Quels champignons ramasser en décembre ?

Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

En décembre, vous pouvez encore ramasser des pieds de mouton, des pieds bleus, des chanterelles en tube, des pleurotes en huître, des collybies à pied velouté et des oreilles de Judas ; c’est aussi le début de la saison de la truffe noire. Les grands comestibles d’automne ont presque disparu : il reste les espèces qui supportent le froid et celles du bois mort. Tout dépend du gel. Tant qu’il ne gèle pas durablement, la fin d’automne continue, surtout sur la façade atlantique et autour de la Méditerranée. Attention : des espèces toxiques de fin de saison, comme le tricholome équestre et le clitocybe nébuleux, sont encore bien présentes.

⚠️ Les règles de base de l’Anses

Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Séparez les espèces dans un panier (jamais de sac plastique). Faites vérifier votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique, sans vous fier aux applications. Photographiez votre cueillette avant cuisson. Ne mangez jamais de champignons sauvages crus, cuisez-les 20 à 30 minutes et n’en donnez pas aux jeunes enfants. En cas de troubles après un repas : 15 ou centre antipoison.

Planche des champignons de décembre : pied-de-mouton, pied bleu, chanterelle en tube, pleurote en huître, collybie à pied velouté et truffe noire
Champignons de décembre (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Quels champignons ramasser en décembre ? Le tableau

Champignon Milieu Comestibilité Confusion à éviter
Pied de mouton (Hydnum repandum) Bois humides de feuillus et de conifères, tant qu’il ne gèle pas Comestible bien cuit Aucun sosie toxique (aiguillons)
Pied bleu (Lepista nuda) Litière des bois, haies, tas de feuilles Comestible bien cuit Cortinaires violets
Chanterelle en tube (Craterellus tubaeformis) Bois très humides, mousse, bois pourri Comestible bien cuit Cortinaire très joli (mortel)
Laccaire améthyste (Laccaria amethystina) Bois humides, jusqu’au début de l’hiver Comestible bien cuit (chapeau) Cortinaires violets, mycènes
Pleurote en huître (Pleurotus ostreatus) Bois mort de feuillus (hêtres, peupliers, saules) Comestible bien cuit Clitocybe de l’olivier (toxique)
Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) Souches et bois mort de feuillus, en touffes Comestible bien cuit (chapeau) Galère marginée (mortelle)
Oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) Branches mortes, surtout de sureau Comestible bien cuite Pas de sosie mortel
Truffe noire (Tuber melanosporum) Sous terre, chênes et noisetiers, sol calcaire Comestible Scléroderme (toxique)
Tricholome terreux (Tricholoma terreum) Bois clairs de pins ; tout l’hiver dans le Midi Comestible bien cuit, avec modération Tricholome tigré (toxique)
Pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii) Pelouses sèches calcaires du Sud, sur le panicaut Comestible bien cuit Petits clitocybes blancs (toxiques)

Ce tableau indique ce qui peut encore pousser en décembre en France. En montagne et dans le Nord-Est, le gel peut avoir fermé la saison dès la mi-novembre ; sur la façade atlantique et autour de la Méditerranée, elle se prolonge souvent. Pour savoir si ça pousse près de chez vous, consultez notre indice « Ça pousse ? » et les pages régionales.

Les derniers champignons d’automne

Le pied de mouton

Le pied de mouton (Hydnum repandum) est l’un des derniers champignons de l’année. Sa chair épaisse et ferme résiste au froid : il tient jusqu’aux premières gelées et peut persister en décembre, voire en hiver dans le Midi. Son critère décisif : sous le chapeau crème à ocre, des aiguillons fragiles qui se détachent au doigt, ni lames ni pores. Il pousse en troupes ou en arcs dans les bois humides de feuillus et de conifères. Les vieux exemplaires deviennent amers. En cuisine : notre poêlée de pieds-de-mouton en persillade (25 minutes de cuisson).

