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Mise à jour le 26 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

Les galerines, ou galères (genre Galerina), sont de petits champignons bruns à sporée brun rouille, qui poussent sur le bois pourri ou dans la mousse. Le genre compte plus de 300 espèces, presque toutes sans intérêt culinaire. L’une d’elles est mortelle : la galère marginée (Galerina marginata), qui contient les mêmes toxines que l’amanite phalloïde, les amatoxines. Elle pousse sur les souches et le bois mort, comme la pholiote changeante (souchette), comestible, avec laquelle elle est régulièrement confondue. En 2024, l’un des trois décès par champignons recensés en France concernait probablement cette confusion.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison. Des troubles digestifs apparus 6 heures ou plus après le repas peuvent signaler une intoxication mortelle par amatoxines, même s’ils s’atténuent ensuite.

Planche des galerines : petits champignons bruns hygrophanes à lames brun rouille, anneau fragile, pied fibrilleux, sur bois pourri et mousse ; galère marginée (mortelle) et Galerina hypnorum
Les galerines en un coup d’œil (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Qu’est-ce qu’une galerine ?

Le genre Galerina appartient à la famille des Hyménogastracées. Son nom vient du latin galerum, un casque ou bonnet de peau, en référence à la forme du chapeau. En français, on dit indifféremment « galerine » ou « galère » ; c’est ce dernier nom qui est utilisé pour l’espèce mortelle, la galère marginée.

Toutes les galerines sont saprophytes : elles décomposent la matière végétale morte. Beaucoup vivent dans les mousses, d’autres sur le bois pourri (souches, branches, bois enfoui), dans les tourbières ou jusque dans les zones alpines et arctiques. Ce sont en majorité de petits champignons fragiles, que seul un spécialiste distingue au microscope.

Comment reconnaître une galerine ?

Organe Chez les galerines
Chapeau Petit, conique, campanulé ou convexe, souvent à mamelon ; brun, fauve ou jaune miel ; hygrophane (il pâlit nettement en séchant) ; marge souvent striée par temps humide
Lames Attachées au pied, brun pâle puis brun rouille
Pied Mince, fragile, souvent plus sombre vers la base ; parfois un anneau ou une zone de voile (cortine) chez le jeune
Sporée Brun clair à brun rouille
Milieu Mousses, bois pourri, débris végétaux

Aucun de ces caractères n’est propre aux galerines : de nombreux « petits champignons bruns » de genres voisins (pholiotes, conocybes, psathyrelles, hypholomes, cortinaires) leur ressemblent. C’est précisément pour cela qu’on ne consomme jamais un petit champignon brun sans l’avis d’un expert.

Les galerines sont-elles mortelles ?

Plusieurs espèces du genre contiennent des amatoxines (alpha-amanitine notamment), les toxines de l’amanite phalloïde. En France, l’espèce en cause est la galère marginée, dont la teneur en amatoxines est comparable à celle de certaines amanites phalloïdes. Ailleurs dans le monde, d’autres galerines sont aussi toxiques, comme Galerina sulciceps en Indonésie.

L’intoxication provoque un syndrome phalloïdien : aucun symptôme pendant 6 à 24 heures, puis diarrhée et vomissements violents, une accalmie trompeuse, et une atteinte grave du foie, parfois des reins. Les amatoxines résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. Il n’existe pas d’antidote spécifique. Voir les champignons mortels et intoxication aux champignons.

Selon le bilan de l’Anses pour le second semestre 2024, l’un des trois décès recensés concernait une personne qui pensait avoir cueilli des souchettes (pholiotes changeantes) et avait probablement consommé des galères marginées. L’Anses signale aussi des galères marginées récoltées à la place de « mousserons ».

Les galerines présentées sur le site

Espèce Nom scientifique Comestibilité À retenir
Galère marginée Galerina marginata (syn. G. autumnalis, G. unicolor) Mortelle Petit chapeau brun miel hygrophane ; anneau fragile ; pied pâle au-dessus de l’anneau, brun fibrilleux en dessous, sans mèches ; sur bois mort, surtout de conifères

Les autres galerines de France, comme Galerina hypnorum qui vit dans les mousses, sont minuscules et sans intérêt culinaire. Elles ne sont pas présentées sur le site.

