Mise à jour le 26 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources
Les tricholomes sont des champignons charnus à lames et à sporée blanche, sans volve et presque toujours sans anneau, dont les lames présentent une petite encoche près du pied. Le groupe réunit des comestibles réputés, comme le tricholome de la Saint-Georges (mousseron de printemps) ou le petit gris, et des espèces toxiques, dont le tricholome équestre, responsable de décès en France et interdit à la vente depuis 2005. Le pied bleu, autrefois classé parmi eux, est traité sur cette page car il en garde l’allure et le nom populaire de « tricholome nu ».
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Sommaire
Qu’est-ce qu’un tricholome ?
Au sens strict, les tricholomes forment le genre Tricholoma, de la famille des Tricholomatacées. Leur nom vient du grec thrix, trichos (« cheveu ») et lôma (« frange, bordure »), bien que peu d’espèces aient réellement une marge velue.
Autrefois, le genre était beaucoup plus large. Plusieurs champignons en ont depuis été retirés, mais ont gardé leur nom français :
- le tricholome de la Saint-Georges, aujourd’hui Calocybe gambosa (famille des Lyophyllacées) ;
- le pied bleu, longtemps nommé Tricholoma nudum puis Lepista nuda, et placé en 2023 dans le genre Collybia (Collybia nuda) ;
- le pied violet (Lepista saeva, aussi nommé Lepista personata).
Les vrais tricholomes (Tricholoma) vivent tous en symbiose avec les racines des arbres (mycorhize), feuillus ou conifères selon l’espèce. On ne les trouve donc jamais loin d’un arbre. Le pied bleu, lui, est un décomposeur de litière, et le tricholome de la Saint-Georges pousse surtout dans l’herbe, près des haies.
Comment reconnaître un tricholome ?
Les tricholomes ont un « air de famille » que l’on apprend à repérer :
- Un champignon charnu, de taille moyenne (chapeau de 4 à 15 cm), au pied plein et assez robuste.
- Des lames échancrées : juste avant de rejoindre le pied, chaque lame forme une petite encoche, comme un « coup d’ongle ». C’est le caractère le plus utile.
- Une sporée blanche (rose pâle chez le pied bleu).
- Pas de volve à la base du pied, et presque jamais d’anneau.
- Un chapeau sec, fibrilleux ou un peu visqueux, souvent gris, brun, jaune ou blanc.
- Une odeur souvent marquée, très utile pour l’identification : farine (Saint-Georges, tricholome tigré), gaz d’éclairage (tricholome soufré), savon (tricholome savonneux), fruitée (pied bleu).
Distinguer les tricholomes entre eux est en revanche difficile : les espèces grises, en particulier, se ressemblent beaucoup, et certaines sont toxiques.
Les dangers du groupe
Trois risques principaux concernent les cueilleurs :
- La rhabdomyolyse du tricholome équestre. Entre 1992 et 2000, douze intoxications graves ont été recensées dans le Sud-Ouest de la France après des repas répétés de ce champignon jaune des pinèdes, alors très apprécié. Trois personnes sont mortes. Le muscle se détruit (rhabdomyolyse), avec une atteinte possible du cœur. L’importation et la vente sont interdites en France depuis le décret du 19 septembre 2005.
- Le syndrome gastro-intestinal du tricholome tigré. Ce grand tricholome gris des bois de montagne provoque des vomissements et des diarrhées violents dans les 15 minutes à 2 heures qui suivent le repas. Il ressemble au petit gris.
- Les confusions avec d’autres genres. Un tricholome blanc peut être confondu avec une amanite blanche mortelle ou un clitocybe blanc à muscarine ; un tricholome jaune avec une amanite phalloïde jaune-vert ; un pied bleu avec un cortinaire violet.
Pour les espèces comestibles, les précautions de l’Anses s’appliquent : jamais crus, cuisson de 20 à 30 minutes, 150 à 200 g de champignons par adulte et par semaine au maximum, pas de champignons sauvages aux jeunes enfants.
