Agaric champêtre

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Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

L’agaric champêtre (Agaricus campestris), plus connu sous le nom de rosé des prés, est un excellent comestible, cousin sauvage du champignon de Paris. Il pousse en groupes dans les prairies pâturées, surtout de septembre à novembre. Mais c’est aussi l’un des champignons les plus souvent confondus : selon l’Anses, les cueilleurs de « rosés des prés » rapportent régulièrement l’agaric jaunissant, l’espèce toxique la plus souvent identifiée dans les intoxications en France, et une erreur avec une amanite blanche peut être mortelle. Quatre critères doivent être réunis : des lames rose vif puis brun chocolat, jamais blanches, une chair qui ne jaunit pas, une odeur agréable de champignon et un pied aminci à la base, sans bulbe ni volve.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Infographie rosé des prés : chapeau blanc soyeux, lames rose vif puis brun chocolat, anneau mince, pied aminci sans bulbe ni volve, chair qui ne jaunit pas
Le rosé des prés en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité de l’agaric champêtre

Nom scientifique Agaricus campestris L. (1753) ; anciennement Psalliota campestris
Noms courants Rosé des prés (ou rosé-des-prés), agaric champêtre, psalliote champêtre ; « souris-rose » au XIXe siècle
Famille Agaricacées (genre agarics)
Comestibilité Excellent comestible, bien cuit
Saison Surtout de septembre à novembre ; dès l’été après de fortes pluies, rarement au printemps
Milieu Prairies rases, pâtures à bovins ou à chevaux, pelouses ; rarement en forêt
Mode de vie Saprophyte : il se nourrit de la matière organique du sol, sans association avec un arbre
Fréquence Commun, mais en recul là où les prairies pâturées disparaissent
Taille Chapeau de 4 à 10 cm (jusqu’à 12 cm) ; pied de 3 à 10 cm de haut sur 1 à 2 cm
Sporée Brun foncé (brun chocolat)
Agaric champêtre ou rosé des prés (Agaricus campestris) : chapeau blanc et lames roses
Agaric champêtre ou rosé des prés (Agaricus campestris)

Comment reconnaître le rosé des prés ?

Le rosé des prés a les caractères de tous les agarics : des lames libres (elles ne touchent pas le pied) qui passent du rose au brun, une sporée brun foncé, un anneau et aucune volve. Au sein du genre, il se distingue par sa petite taille, son anneau à peine visible, son pied en fuseau et sa chair qui ne jaunit pas.

Le chapeau

De 4 à 10 cm, rarement 12. D’abord hémisphérique, il devient convexe puis presque plat. Sa surface est blanche à beige pâle, soyeuse, parfois couverte de fines mèches blanchâtres à fauves, et grisonne un peu avec l’âge. La marge, épaisse, reste longtemps enroulée et déborde légèrement des lames. Il ne se tache jamais de jaune vif au frottement.

Les lames

C’est le critère majeur. Serrées et libres, elles sont rose vif dès le jeune âge, même quand le chapeau est encore fermé, puis brun rougeâtre et enfin brun chocolat foncé à maturité. Elles ne sont jamais blanches. Un champignon blanc des prés à lames blanches n’est pas un rosé des prés.

Le pied

Court (3 à 10 cm), blanc, plein et ferme, aminci vers la base (en fuseau). Il ne porte ni bulbe, ni volve. Déterrez-le toujours entièrement pour le vérifier.

L’anneau

Mince, simple et fugace : il se réduit souvent à une trace membraneuse sur le pied, ou disparaît avec l’âge. Un anneau large, épais et persistant doit faire penser à une autre espèce, notamment l’agaric jaunissant.

La chair

Blanche, ferme et épaisse. À la coupe, elle ne jaunit pas ; elle peut rosir légèrement. Son odeur est agréable, de « bon champignon », et sa saveur douce. Une odeur d’encre, d’iode ou de phénol, ou une odeur de farine, signale une autre espèce.

