Mise à jour le 26 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources
Les armillaires (genre Armillaria) sont des champignons à lames qui poussent en grosses touffes sur les souches, les racines et le pied des arbres affaiblis, avec un chapeau couleur de miel, des lames blanchâtres, un anneau chez la plupart des espèces et une sporée blanche. L’espèce la plus connue, l’armillaire couleur de miel, est un comestible controversé : toxique crue, elle provoque régulièrement des troubles digestifs et ne se consomme que jeune, blanchie puis longuement cuite. Le vrai danger est de la confondre avec d’autres champignons en touffes sur le bois, dont la galère marginée, mortelle.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Sommaire
Qu’est-ce qu’une armillaire ?
Le genre Armillaria appartient à la famille des Physalacriacées (il était autrefois rangé parmi les Tricholomatacées). Son nom vient du latin armilla, « bracelet », en référence à l’anneau qui entoure le pied de la plupart des espèces. On en connaît plus d’une trentaine d’espèces dans le monde, dont cinq principales en Europe.
Les armillaires sont à la fois parasites et saprophytes : elles attaquent les arbres affaiblis, puis continuent de se nourrir du bois mort une fois l’arbre tué. Elles provoquent le pourridié, une pourriture des racines redoutée des forestiers, des arboriculteurs et des vignerons. Elles se propagent dans le sol grâce à des rhizomorphes, des cordons noirs semblables à des racines, qui peuvent progresser d’environ un mètre par an et se voient souvent sous l’écorce des souches.
Le mycélium des armillaires est bioluminescent : en pleine croissance, il émet une faible lueur visible dans l’obscurité sur le bois qu’il colonise.
Comment reconnaître une armillaire ?
- Croissance en touffes serrées, pieds soudés à la base, sur les souches, les troncs, les racines (parfois enterrées, ce qui donne l’impression qu’elles poussent sur le sol).
- Chapeau de 3 à 15 cm, jaune miel à brun roussâtre, couvert au centre de petites squames brunes plus ou moins nombreuses.
- Lames blanches puis crème à jaunâtres, parfois tachées de roussâtre, adnées à un peu décurrentes.
- Anneau blanchâtre, membraneux, chez la plupart des espèces. L’armillaire sans anneau (Desarmillaria tabescens, ex-Armillaria tabescens) et A. ectypa en sont dépourvues.
- Pied fibreux, coriace, souvent assombri à la base.
- Sporée blanche : un critère clé pour les séparer des pholiotes, hypholomes et galères, à sporée brune à pourpre.
- Rhizomorphes noirs sous l’écorce ou dans le sol.
Armillaires comestibles ou toxiques ?
La comestibilité des armillaires est discutée. L’armillaire couleur de miel a longtemps été classée comestible ; de nombreux mycologues la rejettent aujourd’hui, car elle provoque régulièrement des troubles digestifs, parfois sévères. Elle est toxique crue. Ceux qui la consomment ne gardent que les jeunes chapeaux, les blanchissent en jetant l’eau, puis les cuisent longuement. Les exemplaires âgés, gelés ou restés longtemps sur leur support sont à rejeter.
Le danger majeur reste la confusion avec d’autres champignons qui poussent eux aussi en touffes sur le bois, en particulier la galère marginée, qui contient les mêmes toxines que l’amanite phalloïde.
Précautions de l’Anses pour tout champignon sauvage : jamais cru, cuisson de 20 à 30 minutes, 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum, pas aux jeunes enfants.
Les armillaires présentées sur le site
| Espèce | Nom scientifique | Critères clés | Milieu | Comestibilité |
|---|---|---|---|---|
| Armillaire couleur de miel | Armillaria mellea | Touffes, chapeau jaune miel à squames sombres au centre, lames blanches à crème, anneau blanc épais, sporée blanche | Souches, racines et pieds d’arbres, surtout feuillus | Comestible controversé : jamais crue, jeunes chapeaux blanchis et bien cuits |
Autres armillaires de France
| Espèce | Particularités |
|---|---|
| Armillaire obscure (Armillaria ostoyae) | Chapeau crème-brun à squames marquées, anneau bien développé ; redoutable parasite des conifères |
| Armillaire bulbeuse (Armillaria gallica, syn. A. bulbosa) | Pied plus épais, nettement renflé en massue à la base ; saprophyte ou parasite des arbres affaiblis |
| Armillaria cepistipes et A. borealis | Espèces voisines, surtout distinguées au microscope ou par analyse génétique |
| Armillaire sans anneau (Desarmillaria tabescens) | Pas d’anneau ; en touffes sur les racines et souches de feuillus, notamment de chênes, surtout dans les régions chaudes ; comestibilité discutée (troubles digestifs signalés) |
| Armillaria ectypa | Sans anneau ; rarement rencontrée |
Ces espèces ont longtemps été réunies sous le seul nom d’Armillaria mellea. Sur le terrain, les distinguer est difficile.
