printemps (avril à juillet), souvent sous les pins sur sol sableux et en montagne, en même temps que les morilles. Sa gyromitrine se transforme dans l’organisme en monométhylhydrazine. Les premiers troubles (fatigue, vertiges, maux de tête, vomissements) apparaissent le plus souvent 6 à 12 heures après le repas ; les formes graves associent convulsions, coma et atteinte du foie. La cuisson et le séchage réduisent la toxine sans la supprimer.

Le gyromitre a causé de nombreux décès en Europe : en Pologne, jusqu’à 23 % des décès annuels par champignons dans une étude de 1971. Sa vente est interdite en France sous toutes ses formes, crues, cuites ou séchées, depuis le décret n° 91-1039 du 7 octobre 1991. Une étude a en outre relevé un groupe de cas de maladie de Charcot chez des consommateurs réguliers de gyromitres à Montchavin (Savoie).

Pour le distinguer : une vraie morille a un chapeau alvéolé en nid d’abeille et elle est entièrement creuse quand on la coupe en long ; le gyromitre est cérébriforme et cloisonné à l’intérieur.

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Paxille enroulé et tricholome équestre : deux « comestibles » devenus mortels

Le paxille enroulé

Le paxille enroulé (Paxillus involutus) a longtemps été consommé comme comestible. Son chapeau brun cannelle à ocre (2 à 12 cm) garde une marge enroulée ; ses lames sont décurrentes (elles descendent sur le pied) et se tachent de brun au toucher. Il pousse de l’été au début de l’automne, surtout sous les bouleaux et les peupliers. Le danger vient d’une réaction immunitaire : après plusieurs repas sans problème, une personne sensibilisée peut développer, 1 à 2 heures après un nouveau repas, une destruction massive de ses globules rouges et une insuffisance rénale. Le mycologue allemand Julius Schäffer en est mort en 1944 ; deux décès ont encore été enregistrés en Allemagne en 2019.

Le tricholome équestre

Le tricholome équestre (Tricholoma equestre, syn. T. auratum), ou bidaou, a un chapeau jaune de 5 à 15 cm, des lames et un pied jaunes. Il vit en association avec les pins, notamment sur sols sableux. Longtemps apprécié dans le Sud-Ouest, il a provoqué dans les années 1990 en France une douzaine d’intoxications par rhabdomyolyse (destruction des muscles), dont 3 mortelles, après des repas copieux et répétés. Sa commercialisation est interdite en France depuis le décret n° 2005-1184 du 19 septembre 2005. La toxine n’a pas été identifiée.

Mortels à titre exceptionnel

D’autres espèces toxiques ont causé de rares décès, surtout chez des personnes fragiles. Elles ne figurent pas dans la liste principale, mais elles doivent être évitées avec la même rigueur :

  • Clitocybes blancs (Clitocybe rivulosa, C. dealbata) : à forte dose, la muscarine peut entraîner une détresse respiratoire. Ils poussent dans les pelouses, avec le marasme des oréades.
  • Entolome livide (Entoloma sinuatum) : habituellement responsable de troubles digestifs sévères, il a causé de rares décès selon la littérature.

Symptômes et délais : comment évolue une intoxication mortelle ?

Le syndrome phalloïdien, étape par étape

Phase Moment Ce qui se passe
1. Silence De 6 à 24 h après le repas (en moyenne 10 à 12 h) Aucun symptôme : les toxines passent dans le sang et gagnent le foie
2. Phase digestive Jour 1 Vomissements incoercibles, douleurs abdominales, diarrhée très abondante ; risque de déshydratation grave
3. Fausse rémission Jours 2 à 3 Les troubles digestifs s’atténuent : le malade se croit guéri, alors que les analyses du foie s’aggravent
4. Atteinte du foie À partir des jours 3 à 5 Jaunisse, troubles de la coagulation, hémorragies, atteinte rénale, confusion ; décès possible à partir du 6e jour, souvent la 2e semaine

Le traitement repose sur l’hospitalisation en urgence : réhydratation, charbon activé, médicaments protecteurs du foie (silibinine) et, dans les formes graves, greffe de foie. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de survie.

Les autres syndromes mortels

  • Orellanien : troubles digestifs, sensation de brûlure dans la bouche et soif intense, puis insuffisance rénale, parfois 1 à 3 semaines après le repas.
  • Gyromitrien : fatigue, vertiges, maux de tête, vomissements 6 à 12 heures après ; convulsions et atteinte du foie dans les formes graves. Un traitement par vitamine B6 est utilisé à l’hôpital.
  • Muscarinien (inocybe de Patouillard) : sueurs abondantes, salivation, larmoiement, pouls lent et chute de tension, 15 minutes à 2 heures après le repas. Un antidote, l’atropine, est utilisé à l’hôpital.
  • Paxillien : troubles digestifs, malaise, pâleur, urines foncées, 1 à 2 heures après le repas chez une personne sensibilisée.
  • Rhabdomyolyse : fatigue et douleurs musculaires, faiblesse des jambes, urines foncées.

Retenez la règle des 6 heures : des troubles qui débutent moins de 6 heures après le repas sont le plus souvent bénins ; au-delà, il faut suspecter une intoxication grave. Mais si plusieurs espèces ont été mangées, un premier malaise précoce peut cacher une intoxication mortelle.

