Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
Les amanites (genre Amanita) sont des champignons à lames blanches (plus rarement jaunes) et libres, qui portent le plus souvent un anneau sur le pied et, à la base, une volve : un sac, un rebord ou des bourrelets laissés par l’enveloppe qui entourait le jeune champignon. Le genre compte les champignons les plus dangereux d’Europe : l’amanite phalloïde, l’amanite vireuse et l’amanite printanière sont mortelles. Quelques amanites sont comestibles, mais les mycologues déconseillent aux amateurs de les consommer.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison. Des troubles apparus plus de 6 heures après le repas peuvent signaler une intoxication mortelle par amanite, même s’ils s’atténuent ensuite.

Sommaire
Qu’est-ce qu’une amanite ?
Le genre Amanita appartient à la famille des Amanitacées. Il compte près de 600 espèces dans le monde et une soixantaine en France et en Belgique, dont six mortelles. Presque toutes les amanites vivent en association avec les racines des arbres (mycorhizes) : on les trouve donc surtout en forêt, en lisière, dans les parcs et les jardins arborés, à proximité des arbres.
Leur particularité tient à leur développement. Le jeune champignon naît enfermé dans une enveloppe complète, le voile général, qui lui donne l’aspect d’un œuf. En grandissant, il la déchire : les restes forment la volve à la base du pied et, parfois, des verrues ou des plaques sur le chapeau. Un second voile, le voile partiel, protège les lames et laisse sur le pied un anneau en forme de jupe.
Comment reconnaître une amanite ?

| Organe | Chez les amanites |
|---|---|
| Lames | Libres (elles ne touchent pas le pied), le plus souvent blanches ; jaunes chez l’amanite des Césars. Elles ne deviennent jamais brunes ni noires. |
| Sporée | Blanche |
| Chapeau | Lisse ou couvert de verrues, flocons ou plaques (restes du voile général), qui peuvent disparaître sous la pluie ou avec l’âge |
| Anneau | Présent chez la plupart des espèces, membraneux, en jupe ; absent chez les grisettes (anciennement Amanitopsis). Il peut aussi se déchirer ou tomber. |
| Base du pied | Souvent renflée en bulbe, garnie d’une volve, souvent enterrée |
Le réflexe qui sauve : déterrer la base du pied. Un champignon coupé au couteau perd sa volve, qui reste dans le sol. C’est ainsi que des amanites mortelles se retrouvent dans des paniers de « champignons de Paris » ou de russules.
Les différents types de volves
La forme de la volve aide à orienter l’identification, mais seul un examen complet par un connaisseur permet de conclure.
| Type de volve | Aspect | Exemples |
|---|---|---|
| En sac (membraneuse) | Sac blanc, ample, libre autour du bulbe, comme un coquetier | Amanites phalloïde, vireuse et printanière (mortelles), amanite des Césars, grisettes |
| Circoncise (bulbe marginé) | Rebord net qui fait le tour du sommet d’un bulbe arrondi | Amanite citrine, amanite panthère, amanite jonquille |
| Friable (en bourrelets ou en verrues) | Volve qui se désagrège en anneaux ou en flocons sur le bulbe | Amanite tue-mouche, amanite rougissante, amanite épaisse |
Les amanites sont-elles comestibles ou mortelles ?
Les deux. Le genre réunit quelques excellents comestibles et les champignons les plus meurtriers. Trois syndromes toxiques principaux sont dus aux amanites :
- Syndrome phalloïdien (amanites phalloïde, vireuse, printanière) : mortel. Après 6 à 24 heures sans symptôme, diarrhée et vomissements violents, puis une amélioration trompeuse avant la destruction du foie. L’amanite phalloïde est responsable de plus de 90 % des intoxications mortelles par champignons. Selon l’Anses, les 3 décès recensés en France au second semestre 2024 sont tous dus à ce syndrome.
- Syndrome panthérinien (amanites panthère, tue-mouche et jonquille) : troubles neurologiques (agitation, confusion, sécheresse de la bouche, accélération du cœur), parfois graves.
- Syndrome proximien (amanite à volve rousse, Amanita proxima) : troubles digestifs puis atteinte des reins, 8 à 14 heures après le repas.
Même les amanites comestibles demandent des précautions : l’amanite rougissante et les grisettes sont toxiques crues et ne se consomment que bien cuites. Surtout, les amanites blanches sont toutes à rejeter : les distinguer entre elles relève du spécialiste. Pour en savoir plus : les champignons mortels et intoxication aux champignons.
