Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
Vous avez des nausées, des vomissements, une diarrhée, des vertiges ou des troubles de la vue après avoir mangé des champignons ? Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes paraissent légers. Le délai entre le repas et les premiers symptômes est l’indice le plus important. Des troubles apparus moins de 6 heures après le repas relèvent le plus souvent d’une intoxication digestive d’évolution favorable. Des troubles qui débutent plus de 6 heures après doivent faire craindre une intoxication grave, par exemple par l’amanite phalloïde, qui détruit le foie. En France, les centres antipoison ont recensé 1 363 intoxications de juillet à décembre 2024, dont 41 graves et 3 décès, selon l’Anses.
⚠️ Urgence : que faire tout de suite
Appelez le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison et dites que vous avez mangé des champignons de cueillette. Notez l’heure du repas et l’heure des premiers symptômes. Gardez les restes (crus, cuits, épluchures) et les photos de la cueillette. Prévenez toutes les personnes qui ont partagé le repas, même si elles vont bien. Une amélioration après quelques heures ne signifie pas la guérison : dans l’intoxication phalloïdienne, une accalmie trompeuse précède l’atteinte du foie.

Sommaire
- Les chiffres en France
- Que faire en cas d’intoxication ?
- La règle des 6 heures
- Tableau de tous les syndromes
- Les intoxications les plus graves
- Les syndromes à latence courte
- Les autres syndromes
- Les espèces les plus souvent en cause
- Diarrhée après des champignons : intoxication ou indigestion ?
- Comment éviter une intoxication
- Questions fréquentes
Intoxications aux champignons : les chiffres en France
L’Anses publie chaque année le bilan des cas signalés aux centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre. Voici les chiffres de la saison 2024, publiés en 2025.
| Intoxications signalées | 1 363 (1 482 en 2023) |
|---|---|
| Cas graves | 41, soit 3,1 % des cas (23 en 2023) |
| Décès | 3, tous par syndrome phalloïdien (aucun en 2023) |
| Syndromes des cas graves | Phalloïdien 56 % · sudorien 20 % · orellanien 10 % · panthérinien, proximien, résinoïdien et indéterminés pour le reste |
| Mois le plus touché | Octobre (715 cas) |
| Origine des champignons | Cueillette 92,8 % · achat en magasin ou sur un marché 6,6 % · restaurant 0,6 % |
| Identification avant le repas | Aucune dans 72,7 % des cas ; quand elle a eu lieu : un proche 38,1 %, Internet 20,4 %, pharmacien 15 %, livre 15 %, application 12,2 %, association mycologique 8,2 % |
| Enfants de moins de 10 ans | 55 cas (4,3 %), le plus jeune âgé de 20 mois |
| Symptômes | Digestifs 93,6 % · neurologiques 18,1 % · généraux 17,3 % · cutanés 9,7 % · cardiovasculaires 7 % |
Sur une période plus longue, Santé publique France a dénombré 10 625 cas de 2010 à 2017, dont 239 graves et 22 décès. Les décès étaient dus au syndrome phalloïdien (15) et au syndrome sudorien (7).
Que faire en cas d’intoxication aux champignons ?
- Appelez sans attendre le 15 (ou le 112) en cas de malaise, de vomissements importants, de troubles de la conscience ou de la vue. Pour un avis, contactez un centre antipoison : ils répondent 24 h/24 et leurs coordonnées figurent sur centres-antipoison.net.
- Précisez qu’il s’agit de champignons : de cueillette, achetés ou servis au restaurant, crus ou cuits, en quelle quantité, lors d’un ou de plusieurs repas.
- Notez les heures : heure du ou des derniers repas de champignons, heure des premiers symptômes. Ce délai oriente vers le bon syndrome.
- Conservez tout ce qui reste : champignons crus, restes du plat, épluchures, et les photos prises avant la cuisson. Un mycologue pourra identifier l’espèce.
- Contactez les autres convives, même sans symptômes : ils doivent aussi être évalués.