Le pied bleu

Le pied bleu (Lepista nuda) fructifie d’octobre à décembre, surtout après les premiers froids. Il vit dans la litière des bois, des haies et des tas de feuilles, souvent en ronds. Quatre critères doivent être réunis : un chapeau lisse, sans voile ; des lames lilas-violet qui ne deviennent jamais brun rouille ; pas de cortine (la fine toile d’araignée des cortinaires) ; une sporée rose pâle. Une sporée brun rouille signe un cortinaire : jetez-le. Voir le comparatif pied bleu ou cortinaire.

La chanterelle en tube et le laccaire améthyste

La chanterelle en tube continue de pousser jusqu’aux premières gelées durables, sur la mousse des bois très humides. Chapeau brun en entonnoir, plis gris-jaunâtre dessous et pied jaune, creux. Le cortinaire très joli, mortel, porte de vraies lames rouille : vérifiez chaque exemplaire. Le laccaire améthyste, petit champignon entièrement violet, persiste lui aussi jusqu’au début de l’hiver.

Les trompettes de la mort, les rosés des prés et les cèpes, en revanche, ont en général terminé leur saison fin novembre.

Sur le bois mort : pleurotes, collybies, oreilles de Judas

Le pleurote en huître

Le pleurote en huître (Pleurotus ostreatus) est un champignon de saison froide : décembre est l’un de ses meilleurs mois. Il pousse en touffes étagées sur les troncs couchés, les souches et les arbres affaiblis de feuillus, surtout hêtres, peupliers et saules. Chapeau en coquille, gris bleuté à brun ; lames blanchâtres qui descendent sur un pied très court et latéral ; chair blanche épaisse. Rejetez tout « pleurote » orange (clitocybe de l’olivier, toxique) et tout petit champignon blanc à chair mince poussant sur un conifère (pleurote en oreille, Pleurocybella porrigens, toxique).

La collybie à pied velouté

La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) est le champignon typique de l’hiver. Elle fructifie de la fin de l’automne au début du printemps et résiste au gel. Elle pousse en touffes sur les souches et le bois mort de feuillus (saules, hêtres, aulnes, ormes, frênes). Son chapeau de 3 à 10 cm est jaune orangé à brun orangé, visqueux ; ses lames sont crème ; son pied, velouté, devient brun foncé à noirâtre vers la base, sans anneau ; sa sporée est blanche. On ne mange que les chapeaux de jeunes exemplaires, le pied étant fibreux. C’est la forme sauvage de l’enoki cultivé en Asie.

Confusion mortelle : la galère marginée (Galerina marginata), petit champignon brun du bois mort, contient les mêmes toxines que l’amanite phalloïde. Elle porte un anneau (fragile), un pied fibrilleux mais jamais velouté, et donne une sporée brun rouille. Sa saison principale va de l’été à la fin de l’automne, mais elle partage les mêmes souches. Faites une sporée : blanche pour la collybie, rouille pour la galère. Un débutant ne doit ramasser aucun petit champignon brun sur le bois.

L’oreille de Judas

L’oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) se voit toute l’année, et c’est l’un des rares champignons que l’on ramasse en plein hiver. Elle a la forme d’une oreille brune, gélatineuse et élastique, sans pied, sans lames ni pores, et pousse sur les branches mortes, surtout de sureau. Après quelques jours de pluie ou de redoux, les exemplaires desséchés regonflent. Elle n’a pas de sosie mortel, mais ne se mange jamais crue.

La truffe noire

La truffe noire (Tuber melanosporum), ou truffe du Périgord, se récolte de novembre à mars ; décembre marque la montée en puissance de la saison, qui culmine en janvier et février. Elle pousse sous terre, au pied des chênes et des noisetiers, sur sol calcaire, surtout dans le Sud-Est (Vaucluse, Drôme), le Sud-Ouest et le Centre-Ouest ; l’essentiel de la production vient aujourd’hui de truffières plantées. On la reconnaît à sa peau noire couverte de petites verrues polygonales, à sa chair noir violacé finement veinée de blanc et à son parfum puissant. Elle se cherche avec un chien truffier.