Toutes les amanites présentées sur le site
| Espèce | Nom scientifique | Comestibilité | À retenir |
|---|---|---|---|
| Amanite phalloïde | Amanita phalloides | Mortelle | Chapeau vert olive à jaunâtre, parfois blanc ; volve en sac |
| Amanite vireuse | Amanita virosa | Mortelle | Toute blanche, chapeau conique, pied pelucheux ; volve en sac |
| Amanite printanière | Amanita verna | Mortelle | Toute blanche, printemps, surtout dans le Midi ; volve en sac |
| Amanite ovoïde | Amanita ovoidea | Comestibilité discutée : déconseillée | Grande amanite blanche du Midi, sur calcaire ; anneau crémeux fugace, volve épaisse blanc crème ; confusion avec l’amanite à volve rousse (reins) et les amanites blanches mortelles |
| Amanite à volve rousse | Amanita proxima | Toxique (reins) | Amanite blanche du Midi, sous chênes et pins sur calcaire ; anneau mince strié, volve en sac ocre roux ; sosie de l’amanite ovoïde |
| Amanite panthère | Amanita pantherina | Toxique | Chapeau brun à verrues blanc pur ; bulbe à rebord net |
| Amanite tue-mouche | Amanita muscaria | Toxique | Chapeau rouge à flocons blancs |
| Amanite jonquille | Amanita gemmata | Toxique | Chapeau jaune jonquille à marge striée |
| Amanite citrine | Amanita citrina | Non comestible | Chapeau jaune pâle à plaques, odeur de rave ; bulbe à rebord net |
| Amanite épaisse | Amanita excelsa | Sans intérêt, à éviter | Chapeau gris-brun à verrues grisâtres ; confusion avec la panthère |
| Amanite rougissante | Amanita rubescens | Comestible bien cuite, toxique crue | Chair qui rougit ; réservée aux connaisseurs |
| Amanite vaginée (grisette) | Amanita vaginata | Comestible bien cuite, toxique crue | Chapeau gris à marge striée, pas d’anneau, volve en sac ; confusion avec les amanites mortelles dont l’anneau est tombé |
| Amanite des Césars | Amanita caesarea | Excellent comestible | Chapeau orange, lames et pied jaunes, volve blanche en sac ; réservée aux connaisseurs |
Autres amanites notables en France
- Amanite ovoïde (Amanita ovoidea) : grande amanite blanche du Midi, sur sol calcaire, à volve épaisse crème ocracé. Comestibilité discutée ; à rejeter.
- Amanite à volve rousse (Amanita proxima) : très proche de la précédente, mais à volve ocre roux ; elle provoque une atteinte des reins.
- Grisette (Amanita vaginata) : amanite sans anneau, à chapeau gris strié et volve en sac ; comestible seulement bien cuite, confusion possible avec des amanites mortelles dont l’anneau est tombé.
- Amanite porphyre (Amanita porphyria) : chapeau brun grisâtre à reflets violacés, bulbe à rebord ; non comestible.
Amanite ou autre genre ? Les confusions à connaître
| Genre | Ce qui le distingue d’une amanite |
|---|---|
| Lépiotes et coulemelle | Lames blanches et libres, anneau, mais jamais de volve : un bulbe nu, avec ou sans rebord. Chapeau à squames. Attention, les petites lépiotes contiennent les mêmes toxines que l’amanite phalloïde. |
| Agarics (rosé des prés, agaric des bois) | Lames roses puis brun chocolat, sporée brun foncé, pas de volve |
| Russules | Ni anneau, ni volve ; chair qui casse net comme de la craie |
| Volvaires | Volve présente mais pas d’anneau, lames et sporée roses |
| Vesses-de-loup | Coupées en deux, elles sont homogènes. Un « œuf » d’amanite montre la silhouette du champignon. |
Quand poussent les amanites ?
La plupart des amanites poussent de l’été à la fin de l’automne. Selon l’Anses, octobre est le mois où les intoxications par champignons sont les plus nombreuses. L’amanite printanière fait exception : elle apparaît dès mai dans le Midi. Il n’y a donc pas de « saison sans risque » pour les amanites blanches. Voir aussi : quand ramasser des champignons.
Questions fréquentes sur les amanites
Comment reconnaître une amanite ?
Lames libres, le plus souvent blanches, sporée blanche, anneau en jupe (sauf chez les grisettes) et surtout une volve à la base du pied, souvent enterrée. Déterrez toujours le pied entier.
Les amanites sont-elles toutes mortelles ?
Non. Trois espèces présentes sur le site sont mortelles (phalloïde, vireuse, printanière), plusieurs sont toxiques, et quelques-unes sont comestibles. Mais les confusions sont si graves que les mycologues déconseillent aux amateurs de consommer des amanites.
Quelles amanites sont comestibles ?
L’amanite des Césars, l’amanite rougissante et les grisettes (ces deux dernières uniquement bien cuites), ainsi que l’amanite ovoïde selon certains auteurs. Toutes sont réservées aux cueilleurs expérimentés.
Une amanite blanche est-elle comestible ?
Ne prenez aucun risque : les amanites blanches mortelles (vireuse, printanière, phalloïde blanche) ressemblent trop aux rares espèces blanches consommables. Rejetez toutes les amanites blanches.
Qu’est-ce qu’une volve ?
C’est le reste de l’enveloppe qui entourait le jeune champignon. Elle forme à la base du pied un sac, un rebord ou des bourrelets. Sa présence signe presque toujours une amanite (ou une volvaire, qui n’a pas d’anneau).
Quelle est la différence entre une amanite et une lépiote ?
Les deux ont des lames blanches libres et un anneau, mais les lépiotes n’ont jamais de volve et leur chapeau est couvert de squames.
Comment distinguer l’amanite panthère de l’amanite rougissante ?
La chair de l’amanite rougissante prend une teinte rosée à vineuse aux blessures et à la base du pied ; celle de la panthère reste blanche. La panthère a des verrues blanc pur et un bulbe à rebord net. Dans le doute, rejetez.
Quel est l’autre nom de l’amanite des Césars ?
L’oronge. À ne pas confondre avec l’« oronge verte » ou « oronge ciguë », autres noms de l’amanite phalloïde mortelle.
Combien d’espèces d’amanites existe-t-il ?
Près de 600 dans le monde et une soixantaine en France et en Belgique.
Sources
- Amanita, Wikipédia.
- MycoFrance, Les syndromes des champignons toxiques.
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Université Lyon 1, Amanita proxima.