- Ne prenez aucun remède ni médicament de votre propre initiative. Le traitement dépend du syndrome : l’atropine, par exemple, soigne le syndrome sudorien mais est contre-indiquée dans le syndrome panthérinien.
- Ne vous fiez pas à une amélioration. Dans le syndrome phalloïdien, les troubles digestifs s’atténuent souvent au bout d’un jour, alors que les lésions du foie progressent.
La règle des 6 heures : pourquoi le délai compte
Les toxicologues classent les intoxications selon la latence, le temps écoulé entre le repas et les premiers symptômes.
- Latence courte (moins de 6 heures) : le pronostic est le plus souvent favorable. Il s’agit surtout de troubles digestifs (syndrome résinoïdien), mais aussi de syndromes neurologiques ou cardiovasculaires qui peuvent être graves (sudorien, panthérinien, paxillien).
- Latence longue (plus de 6 heures) : l’intoxication est potentiellement grave. Les toxines ont eu le temps d’atteindre le foie (syndrome phalloïdien, gyromitrien), les reins (orellanien, proximien) ou les muscles (rhabdomyolyse).
Attention aux repas mixtes : si plusieurs espèces ont été mangées ensemble, des troubles digestifs précoces peuvent masquer une intoxication phalloïdienne débutant plus tard. En cas de doute, c’est le médecin ou le centre antipoison qui tranche.
Tableau des syndromes d’intoxication par les champignons
| Syndrome | Principales espèces | Délai d’apparition | Symptômes | Gravité |
|---|---|---|---|---|
| Latence longue (plus de 6 heures) | ||||
| Phalloïdien | Amanite phalloïde, amanite printanière, amanite vireuse, petites lépiotes, galère marginée | 6 à 24 h (12 h en moyenne) | Diarrhée profuse, vomissements, déshydratation, puis accalmie trompeuse, puis hépatite (atteinte du foie), maximale du 3e au 5e jour | Mortel sans traitement ; 1re cause de décès |
| Orellanien | Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus), cortinaire très joli (C. rubellus) | 12 h à 20 jours | Troubles digestifs inconstants, soif intense, brûlures de la bouche, puis insuffisance rénale | Grave ; insuffisance rénale parfois définitive (dialyse, greffe) |
| Gyromitrien | Gyromitre (fausse morille, Gyromitra esculenta) | 6 à 12 h (parfois dès 2 h) | Fatigue, vertiges, maux de tête, vomissements, douleurs abdominales ; formes graves : convulsions, atteinte du foie, destruction des globules rouges | Potentiellement mortel |
| Rhabdomyolyse | Tricholome équestre (Tricholoma equestre) et espèces voisines | 24 à 72 h | Fatigue et douleurs musculaires (jambes, hanches, épaules), sueurs sans fièvre, peu de troubles digestifs ; destruction des muscles | Grave, décès décrits |
| Proximien | Amanita proxima, confondue avec l’amanite ovoïde | 8 à 14 h ; atteinte rénale 1 à 4 jours après | Nausées, vomissements, douleurs abdominales, puis insuffisance rénale aiguë | Sérieux, évolution généralement favorable |
| Acromélalgien | Paralepistopsis amoenolens (ex-Clitocybe amoenolens) | 24 h (jusqu’à 7 jours) | Douleurs brûlantes des mains et des pieds, rougeur, gonflement, calmées par le froid, pendant des semaines | Non mortel mais très invalidant |
| Latence courte (moins de 6 heures) | ||||
| Résinoïdien (gastro-intestinal) | Agaric jaunissant, entolome livide, lépiote vénéneuse, bolet Satan, clitocybe de l’olivier ; champignons comestibles crus ou mal cuits | 15 min à 3 h | Nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée parfois sanglante, déshydratation | Favorable le plus souvent ; attention aux enfants et aux personnes âgées |
| Sudorien (muscarinien) | Clitocybes blancs (Clitocybe dealbata…), inocybes | 15 min à 2 h | Sueurs abondantes, salivation, larmoiement, pupilles serrées, ralentissement du cœur, chute de tension, diarrhée | Peut être mortel ; antidote : atropine |