Conduite à tenir en cas de suspicion

  1. Appelez le 15 (ou le 112), ou un centre antipoison, dès les premiers symptômes, même légers. N’attendez pas.
  2. Indiquez l’heure du repas et celle des premiers troubles.
  3. Apportez les restes du plat, les champignons crus restants, les épluchures et les photos de la cueillette.
  4. Prévenez toutes les personnes qui ont partagé le repas, même si elles n’ont aucun symptôme : elles doivent être examinées.
  5. Ne vous fiez pas à une amélioration : dans le syndrome phalloïdien, elle est trompeuse.
  6. Ne prenez aucun médicament ni remède maison sans avis médical.

Pour aller plus loin : intoxication aux champignons, que faire ?

Comment ne pas se tromper et ne jamais manger un champignon mortel ?

  • Déterrez toujours la base du pied : une volve signe une amanite. Si vous n’êtes pas expert, rejetez toutes les amanites.
  • Rejetez tout champignon blanc à lames blanches : c’est le profil des amanites vireuse, printanière et des formes blanches de la phalloïde.
  • Ne cueillez pas de lépiote de moins de 10 cm ni de coulemelle encore fermée.
  • Évitez les petits champignons bruns, sur le sol comme sur le bois (galère, cortinaires, inocybes).
  • Au printemps, méfiez-vous des « mousserons » à chapeau conique fibreux qui rougissent : c’est le profil de l’inocybe de Patouillard.
  • Coupez les morilles en long : elles doivent être creuses d’un seul tenant.
  • Ne mélangez jamais les espèces dans le panier et jetez tout champignon douteux.
  • Faites tout contrôler par un pharmacien ou une société mycologique. N’utilisez pas d’application.

Six confusions mortelles font l’objet d’un comparatif illustré : amanite phalloïde ou russule verdoyante, rosé des prés ou amanite blanche, coulemelle ou petites lépiotes, vesse-de-loup ou « œuf » d’amanite, pholiote changeante ou galère marginée et morille ou gyromitre. Si vous débutez, lisez d’abord notre guide pour apprendre à reconnaître les champignons.

Pour connaître les bons champignons et leurs sosies, consultez notre guide des champignons comestibles et notre liste des champignons toxiques.

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Questions fréquentes sur les champignons mortels

Quel est le champignon le plus mortel ?

L’amanite phalloïde. Elle est responsable de la grande majorité des décès par champignons en Europe, et tous les décès recensés par l’Anses en 2022 et en 2024 étaient dus au syndrome phalloïdien.

Combien de personnes meurent chaque année à cause des champignons en France ?

Entre 0 et 5 par saison selon les bilans de l’Anses de 2017 à 2024 : 3 décès en 2024, aucun en 2023, 2 en 2022.

Quels sont les champignons mortels en France ?

Les amanites phalloïde, vireuse et printanière, les petites lépiotes à amatoxines, la galère marginée, les cortinaires couleur de rocou et très joli, le gyromitre, l’inocybe de Patouillard, le paxille enroulé et le tricholome équestre. Voir la galerie et le tableau récapitulatif.

Combien y a-t-il de champignons mortels en France ?

Une dizaine d’espèces ou de groupes d’espèces sont responsables des intoxications mortelles documentées en France. Notre site en décrit 12 ; les petites lépiotes en comptent à elles seules plusieurs, difficiles à distinguer sans microscope.

Quels champignons mortels poussent au printemps ?

L’amanite printanière, le gyromitre (fausse morille) et l’inocybe de Patouillard, confondus avec les rosés, les morilles et le mousseron de la Saint-Georges.

Quelles amanites sont mortelles ?

En France : l’amanite phalloïde, l’amanite vireuse et l’amanite printanière. Les amanites panthère et tue-mouches sont toxiques (syndrome panthérinien) mais ne font pas partie des espèces mortelles recensées ici. Voir notre page amanites.

Quelles lépiotes sont mortelles ?

Les petites lépiotes à amatoxines, dont la lépiote brun-incarnat (Lepiota brunneoincarnata), L. subincarnata, L. helveola et L. castanea. La coulemelle n’est pas mortelle. Voir petites lépiotes.

Avec quoi confond-on l’amanite phalloïde ?

Avec les russules vertes, les agarics et rosés des prés, les jeunes coulemelles et, au stade d’œuf, les vesses-de-loup. Le critère décisif est la volve en sac à la base du pied, avec des lames blanches et un anneau.

Au bout de combien de temps meurt-on après avoir mangé un champignon mortel ?

Dans le syndrome phalloïdien, le décès survient en général à partir du 6e jour, souvent au cours de la 2e semaine. Ce délai laisse du temps pour une prise en charge : appelez le 15 au moindre doute.

Peut-on survivre à une amanite phalloïde ?

Oui, si la prise en charge est rapide : la mortalité est aujourd’hui d’environ 10 % chez l’adulte, plus élevée chez l’enfant. Certains patients ont besoin d’une greffe de foie.

Un champignon peut-il tuer au toucher ?

Non. Les toxines des champignons de France agissent seulement quand on les avale. Lavez-vous les mains après avoir touché une amanite et ne la mettez pas dans le même panier que votre cueillette.

La cuisson rend-elle un champignon mortel inoffensif ?

Non. Les amatoxines et l’orellanine résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. La cuisson réduit la toxine du gyromitre sans l’éliminer.

Pour aller plus loin

Sources

Logo les champignons.fr

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