Lépiotes

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Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

Les lépiotes sont des champignons à lames blanches et libres, à sporée blanche, avec un anneau et sans volve. Le nom regroupe des espèces aux comestibilités opposées : la coulemelle est un excellent comestible, la lépiote vénéneuse est toxique et plusieurs petites lépiotes sont mortelles. La règle de base est simple : toute lépiote dont le chapeau mesure moins de 10 cm est à rejeter, et une grande lépiote ne se consomme qu’après vérification de tous ses critères.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Planche des lépiotes : lames blanches libres, anneau, pas de volve, sporée blanche ; coulemelle, lépiote déguenillée et petite lépiote mortelle
Les lépiotes (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Qu’est-ce qu’une lépiote ?

« Lépiote » est un nom français courant, pas un seul genre scientifique. Il désigne des champignons de la famille des Agaricacées répartis aujourd’hui en plusieurs genres :

  • Macrolepiota : les grandes lépiotes à chair non rougissante, comme la coulemelle (Macrolepiota procera) ;
  • Chlorophyllum : les grandes lépiotes à chair qui rougit, comme la lépiote déguenillée (C. rhacodes) et la lépiote vénéneuse (C. brunneum), longtemps classées parmi les Macrolepiota ;
  • Lepiota : les petites lépiotes, dont plusieurs sont mortelles ;
  • d’autres genres voisins : Leucoagaricus (lépiote pudique), Leucocoprinus, Echinoderma, Cystolepiota.

Le mot vient du grec lepion, « petite écaille », pour les squames qui couvrent le chapeau comme les tuiles d’un toit.

Comment reconnaître une lépiote ?

Les lépiotes partagent un ensemble de caractères. Aucun ne suffit seul : c’est leur réunion qui oriente vers ce groupe.

  • Lames blanches (parfois crème), libres : elles ne touchent pas le pied.
  • Sporée blanche (verdâtre seulement chez la lépiote de Morgan).
  • Un anneau, souvent coulissant comme une bague chez les grandes espèces ; fragile, réduit à une zone floconneuse ou disparu chez les petites.
  • Pas de volve : la base du pied est nue, droite ou renflée en bulbe, mais jamais enveloppée d’un sac membraneux.
  • Un chapeau couvert de squames ou de mèches, souvent avec un mamelon ou un disque central brun et lisse.
  • Un pied qui se sépare facilement du chapeau, sans le déchirer.

Grandes et petites lépiotes : la règle des 10 cm

Les mycologues distinguent deux groupes pratiques :

  • Les grandes lépiotes (chapeau de plus de 10 cm à maturité) : coulemelle, lépiote déguenillée, lépiote vénéneuse. Certaines sont comestibles, mais la lépiote vénéneuse est toxique.
  • Les petites lépiotes (chapeau de moins de 10 cm, souvent 2 à 6 cm) : toutes à rejeter, plusieurs mortelles.

Un jeune exemplaire de grande lépiote peut mesurer moins de 10 cm. C’est pourquoi on ne cueille jamais de « petite coulemelle ».

Lépiotes comestibles, toxiques et mortelles

Les petites lépiotes mortelles

Plusieurs Lepiota contiennent des amatoxines, les mêmes toxines que l’amanite phalloïde. Elles provoquent un syndrome phalloïdien : aucun symptôme pendant 6 à 24 heures, puis des troubles digestifs violents et une atteinte du foie et des reins qui peut être mortelle. Selon l’Anses, ce syndrome a causé les 3 décès par champignons recensés en France entre juillet et décembre 2024.

La lépiote vénéneuse, fausse coulemelle

La lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) est la 3e espèce toxique la plus souvent identifiée dans les intoxications analysées par l’Anses (12,5 % au second semestre 2024). Elle provoque des troubles digestifs 30 minutes à 3 heures après le repas. Le même rapport cite des cueilleurs qui pensaient ramasser des « coulemelles » et ont rapporté de la lépiote des jardins, mais aussi de l’amanite phalloïde.

Les lépiotes comestibles

La coulemelle est la lépiote la plus recherchée. La lépiote déguenillée est comestible mais parfois mal tolérée et trop proche de la lépiote vénéneuse pour un débutant. Toutes deux se consomment bien cuites (20 à 30 minutes), en quantité modérée (150 à 200 g par adulte et par semaine selon l’Anses), et jamais par de jeunes enfants.