Les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Rosé des prés Si ce n’est pas le cas…
Couleur des lames Rose vif (jeune) puis brun chocolat Lames blanches : amanite possible, mortelle. Lames jaunâtres puis rose saumon : entolome livide, toxique
Base du pied (déterrée) Amincie, sans bulbe, sans volve Volve en sac : amanite. Bulbe : agaric jaunissant possible
Chair grattée à la base du pied Reste blanche ou rosit à peine Jaune de chrome vif : agaric jaunissant, toxique
Odeur Agréable, de champignon Encre, iode, phénol : agaric jaunissant. Farine : entolome
Anneau Mince, fugace Anneau large et persistant : autre agaric, vérifiez odeur et jaunissement

Un seul critère manquant suffit à rejeter le champignon.

Le rosé des prés est-il comestible ?

Oui, c’est un excellent comestible, au goût proche de celui du champignon de Paris, en plus parfumé. Il se prête à toutes les préparations : poêlée, sauce, omelette, farce.

  • Toujours cuit. On le voit parfois servi cru en salade, mais l’Anses déconseille de consommer des champignons sauvages crus et recommande une cuisson de 20 à 30 minutes à la poêle.
  • Avec modération : 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum, selon l’Anses. Les agarics sauvages accumulent facilement des métaux lourds comme le cadmium et le plomb.
  • Jamais aux jeunes enfants.
  • Pas en bord de route, ni sur les pelouses traitées (pesticides, désherbants) ou près de sites pollués.
  • Exemplaires jeunes et fermes uniquement : les vieux rosés aux lames noirâtres, mous ou véreux, se dégradent vite.

Les intoxications « au rosé des prés » sont en réalité des erreurs d’identification, le plus souvent avec l’agaric jaunissant.

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Rosé des prés : les confusions dangereuses

Espèce Danger Ce qui la distingue du rosé des prés
Amanites blanches : phalloïde (forme blanche), vireuse, printanière Mortelles Lames blanches qui le restent toute leur vie · volve en sac à la base du pied, souvent enterrée · anneau en jupe · sporée blanche · poussent près des arbres (lisières, prés bordés de haies ou de bois). Un jeune champignon blanc encore fermé dont vous ne voyez pas les lames roses doit être rejeté.
Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) Toxique (gastro-entérite) Base du pied qui devient jaune de chrome au grattage · odeur d’encre ou de phénol · petit bulbe · anneau large et persistant · chapeau jeune anguleux, en tronc de cône · mêmes prés, mêmes pelouses
Entolome livide (Entoloma sinuatum) Toxique (gastro-entérite sévère) Aucun anneau · lames jaune beurre jeunes, puis rose saumon, jamais brun chocolat · lames échancrées près du pied · chapeau gris clair à beige · odeur de farine · lisières et bois clairs de feuillus. C’est la deuxième espèce toxique la plus identifiée par l’Anses (14,8 %).
Petits clitocybes blancs des pelouses Toxiques Lames blanches, descendant sur le pied · pas d’anneau · sporée blanche · poussent eux aussi en ronds dans l’herbe
Agaric anisé des bois (Agaricus silvicola) Comestible Odeur d’anis · jaunit au toucher · anneau ample et pendant · pousse en forêt
Agaric des jachères (Agaricus arvensis) Comestible Plus grand (chapeau jusqu’à 20 cm) · odeur d’anis · jaunit lentement · anneau double en « roue dentée » · lames d’abord grisâtres

Comparatif détaillé : Rosé des prés ou amanite ? Comment les différencier · Rosé des prés ou agaric jaunissant ? Comment les différencier

La règle de sécurité à retenir

Lames nettement roses ou brunes + pied aminci sans volve + chair qui ne jaunit pas + odeur de champignon. Ne cueillez que des exemplaires dont vous voyez les lames roses. Déterrez chaque pied, grattez sa base et sentez-la, un par un : un seul agaric jaunissant suffit à rendre malade toute la tablée. Ne mélangez jamais les rosés des prés avec d’autres champignons blancs dans le panier.