Les tricholomes présentés sur le site
| Espèce | Nom scientifique | Caractères clés | Saison | Comestibilité |
|---|---|---|---|---|
| Tricholome de la Saint-Georges (mousseron de printemps) | Calocybe gambosa | Blanc crème, trapu, lames blanches très serrées, forte odeur de farine ; prairies, haies, souvent en ronds | Avril à juin | Comestible bien cuit |
| Tricholome équestre (bidaou, canari) | Tricholoma equestre | Jaune soufre, lames jaune vif, chapeau souvent couvert de sable ; pinèdes sableuses | Octobre à décembre | Toxique (rhabdomyolyse, décès) ; vente interdite |
| Tricholome terreux (petit gris) | Tricholoma terreum | Chapeau gris souris feutré, lames blanches à grises, pied blanc, odeur faible, non farineuse ; sous les pins | Septembre à décembre | Comestible bien cuit, avec modération |
| Pied bleu | Lepista nuda (Collybia nuda) | Violet à brun lilas, lames violettes, sans cortine, odeur fruitée, sporée rose pâle ; litière des bois | Octobre à décembre | Comestible bien cuit |
Autres tricholomes notables en France
| Espèce | Particularités | Statut |
|---|---|---|
| Tricholome tigré (Tricholoma pardinum) | Grand (jusqu’à 15 cm), chapeau gris pâle couvert de squames gris foncé comme un pelage tacheté, odeur de farine, pied robuste ; sols calcaires, hêtres et sapins, souvent en montagne, de l’été à l’automne | Toxique (gastro-entérite sévère) |
| Tricholome soufré (Tricholoma sulphureum) | Jaune soufre, plus grêle que l’équestre, chapeau sec, forte odeur de gaz d’éclairage | Toxique |
| Tricholome savonneux (Tricholoma saponaceum) | Couleur très variable (gris, olive, jaunâtre, brun), odeur de savon, base du pied qui rosit | Non comestible (troubles digestifs) |
| Tricholome vergeté (Tricholoma virgatum) | Gris argenté, chapeau conique strié de fibrilles, saveur poivrée ou amère | Suspect d’intoxications : à rejeter |
| Tricholome de Josserand (Tricholoma josserandii) | Petit tricholome gris à chapeau lisse, odeur de farine rance, extrémité du pied rosâtre | Toxique (troubles digestifs) |
| Tricholome prétentieux ou charbonnier (Tricholoma portentosum) | Chapeau gris foncé strié de fibrilles noires, reflets jaunes au sommet du pied ; pinèdes, fin d’automne | Comestible, mais confusions possibles avec les tricholomes gris toxiques |
| Tricholome jaune doré (Tricholoma auratum) | Forme plus trapue du tricholome équestre, des pinèdes du littoral atlantique ; souvent considéré comme la même espèce | À traiter comme le tricholome équestre : ne pas consommer |
| Pied violet (Lepista saeva) | Chapeau et lames pâles, beige, seul le pied est violet ; prairies, vergers | Comestible bien cuit |
| Lépiste sordide (Lepista sordida) | Plus petit et plus grêle que le pied bleu, violacé ; milieux riches, prairies fumées | Comestible bien cuit |
Confusions avec d’autres genres
| Genre | Danger | Comment le distinguer d’un tricholome |
|---|---|---|
| Amanites (phalloïde, printanière, citrine) | Mortelles (phalloïde, printanière) | Volve à la base du pied (à déterrer) · anneau en jupe · lames blanches et libres, sans encoche. Un « tricholome jaune » à lames blanches doit faire penser à une amanite. |
| Inocybes (dont l’inocybe de Patouillard) | Toxiques (muscarine), potentiellement mortels | Chapeau souvent conique, fibrilleux · lames qui deviennent brunes · sporée brune · l’inocybe de Patouillard rougit |
| Entolomes (entolome livide) | Toxique (gastro-entérite sévère) | Lames jaunâtres puis roses · sporée rose · odeur de farine, comme certains tricholomes |
| Clitocybes blancs (clitocybe blanchi) | Toxiques (muscarine) | Petits, chapeau souvent creusé · lames décurrentes (qui descendent sur le pied), sans encoche |
| Cortinaires violets | Suspects à mortels selon les espèces | Cortine (voile en toile d’araignée) chez les jeunes · lames qui deviennent brun rouille · sporée brun rouille |
| Laccaires (laccaire améthyste) | Comestible | Beaucoup plus petits · lames épaisses et très espacées · pied fibreux et tenace |
Le réflexe à retenir : cueillez le champignon entier, déterrez la base (volve ?), faites une sporée (blanche, rose ou brune ?) et sentez l’odeur. Un seul doute suffit à rejeter la récolte.