Deux mises en garde. Une « truffe » trouvée à la surface du sol, à peau épaisse jaunâtre et à odeur désagréable, est un scléroderme, toxique. Et la truffe appartient au propriétaire du terrain : la ramasser sans autorisation est un délit dès la première truffe. Voir aussi la truffe d’été, dont la forme d’automne (truffe de Bourgogne) se récolte encore en décembre.

Sur le littoral méditerranéen

Autour de la Méditerranée, où les hivers sont doux, décembre reste un mois de cueillette :

  • le tricholome terreux (Tricholoma terreum), ou petit gris, fructifie de septembre à décembre, et tout l’hiver dans ces régions, sous les pins. Chapeau gris souris, sec et feutré, lames blanchâtres à gris perle, pied blanc et lisse, odeur faible, non farineuse. Méfiez-vous des autres tricholomes gris, surtout le tricholome tigré, toxique ;
  • le pleurote du panicaut peut persister une partie de l’hiver par temps doux, dans les pelouses sèches, toujours fixé sur une racine de panicaut ;
  • le lactaire sanguin (lait rouge vineux, sous les pins) peut se prolonger jusqu’en décembre si l’automne reste doux.

C’est aussi dans le Midi que le clitocybe de l’olivier, toxique, peut fructifier en hiver : orange vif, en touffes au pied des oliviers, chênes ou châtaigniers, à vraies lames. Voir le comparatif girolle ou clitocybe de l’olivier et la page champignons en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les champignons toxiques et mortels de décembre

Espèce Danger Où et quand Confondue avec
Galère marginée (Galerina marginata) Mortelle (foie) Bois mort, surtout de conifères ; de l’été à la fin de l’automne Collybie à pied velouté, pholiote changeante
Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) Mortel (reins) Partout, de juillet à décembre Petits champignons fauves
Tricholome équestre (Tricholoma equestre) Toxique (destruction des muscles) Pinèdes sur sol sableux, surtout d’octobre à décembre Longtemps consommé ; autres tricholomes jaunes
Clitocybe nébuleux (Clitocybe nebularis) Toxique (troubles digestifs) Hêtraies, pessières, de septembre à décembre ; résiste aux premières gelées Autrefois mangé ; entolome livide
Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) Toxique (troubles digestifs) Souches, presque toute l’année, aussi en hiver par temps doux Pholiote changeante, armillaire
Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) Toxique (gastro-entérite sévère) Pied des arbres et souches, dans le Midi, parfois en hiver Pleurotes, girolles
Scléroderme commun (Scleroderma citrinum) Toxique (troubles digestifs) À la surface du sol, jamais enterré Truffes
  • Tricholome équestre : longtemps vendu sur les marchés, il a provoqué entre 1992 et 2000, dans le Sud-Ouest, douze intoxications graves par rhabdomyolyse (destruction des muscles), dont trois mortelles, après des repas répétés. Sa vente et son importation sont interdites en France depuis 2005.
  • Hypholome en touffe : touffes serrées, chapeau jaune soufre à centre orangé, lames jaune verdâtre, chair très amère. Rien à voir avec la collybie à pied velouté, dont les lames sont crème et le pied velouté brun noir.

Les syndromes les plus graves ont des symptômes retardés : 6 à 24 heures pour le syndrome phalloïdien (galère marginée), avec une amélioration trompeuse avant l’atteinte du foie ; plusieurs jours pour le syndrome orellanien (cortinaires), dont l’atteinte des reins peut ne se révéler qu’après une à trois semaines. Des troubles qui surviennent plus de six heures après le repas sont un signal d’alarme : appelez le 15. Voir les champignons mortels, pholiote changeante ou galère marginée et que faire en cas d’intoxication.