Où et quand trouver des rosés des prés ?

Le bon milieu

Le rosé des prés est un champignon des prairies rases, surtout celles pâturées par les vaches ou les chevaux. On le trouve aussi dans les pelouses, les prés de fauche et les bords de chemins herbeux, rarement en forêt. Il pousse en groupes, parfois en ronds de sorcière ou isolé sur une pelouse. Présent dans toute la France, il se raréfie là où les prairies pâturées reculent. Méfiance redoublée en bordure de bois, de haies ou d’arbres isolés : c’est là que peuvent pousser les amanites mortelles, qui vivent associées aux arbres.

Le bon moment

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
– – – rare rare rare ● ● ●●● ●●● ●● –

Les poussées suivent les pluies de la fin de l’été et de l’automne, quand le sol reste humide et doux. Le rosé des prés sort alors en même temps que l’agaric jaunissant : la vigilance doit être maximale en septembre et octobre. Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre, en octobre et le calendrier complet.

Cueillette, nettoyage et conservation

  • Cueillez le champignon entier en le déterrant délicatement, pour voir la base du pied. Ne le coupez jamais au ras du sol.
  • Vérifiez chaque exemplaire : couleur des lames, base du pied grattée, odeur. Photographiez votre cueillette avant cuisson.
  • Transportez-les dans un panier, séparés des autres espèces, jamais dans un sac plastique.
  • Nettoyage : coupez la base terreuse, brossez le chapeau. Le rosé des prés ramasse souvent du sable dans ses lames : un rinçage rapide à l’eau froide, suivi d’un séchage sur un linge, est possible juste avant la cuisson. Voir comment bien nettoyer vos champignons.
  • Au réfrigérateur : 24 heures, 48 heures au maximum, dans un papier ou un torchon. Il s’abîme plus vite que le champignon de Paris.
  • Congélation : faites-le d’abord revenir, laissez refroidir, puis congelez.
  • Séchage : possible en lamelles fines à basse température (40 à 50 °C), mais il perd une partie de sa texture ; mieux vaut le cuisiner frais.

Comment cuisiner le rosé des prés ? Nos recettes

Le rosé des prés rend un peu d’eau à la cuisson : laissez-la s’évaporer avant d’ajouter la matière grasse finale, et respectez toujours une cuisson complète.

Recette détaillée : Rosés des prés farcis, la recette pas à pas

Poêlée de rosés des prés à l’ail et au persil (pour 4 personnes)

Préparation : 10 min · Cuisson : 25 min

  • 600 g de rosés des prés, 2 gousses d’ail, 1 bouquet de persil plat, 30 g de beurre, 1 cuillère à soupe d’huile, sel, poivre
  1. Coupez les champignons en quartiers. Faites-les cuire 10 minutes à feu moyen dans une poêle sèche, jusqu’à évaporation de leur eau.
  2. Ajoutez l’huile et le beurre, puis poursuivez la cuisson 12 minutes en remuant, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.
  3. Ajoutez l’ail et le persil hachés, faites revenir 3 minutes, salez, poivrez et servez aussitôt.

Rosés des prés farcis (pour 4 personnes)

Préparation : 20 min · Cuisson : 30 min

  • 12 grands chapeaux de rosés des prés, 1 échalote, 100 g de chair à saucisse (ou 80 g de fromage frais pour une version végétarienne), 2 cuillères à soupe de chapelure, persil, huile d’olive, sel, poivre
  1. Retirez les pieds et hachez-les finement avec l’échalote. Faites revenir ce hachis 10 minutes à la poêle.
  2. Mélangez-le avec la chair à saucisse (ou le fromage frais), le persil, le sel et le poivre.
  3. Garnissez les chapeaux, saupoudrez de chapelure et arrosez d’un filet d’huile.
  4. Enfournez 20 minutes à 200 °C, jusqu’à ce que la farce soit cuite à cœur et les chapeaux fondants.