Confusions avec d’autres champignons en touffes
| Champignon | Danger | Comment le distinguer d’une armillaire |
|---|---|---|
| Galère marginée (Galerina marginata) | MORTELLE | Plus petite (chapeau de 2 à 6 cm), brun roux, lisse, sans squames sombres · sporée brun rouille · pied à fines fibrilles blanchâtres · odeur de farine · isolée ou en petits groupes |
| Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) | Toxique | Chapeau jaune soufre lisse · lames jaune verdâtre · chair jaune, très amère · pas de vrai anneau · sporée brun pourpre |
| Pholiote changeante (Kuehneromyces mutabilis) | Comestible, mais confusion mortelle avec la galère | Chapeau lisse bicolore (hygrophane) · lames brun cannelle · pied à mèches sous un petit anneau brun · sporée brun rouille |
| Pholiote écailleuse (Pholiota squarrosa) | Troubles digestifs | Chapeau et pied hérissés d’écailles retroussées rousses · lames jaunâtres puis brunes · sporée brune |
Le réflexe à retenir : faites une sporée. Posez un chapeau sur un papier noir et blanc quelques heures : une armillaire donne une sporée blanche ; une sporée brune, rouille ou pourpre écarte l’armillaire. Voir aussi hypholomes et pholiotes.
Saison et milieux
Les armillaires fructifient surtout de septembre à novembre, en poussées abondantes. On les trouve dans les forêts de feuillus et de conifères, mais aussi dans les parcs, les vergers, les vignes et les jardins, au pied des arbres affaiblis ou sur les souches. Une souche infectée peut produire des touffes plusieurs années de suite.
Voir aussi : quels champignons ramasser en octobre et en novembre.
Questions fréquentes sur les armillaires
L’armillaire est-elle comestible ?
Elle est considérée comme un comestible médiocre et controversé. Crue, elle est toxique ; même cuite, elle provoque parfois des troubles digestifs. Seuls les jeunes chapeaux, blanchis puis bien cuits, sont consommés par ceux qui l’apprécient.
Faut-il blanchir l’armillaire ?
Oui. Le blanchiment (ébullition courte, eau jetée) est conseillé pour réduire l’amertume et une partie des substances irritantes. Il ne dispense pas d’une cuisson complète de 20 à 30 minutes.
Les armillaires sont-elles dangereuses pour les arbres ?
Oui. Elles provoquent le pourridié, une pourriture des racines qui peut tuer les arbres affaiblis, les arbres fruitiers et la vigne.
Pourquoi le bois colonisé par l’armillaire brille-t-il la nuit ?
Son mycélium en croissance est bioluminescent et émet une faible lumière, visible seulement dans l’obscurité complète.
Quel est le plus grand champignon du monde ?
Une armillaire, Armillaria ostoyae (parfois nommée A. solidipes), dans une forêt de l’Oregon, aux États-Unis : un seul individu s’étend sur près de 10 km² et serait âgé de plusieurs milliers d’années.
Comment différencier une armillaire d’un hypholome en touffe ?
L’hypholome en touffe a un chapeau jaune soufre, des lames jaune verdâtre, une chair très amère et pas de vrai anneau. L’armillaire a des lames blanches à crème, un anneau blanc et une sporée blanche.
Que faire en cas de troubles après un plat d’armillaires ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison, gardez les restes et notez l’heure du repas. Des symptômes apparus plus de 6 heures après le repas doivent faire craindre une confusion grave, par exemple avec la galère marginée.
Voir aussi
- Hypholomes et pholiotes · Galère marginée
- Les champignons comestibles · Les champignons toxiques · Les champignons mortels
Sources
- Armillaria et Armillaire couleur de miel, Wikipédia.
- Armillaria mellea, Wikipedia (en anglais).
- Champyves, Armillaria mellea, armillaire couleur de miel.
- Mycobota, Armillaire couleur de miel.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).