| Panthérinien (mycoatropinien) | Amanite panthère, amanite tue-mouche, amanite royale | 30 min à 3 h | Ivresse, agitation, confusion, hallucinations, pupilles dilatées, accélération du cœur, puis sommeil profond ; convulsions possibles | Sérieux ; évolution fatale possible |
| Paxillien | Paxille enroulé | 1 à 2 h | Troubles digestifs puis destruction massive des globules rouges (hémolyse), collapsus, atteinte rénale ; réaction immuno-allergique après des repas répétés | Potentiellement mortel |
| Hémolytique | Amanite rougissante et bolet à pied rouge crus ou mal cuits | Moins de 6 h | Maux de tête, douleurs lombaires, chute de tension, hémolyse | Favorable ; évité par une cuisson suffisante |
| Coprinien (antabuse) | Coprin noir d’encre (Coprinopsis atramentaria) | 30 min à 2 h après la prise d’alcool | Rougeur du visage et du cou, maux de tête, palpitations, malaise ; seulement si de l’alcool est bu dans les jours qui entourent le repas | Rarement grave |
| Neurologique des morilles | Morilles (Morchella) en grande quantité, crues ou insuffisamment cuites | Environ 12 h pour les troubles neurologiques (troubles digestifs vers 5 h) | Tremblements, vertiges, troubles de l’équilibre, troubles de la vue, parfois troubles digestifs | Régression en 1 à 2 jours |
| Psilocybien (narcotinien) | Psilocybes (Psilocybe semilanceata…), certains conocybes | 20 à 30 min | Hallucinations visuelles et auditives, distorsion du temps, anxiété, accélération du cœur | Généralement favorable |
| Syndromes rares ou liés à des consommations répétées | ||||
| Syndrome de Szechwan | Oreille de Judas (Auricularia), en consommation répétée | Variable | Saignements des gencives, petites taches hémorragiques sur la peau (troubles de la coagulation) | Modérée |
| Dermatite du shiitake | Shiitake (Lentinula edodes) cru ou mal cuit | 12 h à 15 jours | Éruption de plaques rouges qui démangent, en traînées linéaires | Bénigne |
| Encéphalopathies | Hapalopilus rutilans (polypore) ; Pleurocybella porrigens | 6 à 8 h, ou 1 à 3 semaines | Troubles de l’équilibre et de la coordination, somnolence, urines violettes (Hapalopilus) ; convulsions (Pleurocybella) | Variable ; forme convulsivante grave |
Délais et espèces d’après les centres antipoison (Anses, ARS Normandie, Santé publique France). Un même champignon peut provoquer des effets plus marqués chez l’enfant, la personne âgée ou la personne malade.
Les intoxications les plus graves
Le syndrome phalloïdien : la première cause de décès
Il est dû aux amanitines, des toxines qui résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. L’évolution se fait en quatre temps : aucun symptôme pendant 6 à 24 heures ; puis une gastro-entérite violente avec diarrhée et vomissements qui déshydratent ; puis une rémission apparente de 12 à 24 heures pendant laquelle le foie continue d’être détruit ; enfin une hépatite, maximale du 3e au 5e jour. Sans traitement, le décès peut survenir entre le 6e et le 10e jour. À l’hôpital, la prise en charge associe réhydratation, dosage des amanitines dans les urines, médicaments protecteurs du foie (silibinine, N-acétylcystéine) et, dans les cas les plus sévères, greffe du foie.
Les espèces en cause : l’amanite phalloïde, les amanites blanches (printanière, vireuse), plusieurs petites lépiotes et la galère marginée, une petite espèce brune qui pousse sur le bois et ressemble à la souchette. En 2024, l’un des trois décès concernait une cueillette de supposées « souchettes », probablement des galères marginées.