Velouté de rosés des prés (pour 4 personnes)

Préparation : 15 min · Cuisson : 35 min

  • 500 g de rosés des prés, 1 oignon, 1 pomme de terre, 80 cl de bouillon de légumes, 10 cl de crème, 20 g de beurre, muscade, sel, poivre
  1. Faites fondre l’oignon émincé dans le beurre 5 minutes. Ajoutez les champignons émincés et faites-les revenir 10 minutes.
  2. Ajoutez la pomme de terre en dés et le bouillon. Laissez mijoter 20 minutes.
  3. Mixez, ajoutez la crème, une pointe de muscade, salez, poivrez. Servez chaud.

Le saviez-vous ?

  • Un nom de plein champ : campestris signifie en latin « des champs ». L’espèce a été décrite par Linné en 1753, puis classée par Lucien Quélet dans le genre Psalliota en 1872, d’où le nom de psalliote champêtre.
  • Il ne se cultive pas : contrairement à son cousin le champignon de Paris (Agaricus bisporus), le rosé des prés n’est pas cultivé commercialement. Il mûrit trop vite et se conserve mal.
  • Victime de la fin du cheval : les prés blanchis de rosés à perte de vue, fréquents à l’époque où les chevaux de trait pâturaient partout, sont devenus rares.
  • Le piège n° 1 des intoxications : selon l’Anses, les « rosés des prés » rapportés à la maison se révèlent régulièrement être des agarics jaunissants, l’espèce toxique la plus souvent identifiée en France (19,3 % au second semestre 2024).
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Questions fréquentes sur le rosé des prés

L’agaric champêtre est-il comestible ?

Oui, c’est un excellent comestible, à condition d’être certain de l’identification et de le consommer bien cuit (20 à 30 minutes).

Quelle est la différence entre agaric champêtre et rosé des prés ?

Aucune : ce sont deux noms du même champignon, Agaricus campestris, aussi appelé psalliote champêtre.

Comment différencier le rosé des prés de l’agaric jaunissant ?

Grattez la base du pied : elle reste blanche chez le rosé des prés et devient jaune vif chez l’agaric jaunissant. Sentez-la : odeur de champignon d’un côté, d’encre ou de phénol de l’autre. L’agaric jaunissant a aussi un petit bulbe et un anneau large.

Peut-on confondre le rosé des prés avec une amanite mortelle ?

Oui, surtout avec un jeune exemplaire fermé. Les amanites mortelles ont des lames blanches, qui le restent, et une volve à la base du pied. Les lames d’un agaric ne sont jamais blanches à maturité : rejetez tout champignon blanc à lames blanches.

Existe-t-il un rosé des prés toxique ?

Non, le rosé des prés lui-même n’est pas toxique. Les intoxications viennent des espèces confondues avec lui, surtout l’agaric jaunissant, ou d’exemplaires cueillis sur des terrains pollués.

Peut-on manger le rosé des prés cru ?

Non. Même s’il est parfois servi cru, l’Anses recommande de ne jamais consommer de champignons sauvages crus et de les cuire 20 à 30 minutes.

Quand ramasser les rosés des prés ?

Surtout de septembre à novembre, après les pluies. Des poussées ont lieu dès la fin de l’été, et plus rarement au printemps.

Où pousse le rosé des prés ?

Dans les prairies rases, surtout pâturées par les vaches ou les chevaux, et dans les pelouses. Il pousse rarement en forêt.

Le rosé des prés et le champignon de Paris sont-ils de la même famille ?

Oui, ils appartiennent au même genre, Agaricus. Le champignon de Paris est Agaricus bisporus, une espèce cultivée.

Combien de temps se conserve un rosé des prés ?

24 à 48 heures au réfrigérateur, dans un papier. Au-delà, cuisinez-le puis congelez-le.

Espèces proches

Sources

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