Gel, neige, redoux : la météo de décembre

  • Gel durable : il met fin à la saison des chanterelles en tube et de la plupart des espèces du sol. Écartez les champignons gelés puis dégelés : ils se dégradent vite.
  • Premiers froids : ils favorisent le pied bleu. Le pied de mouton, à chair ferme, résiste mieux que les autres.
  • Refroidissement suivi d’un redoux humide : c’est le moment des pleurotes, dont les poussées suivent souvent un refroidissement ou de petites gelées. La collybie à pied velouté, elle, supporte le gel.
  • Neige : en montagne, elle clôt la saison. Cherchez plutôt en plaine.
  • Où chercher : les souches et troncs couchés de feuillus (hêtres, peupliers, saules) pour les espèces du bois ; la litière épaisse et les tas de feuilles pour le pied bleu ; les bois humides pour les pieds de mouton ; les pinèdes du littoral dans le Midi.

Cueillette et réglementation

  • Les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. En forêt publique, la cueillette familiale (jusqu’à 5 litres) est tolérée, sauf règle locale plus stricte ; en forêt privée, il faut l’accord du propriétaire. Pour la truffe, c’est un délit dès la première.
  • Des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent limiter les quantités : renseignez-vous en mairie. Détails dans quand ramasser des champignons.
  • La chasse reste ouverte une bonne partie de l’hiver : respectez les panneaux de battue et portez une couleur visible. Les journées sont courtes : partez tôt et prévenez un proche.
  • Cueillez le champignon entier, une espèce par compartiment, dans un panier. Au retour, réfrigérateur et consommation sous 48 heures. 150 à 200 g de champignons sauvages par adulte et par semaine au maximum (Anses).

Questions fréquentes

Y a-t-il encore des champignons en décembre ?

Oui, moins nombreux : pieds de mouton, pieds bleus et chanterelles en tube tant qu’il ne gèle pas durablement, et, sur le bois mort, pleurotes, collybies à pied velouté et oreilles de Judas. C’est aussi le début de la saison de la truffe noire.

Quels champignons ramasser en novembre et décembre ?

Les espèces de fin d’automne : pied de mouton, pied bleu, chanterelle en tube, laccaire améthyste, pleurote en huître. En décembre s’y ajoutent la collybie à pied velouté et la truffe noire. Voir aussi notre guide de novembre.

Peut-on trouver des cèpes en décembre ?

Très rarement. La saison des cèpes se termine en général en novembre ; en décembre, cherchez plutôt les pieds de mouton, les pieds bleus et les espèces du bois mort.

Quand commence la saison de la truffe noire ?

Elle se récolte de novembre à mars, avec un pic en janvier et février. Elle appartient au propriétaire du terrain : sans autorisation, sa cueillette est un délit.

Quel champignon pousse en hiver sur les souches ?

Surtout le pleurote en huître et la collybie à pied velouté, deux comestibles. Mais l’hypholome en touffe, toxique, et la galère marginée, mortelle, poussent aussi sur le bois : vérifiez la couleur des lames et faites une sporée.

Peut-on manger des champignons qui ont gelé ?

Mieux vaut les laisser : gelés puis dégelés, ils deviennent mous et se dégradent vite. Ne ramassez que des exemplaires fermes et sains.

Que faire en cas de malaise après un repas de champignons ?

Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes semblent légers. Gardez les restes et les photos de la cueillette.

Les autres mois

← Quels champignons ramasser en novembre · en janvier → · le calendrier complet · identifier un champignon · les confusions à éviter

Sources

Quels champignons ramasser en juillet ?

Cèpes d’été à leur pic, girolles, amanites des Césars et premières coulemelles : les champignons de juillet après les orages, et les espèces toxiques et mortelles de l’été.

Quels champignons ramasser en juin ?

Premiers cèpes d’été, girolles, russules et truffe d’été : les champignons de juin, la météo qui les fait sortir et les espèces mortelles du début de l’été.

Quels champignons ramasser en mai ?

Mousseron de la Saint-Georges, dernières morilles, marasmes et premiers cèpes d’été : les champignons de mai, et les deux sosies dangereux du mois, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

Logo les champignons.fr

Amoureux des champignons, cueilleurs occasionnels, tout savoir sur les champignons pour les identifier, savoir lesquels sont comestibles ou dangereux.