Galerine ou autre genre ? Les confusions à connaître

Espèce Danger Ce qui la distingue de la galère marginée
Pholiote changeante (Kuehneromyces mutabilis) Comestible Pied couvert de petites mèches retroussées sous l’anneau ; chapeau bicolore en séchant ; grosses touffes serrées sur les souches de feuillus. Distinction parfois impossible sans microscope.
Armillaire couleur de miel Comestibilité discutée, toxique crue Plus grande ; sporée blanche ; chapeau à petites mèches sombres ; grosses touffes
Hypholome en touffe Toxique Chapeau jaune soufre ; lames jaune verdâtre puis brun violacé ; saveur très amère ; grosses touffes
Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) Comestible Lames blanches à jaune pâle, sporée blanche, pied velouté brun noir, pas d’anneau
Psilocybes Hallucinogènes Confusions documentées à l’étranger chez des cueilleurs de champignons hallucinogènes

Règle de sécurité : ne ramassez pas de petits champignons bruns sur le bois. Pour la pholiote changeante, vérifiez chaque exemplaire, pas seulement la touffe : un exemplaire de galère suffit à rendre un plat dangereux.

Quand poussent les galerines ?

La galère marginée pousse surtout de l’été à la fin de l’automne (juillet à novembre), souvent au même moment et aux mêmes endroits que la pholiote changeante, qui fructifie de la fin du printemps à l’automne. Voir aussi : quels champignons ramasser en octobre et en novembre.

Questions fréquentes sur les galerines

Galère ou galerine : quelle différence ?

Aucune : ce sont deux noms français du genre Galerina. L’espèce mortelle s’appelle la galère marginée.

Comment reconnaître une galerine ?

Petit champignon brun, hygrophane, à lames et sporée brun rouille, poussant sur le bois pourri ou dans la mousse. L’identification précise demande un microscope.

Les galerines sont-elles toutes mortelles ?

Non, mais la galère marginée l’est, et plusieurs espèces sont trop petites ou trop mal connues pour être consommées. Aucune galerine ne se mange.

Quelle est la dose dangereuse de galère marginée ?

Elle contient autant d’amatoxines que certaines amanites phalloïdes. Une dizaine d’exemplaires peut suffire à intoxiquer gravement un enfant de 20 kg.

Comment ne pas confondre galère marginée et pholiote changeante ?

La pholiote changeante a des mèches retroussées sous l’anneau et pousse en grosses touffes sur les souches de feuillus. La galère a un pied simplement fibrilleux sous l’anneau. Mais les deux peuvent pousser côte à côte : faites toujours vérifier votre récolte.

Où pousse la galère marginée ?

Sur le bois mort en décomposition, surtout de conifères, parfois de feuillus, et sur du bois enfoui qui la fait paraître pousser au sol. Elle vit isolée, en petits groupes ou en petites touffes.

Pourquoi « marginée » ?

L’épithète latine marginata signifie « bordée », « pourvue d’une marge ». Le nom de genre Galerina évoque un petit casque.

Une galerine peut-elle ressembler à un champignon hallucinogène ?

Oui. À l’étranger, des intoxications ont touché des personnes qui cherchaient des psilocybes. C’est une raison de plus pour ne jamais consommer de petits champignons bruns.

Pourquoi les galerines sont-elles si difficiles à identifier ?

Parce qu’elles sont petites, brunes, hygrophanes (leur couleur change avec l’humidité) et ressemblent à de nombreux genres voisins. Plusieurs espèces ne se distinguent qu’au microscope, par l’examen des spores.

La galère marginée pousse-t-elle au sol ?

Elle vit sur le bois, mais quand ce bois est enfoui, elle peut sembler sortir directement de la terre ou d’une pelouse. C’est l’une des raisons des confusions avec des « mousserons » signalées par l’Anses.

Que faire en cas de doute après un repas ?

Appelez le 15 ou un centre antipoison immédiatement, même sans symptôme, et gardez les restes du repas.

Sources

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