Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
L’amanite vireuse (Amanita virosa) est mortelle : elle contient les mêmes toxines que l’amanite phalloïde et un seul exemplaire peut tuer un adulte. Entièrement blanche, elle se reconnaît à son chapeau conique ou en cloche, souvent asymétrique, qui ne s’étale jamais complètement, à ses lames blanches, à son pied élancé couvert de mèches laineuses, à son anneau fragile, souvent déchiré ou oblique, et à sa volve blanche en sac, cachée dans la terre. Elle pousse surtout sous les conifères et les bouleaux, sur sol acide, de l’été à la fin de l’automne.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.
⚠️ Urgence
Les premiers symptômes (vomissements, diarrhée, douleurs abdominales) n’apparaissent qu’6 à 24 heures après le repas. Ils peuvent ensuite s’atténuer alors que le foie continue d’être détruit. Au moindre trouble survenu après un repas de champignons sauvages, appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, même si vous vous sentez mieux. Gardez les restes et les épluchures.
Sommaire

Carte d’identité de l’amanite vireuse
| Nom scientifique | Amanita virosa Bertill. (1866) ; ancien nom : Agaricus virosus Fr. (1838) |
|---|---|
| Noms courants | Amanite vireuse, ange de la mort |
| Famille | Amanitacées |
| Comestibilité | MORTELLE |
| Syndrome | Syndrome phalloïdien (atteinte du foie, puis des reins), latence de 6 à 24 heures |
| Saison | De juin à novembre, surtout de la fin de l’été à l’automne |
| Milieu | Forêts de conifères (épicéas, sapins) et bois de bouleaux, parfois sous hêtres ; terrains humides |
| Sol | Acide (par exemple granitique) |
| Mode de vie | Mycorhizien : associée aux racines des arbres |
| Fréquence | Localisée : surtout dans les régions à sol acide et en montagne |
| Taille | Chapeau de 5 à 10 cm (jusqu’à 12 cm) ; pied de 10 à 15 cm de haut, 1 à 2 cm d’épaisseur |
| Sporée | Blanche |

Comment reconnaître l’amanite vireuse ?
L’amanite vireuse possède tous les caractères du genre amanite : lames blanches et libres, anneau, volve à la base du pied et sporée blanche. Sa particularité : elle est blanche de la tête au pied. Cette couleur, qui évoque un champignon de Paris, la rend faussement engageante. Cueillez-la entière pour l’identifier : son anneau et sa volve sont fragiles et restent souvent dans le sol ou se déchirent.
Le chapeau
Il mesure 5 à 10 cm, rarement 12 cm. D’abord conique, il devient en cloche puis convexe, avec parfois un léger mamelon, mais ne s’étale jamais complètement à plat. Il est souvent asymétrique, comme bossu d’un côté. Il est blanc pur, parfois ivoire ou légèrement jaunâtre au centre sur les vieux exemplaires. Sa surface est lisse, un peu visqueuse par temps humide, et sa marge n’est pas striée.
Les lames
Blanches (parfois blanc crème), serrées et libres. Leur arête est finement floconneuse. Elles restent blanches à tout âge : elles ne deviennent jamais roses ni brunes.
Le pied
Blanc, élancé, haut de 10 à 15 cm, souvent plus long que le diamètre du chapeau. Sous l’anneau, il est couvert de mèches laineuses ou pelucheuses, qui lui donnent un aspect hérissé. Il devient vite creux et se casse facilement à la cueillette. Sa base forme un bulbe.
L’anneau et la volve
L’anneau est blanc, membraneux, très fragile : il est souvent oblique, déchiré en lambeaux ou même absent. Ne comptez pas sur lui.
La volve est un sac blanc membraneux qui enveloppe le bulbe. Elle est fragile et généralement enterrée : il faut dégager la base du pied avec précaution pour la voir. Un champignon blanc coupé au ras du sol a perdu son critère le plus important.
La chair
Blanche, mince. Presque sans odeur chez le jeune, elle dégage ensuite une odeur désagréable, dite « vireuse », comparée à celle de la rose pourrie ou du radis. Au contact de la potasse (un réactif utilisé par les mycologues), le chapeau et la chair jaunissent vivement (jaune à orangé). Ce test ne remplace pas l’examen par un spécialiste.