Le syndrome orellanien : une atteinte rénale très retardée
L’orellanine des cortinaires attaque les reins. Les premiers signes peuvent n’apparaître qu’après plusieurs jours, voire jusqu’à 20 jours : à ce stade, le lien avec le repas de champignons est souvent oublié. Soif intense, brûlures de la bouche et baisse des urines doivent alerter. L’insuffisance rénale peut devenir chronique et imposer des dialyses ou une greffe. En 2024, trois personnes ont gardé une insuffisance rénale chronique après un syndrome orellanien ; deux étaient toujours sous dialyse, en attente de greffe.
Le syndrome gyromitrien : la fausse morille
La gyromitre ressemble à une morille, mais son chapeau forme une masse cérébriforme, en « cervelle », plus sombre. Sa toxine, la gyromitrine, se transforme dans l’organisme en monométhylhydrazine. Ni la cuisson ni le séchage ne la rendent sûre. La gyromitre est interdite à la vente en France.
La rhabdomyolyse du tricholome équestre
Longtemps réputé comestible, le tricholome équestre a provoqué 12 cas de destruction musculaire aiguë, dont 3 mortels, dans le sud-ouest de la France entre 1992 et 2000. Les troubles surviennent après la consommation de grandes quantités, lors de plusieurs repas rapprochés. Sa vente et son importation sont interdites en France depuis 2005.
Les syndromes à latence courte
Le syndrome résinoïdien : le plus fréquent
C’est la « gastro » des champignons : nausées, vomissements, crampes abdominales et diarrhée, de 15 minutes à 3 heures après le repas. Le risque principal est la déshydratation, surtout chez l’enfant et la personne âgée. Les espèces les plus souvent en cause en France sont l’agaric jaunissant, l’entolome livide, la lépiote vénéneuse, le bolet Satan et les clitocybes de l’olivier, confondus avec des girolles. Des champignons comestibles crus, mal cuits ou avariés donnent les mêmes symptômes.
Le syndrome sudorien (muscarinien)
La muscarine des petits clitocybes blancs et de nombreux inocybes provoque, dans les deux heures, une transpiration abondante, de la salivation, des larmes, un myosis (pupilles en tête d’épingle), un ralentissement du cœur et une chute de tension. Il existe un antidote, l’atropine, administré par les médecins. Ce syndrome, souvent pris à la légère, a causé 7 décès en France entre 2010 et 2017.
Le syndrome panthérinien
L’acide iboténique et le muscimol de l’amanite panthère et de l’amanite tue-mouche agissent sur le cerveau : sensation d’ivresse, agitation, confusion, hallucinations, parfois convulsions, puis sommeil profond. L’atropine est ici contre-indiquée. L’amanite panthère est souvent confondue avec l’amanite rougissante ou l’amanite épaisse.
Le syndrome paxillien
Le paxille enroulé a longtemps été mangé. On sait aujourd’hui qu’il peut déclencher, souvent après plusieurs repas sans problème, une réaction immunitaire qui détruit les globules rouges. Le mycologue allemand Julius Schäffer est mort après en avoir mangé. Aucune cuisson ne le rend sûr : il ne doit jamais être consommé.
Le syndrome coprinien (effet antabuse)
Le coprin noir d’encre contient de la coprine, qui bloque l’élimination de l’alcool. Si vous buvez de l’alcool dans les jours qui entourent le repas, vous ressentez rougeur du visage, bouffées de chaleur, palpitations et malaise. Sans alcool, ce champignon ne provoque pas ces troubles. Les médecins recommandent d’éviter l’alcool plusieurs jours après un tel repas.
Les autres syndromes à connaître
Le syndrome neurologique des morilles
Les morilles sont comestibles mais toxiques crues. Le centre antipoison de Grenoble a analysé près de 200 cas signalés de 1975 à 2007 : des troubles neurologiques (tremblements, vertiges, troubles de l’équilibre et de la vue) apparaissaient après une grande consommation, souvent de morilles mal cuites. Les troubles régressent en un à deux jours. Faites-les toujours bien cuire et consommez-en des quantités raisonnables.