Saison et milieux
La saison des tricholomes s’étend sur presque toute l’année :
- Au printemps (avril à juin) : le tricholome de la Saint-Georges, dans les prairies, les vergers et au pied des haies d’aubépines, souvent en ronds de sorcière. C’est aussi la saison de l’amanite printanière, mortelle et blanche.
- À l’automne (septembre à novembre) : la plupart des vrais tricholomes, sous les pins, les chênes, les hêtres ou les épicéas.
- En fin d’automne et au début de l’hiver : le petit gris, le tricholome équestre et le pied bleu, qui supportent les premières gelées. Dans les régions aux hivers doux, comme le pourtour méditerranéen, le petit gris se récolte parfois tout l’hiver.
Voir aussi : quels champignons ramasser en octobre, en novembre et le calendrier complet.
Questions fréquentes sur les tricholomes
Les tricholomes sont-ils comestibles ?
Certains le sont (petit gris, tricholome prétentieux, tricholome de la Saint-Georges), d’autres sont toxiques (tricholome équestre, tigré, soufré, vergeté). Il n’existe aucune règle générale : chaque récolte doit être identifiée à l’espèce.
Existe-t-il des tricholomes mortels ?
Oui. Le tricholome équestre a causé trois décès en France entre 1992 et 2000, après des repas répétés. Les autres tricholomes toxiques provoquent surtout des troubles digestifs, parfois sévères.
Pourquoi le tricholome équestre est-il interdit ?
Parce qu’il a provoqué des rhabdomyolyses (destruction des muscles) graves et mortelles. Sa vente et son importation ont d’abord été suspendues en 2004, puis interdites par le décret n° 2005-1184 du 19 septembre 2005.
Le petit gris est-il toujours comestible ?
Oui, dans l’état actuel des connaissances. Une étude de 2014 sur la souris avait fait craindre un risque de rhabdomyolyse, mais elle a été contestée, et une analyse publiée en 2024 conclut qu’il doit être considéré comme comestible. Consommez-le avec modération. Détails sur la fiche du tricholome terreux.
Le pied bleu est-il un tricholome ?
Non, plus au sens des botanistes : il a été classé dans les tricholomes, puis dans les Lepista, et en 2023 dans les Collybia. Il en garde l’allure charnue, mais ses lames sont un peu décurrentes et sa sporée est rose pâle.
Comment reconnaître un tricholome d’une amanite ?
Déterrez la base du pied : l’amanite a une volve (sac ou bourrelets) et le plus souvent un anneau ; le tricholome n’a ni l’un ni l’autre. Les lames du tricholome sont échancrées près du pied, celles de l’amanite sont libres.
Qu’est-ce qu’une lame échancrée ?
Une lame qui, juste avant de toucher le pied, se creuse d’une petite encoche, puis se rattache au pied par une fine dent. On l’observe en retournant le chapeau et en regardant la jonction avec le pied.
Que faire en cas de douleurs musculaires après un repas de champignons ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison sans attendre, même plusieurs jours après le repas, et gardez les restes. Voir que faire en cas d’intoxication aux champignons.
Voir aussi
- Les clitocybes · Les cortinaires · Les entolomes · Les amanites
- Les champignons comestibles · Les champignons toxiques · Les champignons mortels · Tous les champignons
Sources
- Tricholoma, Tricholoma pardinum, Tricholoma portentosum, Tricholoma saponaceum et Collybia nuda, Wikipedia (en anglais).
- Tricholoma equestre, Tricholome terreux, Tricholome de la Saint-Georges et Pied bleu, Wikipédia.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Arrêté du 16 juin 2004 portant suspension d’importation et de mise sur le marché du tricholome équestre, texte (FAOLEX) ; décret n° 2005-1184 du 19 septembre 2005, Légifrance.
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).