Les critères décisifs en 30 secondes
| À vérifier | Amanite vireuse | Ce qu’il faut en conclure |
|---|---|---|
| Couleur générale | Entièrement blanche | Champignon blanc à lames blanches : danger maximal |
| Base du pied (déterrée) | Volve blanche en sac | Volve en sac = amanite : rejetez |
| Lames | Blanches, libres, à tout âge | Des lames roses ou brunes indiquent un agaric, mais ne décidez jamais seul |
| Chapeau | Conique à en cloche, souvent asymétrique, jamais tout à fait plat | Un chapeau plat n’exclut pas une autre amanite blanche mortelle |
| Pied | Élancé, pelucheux sous l’anneau | Critère d’appoint |
| Anneau | Fragile, oblique, souvent déchiré | Son absence n’exclut rien |
Règle d’or : ne consommez jamais un champignon blanc à lames blanches, qu’il ait un anneau ou non.
L’amanite vireuse est-elle comestible ? Toxicité et symptômes
Non, l’amanite vireuse est mortelle. Comme l’amanite phalloïde, elle contient des amatoxines (amanitines), qui bloquent la fabrication des protéines dans les cellules du foie et des reins. Ces toxines résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. La consommation d’un seul chapeau peut être fatale.
Les symptômes de l’amanite vireuse : le syndrome phalloïdien
| Phase | Délai après le repas | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| 1. Latence | 6 à 24 heures (médiane : 12 h) | Aucun symptôme. Les toxines sont déjà absorbées. |
| 2. Phase digestive | Pendant 12 à 24 heures environ | Diarrhée abondante, vomissements, douleurs abdominales, sueurs. Risque de déshydratation grave. |
| 3. Rémission trompeuse | Vers le 2e jour, pendant 12 à 24 heures ou plus | Le malade se sent mieux, mais le foie est en train d’être détruit. |
| 4. Atteinte du foie et des reins | À partir du 2e au 4e jour | Hépatite aiguë, jaunisse, hémorragies, insuffisance rénale, confusion puis coma. |
Sans traitement, le décès survient en général 6 à 16 jours après le repas. Retenez le repère des 6 heures : des troubles apparus 6 heures ou plus après un repas de champignons doivent faire suspecter un syndrome phalloïdien et conduire à l’hôpital. Selon l’Anses, ce syndrome est à l’origine des 3 décès par champignons recensés en France au second semestre 2024.
Amanite vireuse : les confusions dangereuses
Le piège principal : la prendre pour un « champignon de Paris » sauvage. Le bilan 2024 de l’Anses cite ainsi des « champignons blancs » ramassés qui étaient en réalité des amanites phalloïdes.
| Espèce | Danger | Ce qui la distingue de l’amanite vireuse |
|---|---|---|
| Agaric anisé des bois (Agaricus sylvicola) | Comestible | Lames gris rosé puis brun chocolat, jamais blanc pur à maturité · pas de volve (bulbe nu) · odeur d’anis · chapeau qui jaunit au frottement |
| Rosé des prés (Agaricus campestris) | Comestible | Lames roses puis brunes · pas de volve · anneau mince · pousse dans les prés, pas en forêt de conifères |
| Amanite printanière (Amanita verna) | Mortelle | Chapeau vite étalé, presque plat · pied lisse · pousse au printemps et au début de l’été, surtout dans le Midi sous chênes et châtaigniers. Les deux espèces sont à rejeter. |
| Amanite phalloïde blanche (forme alba) | Mortelle | Chapeau étalé, non conique · pied lisse ou chiné · plutôt sous feuillus. À rejeter également. |
| Amanite citrine blanche (variété alba) | Non comestible | Chapeau couvert de plaques blanchâtres · gros bulbe à rebord net, sans sac membraneux · forte odeur de rave ou de pomme de terre crue |
| Lépiote pudique (Leucoagaricus leucothites) | Déconseillée | Entièrement blanche elle aussi, mais pas de volve (simple base renflée) · anneau étroit coulissant · lames qui deviennent crème rosâtre · pelouses et prés |
| Volvaire gluante (Volvopluteus gloiocephalus) | Sans intérêt, à éviter | A une volve mais pas d’anneau · lames roses à maturité · chapeau blanc grisâtre visqueux · pousse dans les champs cultivés et les tas de déchets verts |
| Vesses-de-loup (jeunes « œufs » d’amanite) | Comestibles jeunes | Coupée en deux de haut en bas, la vesse-de-loup est homogène. Le jeune œuf d’amanite montre en coupe la silhouette d’un champignon. |
Comparatif détaillé : Rosé des prés ou amanite ? Comment les différencier
La règle de sécurité à retenir
Les amanites blanches mortelles se ressemblent trop pour qu’un amateur les distingue : rejetez toute amanite blanche. Ne cueillez que des agarics aux lames nettement roses ou brunes, dont la base est dégagée et sans volve, et faites-les contrôler. Rejetez les exemplaires encore fermés, dont on ne voit pas les lames.