Le syndrome proximien
Amanita proxima, une amanite blanche présente en France, en Italie et en Espagne, ressemble à l’amanite ovoïde. Elle provoque des troubles digestifs 8 à 14 heures après le repas, puis, 1 à 4 jours plus tard, une insuffisance rénale aiguë, qui évolue le plus souvent favorablement.
Le syndrome acromélalgien
Il a été décrit en Europe en 1996, lorsque cinq personnes d’une vallée alpine de Savoie ont mangé des champignons pris pour des clitocybes inversés. L’espèce, Paralepistopsis amoenolens, provoque pendant des semaines des crises de douleurs brûlantes des mains et des pieds, soulagées par le froid.
Les espèces les plus souvent en cause
Quand un mycologue a pu identifier les champignons (202 repas en 2024), les espèces toxiques les plus fréquentes étaient :
| Espèce toxique | Part des cas identifiés | Confusion habituelle |
|---|---|---|
| Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) | 19,3 % | Agaric champêtre (rosé des prés) |
| Entolome livide (Entoloma sinuatum) | 14,8 % | Clitocybe nébuleux, meunier, tricholomes |
| Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) | 12,5 % | Coulemelle |
| Amanite phalloïde (Amanita phalloides) | 9,1 % | Coulemelle, agarics, russules vertes |
| Bolet Satan (Rubroboletus satanas) | 6,8 % | Cèpes et bolets comestibles |
| Faux clitocybe lumineux et clitocybe de l’olivier (Omphalotus) | Présents dans environ 6,4 % des repas identifiés | Girolles |
L’Anses constate aussi que 43,6 % des repas examinés par un mycologue contenaient au moins une espèce toxique, alors que les cueilleurs pensaient ramasser des champignons comestibles. Pour aller plus loin : les champignons toxiques et les champignons mortels.
Diarrhée après des champignons : intoxication ou indigestion ?
Une diarrhée ou des vomissements après un plat de champignons n’ont pas toujours une espèce toxique pour origine. Les champignons sont peu digestes, et plusieurs situations donnent les mêmes symptômes :
- Cuisson insuffisante : en 2024, plus de sept repas sur dix (72,1 %) avaient été cuits moins de 20 minutes, et 9,2 % avaient été mangés crus.
- Champignons abîmés : transportés dans un sac plastique (28,9 % des cas), conservés trop longtemps ou mangés trop vieux, ils se dégradent comme toute denrée périssable.
- Quantité excessive : l’Anses recommande de ne pas dépasser 150 à 200 g de champignons sauvages par adulte et par semaine.
Mais il est impossible de faire la différence seul. Seul le délai, les espèces consommées et l’avis d’un médecin permettent de trancher. Appelez un centre antipoison, surtout si les troubles ont commencé plus de 6 heures après le repas, s’ils sont intenses ou s’ils touchent plusieurs convives.
Comment éviter une intoxication aux champignons ?
Les recommandations de l’Anses :
- Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Certaines espèces mortelles ressemblent beaucoup à des comestibles.
- En cas de doute, faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association de mycologie (voir comment faire contrôler ses champignons en pharmacie). Ne vous fiez pas aux applications de reconnaissance.
- Cueillez le champignon entier, pied et base compris : la volve ou le bulbe sont souvent décisifs.
- Séparez les espèces dans un panier ou une caisse, jamais dans un sac plastique.
- Photographiez votre cueillette avant la cuisson : en cas d’intoxication, la photo aide à identifier l’espèce.
- Conservez-les au réfrigérateur et mangez-les dans les deux jours.
- Cuisez-les suffisamment, 20 à 30 minutes, et ne les consommez jamais crus.
- N’en donnez pas aux jeunes enfants.
- Évitez les zones polluées : bords de route, sites industriels, décharges.
Voir aussi : les champignons comestibles, quand ramasser des champignons et comment bien nettoyer vos champignons.
Questions fréquentes sur les intoxications aux champignons
Combien de temps après avoir mangé des champignons apparaissent les symptômes ?
De 15 minutes à plusieurs jours selon l’espèce. Les troubles digestifs bénins apparaissent en général en moins de 3 heures. Le syndrome phalloïdien débute après 6 à 24 heures, le syndrome orellanien parfois jusqu’à 20 jours après le repas.