Où et quand pousse l’amanite vireuse ?
Le milieu
L’amanite vireuse vit en association avec les arbres. Elle affectionne les forêts de conifères (épicéas, sapins) et les bois de bouleaux, parfois les hêtraies, sur sol acide et plutôt humide. On la rencontre surtout en montagne et sur les terrains granitiques, comme dans le Morvan.
Le calendrier
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| – | – | – | – | – | rare | ● | ●● | ●●● | ●● | ● | – |
Elle apparaît après les pluies de l’été et de l’automne, en même temps que de nombreuses espèces recherchées en forêt de montagne. Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre.
Que faire en cas d’ingestion ?
- Appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, dès que vous soupçonnez avoir mangé un champignon blanc douteux, même sans symptôme.
- N’attendez pas les symptômes et ne vous fiez pas à une amélioration : elle ne signifie pas la guérison.
- Ne faites pas vomir la personne et ne lui donnez aucun remède « maison ».
- Gardez tout : restes du plat, épluchures, champignons crus restants, photos de la cueillette.
- Prévenez tous les convives, même s’ils vont bien.
À l’hôpital, le traitement associe réhydratation, médicaments protecteurs du foie (silibinine notamment) et, dans les formes graves, greffe de foie. Il n’existe pas d’antidote spécifique. Pour en savoir plus : intoxication aux champignons.
Le saviez-vous ?
- Un nom qui prévient : virosa vient du latin virosus, « vénéneux, fétide ». En français, « vireux » qualifie une odeur nauséabonde, typique des plantes et champignons toxiques.
- Des anges de la mort sur d’autres continents : les grandes amanites blanches mortelles d’Amérique du Nord, longtemps appelées elles aussi « amanites vireuses » (notamment au Québec), appartiennent en réalité à des espèces voisines, comme Amanita bisporigera ou Amanita amerivirosa.
- Une contamination par contact : des fragments d’amanite mortelle mélangés dans un panier peuvent rendre dangereux d’autres champignons. Gardez toujours les espèces douteuses à part.
Questions fréquentes sur l’amanite vireuse
L’amanite vireuse est-elle comestible ?
Non. Elle est mortelle, même cuite, et un seul exemplaire peut tuer un adulte.
Quels sont les symptômes de l’amanite vireuse ?
Ce sont ceux du syndrome phalloïdien : rien pendant 6 à 24 heures, puis diarrhée violente, vomissements et douleurs abdominales. Une amélioration trompeuse suit, avant l’atteinte grave du foie et des reins. Appelez le 15 dès le premier symptôme.
Comment différencier l’amanite vireuse d’un champignon de Paris sauvage ?
Les agarics (rosé des prés, agaric des bois) ont des lames roses puis brunes et aucune volve. L’amanite vireuse garde des lames blanches et porte une volve en sac à la base du pied. Dans le doute, rejetez.
Comment la distinguer de l’amanite printanière ?
L’amanite vireuse a un chapeau conique, souvent asymétrique, un pied pelucheux et pousse de l’été à l’automne, surtout sous conifères. L’amanite printanière a un chapeau vite étalé, un pied lisse et pousse au printemps et au début de l’été. Les deux sont mortelles.
À quoi ressemble une jeune amanite vireuse ?
À un petit œuf blanc à demi enterré, qu’on peut prendre pour une vesse-de-loup. Coupé en deux, l’œuf montre la silhouette du futur champignon.
Où pousse l’amanite vireuse en France ?
Surtout sous les épicéas, les sapins et les bouleaux, sur sol acide et humide, notamment en montagne.
Pourquoi l’appelle-t-on « ange de la mort » ?
En raison de sa blancheur immaculée et de sa toxicité mortelle. Le surnom désigne aussi d’autres amanites blanches mortelles dans le monde.
L’amanite vireuse du Québec est-elle la même espèce ?
Non : les amanites blanches mortelles nord-américaines sont des espèces voisines (Amanita bisporigera, Amanita amerivirosa), tout aussi dangereuses.
Qu’est-ce qu’une volve en sac ?
C’est l’enveloppe membraneuse qui entourait le jeune champignon et qui reste autour de la base du pied, comme un sac ou un coquetier. Elle signe les amanites dangereuses et se trouve souvent sous terre.
Espèces proches
- Toutes les amanites
- Amanite phalloïde · Amanite printanière · Amanite citrine
- Les champignons mortels · Intoxication aux champignons
Sources
- Université Lyon 1, Amanita virosa.
- Patrimoine du Morvan, Amanite vireuse.
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- ARS Normandie, Prise en charge des intoxications par les champignons.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Amanite vireuse et Amanita virosa, Wikipédia.