Quels sont les premiers symptômes d’une intoxication aux champignons ?
Dans plus de 9 cas sur 10, ce sont des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales. Selon le syndrome s’y ajoutent sueurs, vertiges, tremblements, troubles de la vue, agitation ou hallucinations.
Que faire en cas d’intoxication aux champignons ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison, notez l’heure du repas et des premiers symptômes, gardez les restes et les photos de la cueillette, et prévenez tous les convives.
Peut-on mourir d’une intoxication aux champignons ?
Oui. En France, on compte de 0 à 5 décès par an. La plupart sont dus au syndrome phalloïdien (amanite phalloïde, petites lépiotes, galère marginée), certains au syndrome sudorien.
Une diarrhée après des champignons est-elle grave ?
Souvent non, si elle commence dans les 3 heures et reste modérée. Elle devient inquiétante si elle débute plus de 6 heures après le repas, si elle est très abondante ou si elle s’accompagne d’autres signes. Dans tous les cas, demandez l’avis d’un centre antipoison.
Peut-on s’intoxiquer avec des champignons de Paris ou du commerce ?
C’est rare mais possible : 6,6 % des intoxications de 2024 concernaient des champignons achetés. Il s’agit le plus souvent de champignons mal conservés, mangés crus ou en trop grande quantité, ou d’espèces sauvages mal triées.
Qu’est-ce que le syndrome muscarinien (sudorien) ?
C’est une intoxication par la muscarine des clitocybes blancs et des inocybes : sueurs, salivation, larmoiement, pupilles serrées et pouls lent, dans les 2 heures. Elle se soigne par l’atropine, mais peut être mortelle sans prise en charge.
Qu’est-ce que le syndrome antabuse des champignons ?
C’est une réaction entre l’alcool et la coprine du coprin noir d’encre : rougeur du visage, palpitations et malaise, si de l’alcool est bu dans les jours qui entourent le repas.
Qu’est-ce que le syndrome orellanien ?
Une intoxication par les cortinaires qui détruit les reins, avec un délai très long (jusqu’à 20 jours). Elle peut laisser une insuffisance rénale définitive.
Qu’est-ce que le syndrome résinoïdien ?
C’est l’intoxication digestive la plus fréquente : vomissements, diarrhée et crampes dans les 3 heures, causés notamment par l’agaric jaunissant, l’entolome livide, la lépiote vénéneuse ou le bolet Satan.
Les enfants sont-ils plus à risque ?
Oui : leur faible poids rend les toxines plus dangereuses et la déshydratation plus rapide. L’Anses recommande de ne pas leur donner de champignons de cueillette. Si un jeune enfant a porté un champignon à la bouche, appelez un centre antipoison. Voir aussi les champignons de la pelouse et du jardin.
Mon chien ou mon chat a mangé un champignon : que faire ?
Appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, même si l’animal va bien, et gardez le champignon. Voir champignons et chiens (ou chats) : dangers, symptômes, que faire.
Pages liées
- Les champignons mortels · Les champignons toxiques · Les champignons comestibles
- Les amanites · Les lépiotes · Tous les champignons
Sources
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons en France, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine, bilan 2023 (2024).
- Anses, Cueillette des champignons : attention aux intoxications.
- Santé publique France, Surveillance nationale des intoxications alimentaires par des champignons, 2010-2017, BEH n° 33 (2019).
- ARS Normandie et centres antipoison, Prise en charge des intoxications par les champignons (2017).
- Centres antipoison et de toxicovigilance.
- SRLF, Intoxication par les champignons sauvages, Médecine intensive réanimation, vol. 26 n° 5 (délais des syndromes).
- Enviscope, Gare aux morilles ! (données du centre antipoison de Grenoble, 1975-2007).
- Wikipédia : Tricholoma equestre, Gyromitra esculenta, Paxillus involutus.
- Mycopedia, Acromelalga-Syndrom.