Les lépiotes présentées sur notre site

Espèce Nom scientifique Comestibilité Critères clés
Coulemelle Macrolepiota procera Excellent comestible (bien cuit) Chapeau de 10 à 30 cm · pied chiné · anneau double coulissant · chair qui ne rougit pas · prairies, lisières
Lépiote déguenillée Chlorophyllum rhacodes Comestible, parfois mal tolérée Mèches retroussées · pied lisse · chair qui rougit · anneau double coulissant · bulbe sans rebord · conifères
Lépiote vénéneuse Chlorophyllum brunneum Toxique Pied lisse · chair qui rougit · anneau simple, épais, coulissant · bulbe à rebord net · composts, jardins
Petites lépiotes Lepiota spp. Toxiques à mortelles Chapeau de moins de 10 cm · petites squames · pied fin · anneau fragile
Lépiote pudique Leucoagaricus leucothites Discutée : déconseillée Entièrement blanche, lisse, sans squames · lames crème puis rosâtres · anneau coulissant · pas de volve · pelouses, prés · confusion avec les amanites blanches mortelles
Lépiote brun-incarnat (brun-rose) Lepiota brunneoincarnata Mortelle Chapeau de moins de 10 cm, crème rosé à squamules brun vineux · pied court, clair en haut, écailleux de brun en bas · zone annulaire brune · parcs, jardins, haies
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Autres lépiotes notables en France

Espèce Comestibilité À retenir
Lépiote mamelonnée (Macrolepiota mastoidea) Comestible Grande lépiote au mamelon très prononcé, à fines squames brunes sur fond blanc crème ; pied finement strié ou pointillé de brun clair ; prairies et bordures de bois
Lépiote pudique (Leucoagaricus leucothites) Comestible selon les sources, mais déconseillée Entièrement blanche et lisse, lames crème puis rose grisâtre ; pelouses et prés. Se confond avec les amanites blanches mortelles : l’absence de volve, à vérifier en déterrant le pied, est le critère clé
Lépiote de Morgan (Chlorophyllum molybdites) Toxique Lames qui verdissent à maturité, sporée verdâtre ; espèce tropicale, rare en Europe (serres)
Lépiote brun-rose (Lepiota brunneoincarnata) Mortelle Petit chapeau crème rosé à squamules brun vineux ; parcs, jardins, haies, bois clairs
Lépiote brun-lilas (Lepiota brunneolilacea) Mortelle Très proche de la lépiote brun-rose
Lépiote helvéolée (Lepiota helveola) Mortelle Chapeau de 1,5 à 3 cm à calotte brun rouge brique ; prés maigres, climat méditerranéen
Lépiote de Josserand (Lepiota subincarnata) Mortelle Chapeau rose vineux pâle, odeur de mandarine ; haies, jardins
Lépiote châtaine (Lepiota castanea) Mortelle Chapeau de 2 à 4 cm à squames brun châtain ; bords de chemins, talus
Lépiote crêtée (Lepiota cristata) Toxique Petit chapeau blanc à écailles brunes, odeur désagréable de caoutchouc ; très commune

Ces espèces sont détaillées sur la page petites lépiotes pour les Lepiota mortelles.

Lépiote, amanite ou agaric : les confusions entre genres

Genre Ce qui le distingue des lépiotes Danger
Amanites Volve à la base du pied (sac membraneux, bourrelets ou flocons) · anneau généralement fixe, en jupe Amanite phalloïde et amanites blanches mortelles
Agarics (rosé des prés…) Lames roses puis brun chocolat, jamais blanches à maturité · sporée brune Agaric jaunissant toxique
Marasmes (marasme des oréades) Pas d’anneau · lames espacées · pied très souple, qu’on peut tordre sans le casser Confusion possible avec les petites lépiotes des prés, mortelles

La règle de sécurité à retenir

Déterrez toujours la base du pied pour vérifier l’absence de volve, rejetez toute lépiote de moins de 10 cm, et rejetez toute grande lépiote dont la chair rougit si vous n’êtes pas un cueilleur expérimenté. Ne cueillez jamais de grande lépiote encore fermée : à ce stade, elle ressemble à une jeune amanite.

Saison et milieux des lépiotes

La plupart des lépiotes poussent de l’été à la fin de l’automne ; la coulemelle abonde en septembre et octobre.

  • Prairies, lisières, clairières : coulemelle, lépiote mamelonnée, lépiote pudique.
  • Sous les conifères : lépiote déguenillée.
  • Composts, fumiers, jardins : lépiote vénéneuse.
  • Pelouses, parcs, haies, bords de chemins : petites lépiotes, dont les espèces mortelles.

Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre, en octobre et le calendrier complet.

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Questions fréquentes sur les lépiotes

Quelles lépiotes sont comestibles ?

La coulemelle est la plus sûre et la plus recherchée. La lépiote déguenillée et la lépiote mamelonnée sont aussi comestibles, mais la première est parfois mal tolérée. Aucune petite lépiote n’est comestible.

Quelles lépiotes sont mortelles ?

Des petites lépiotes du genre Lepiota : lépiote brun-rose, brun-lilas, helvéolée, de Josserand, châtaine, entre autres. Elles contiennent des amatoxines, comme l’amanite phalloïde.

Comment reconnaître une lépiote toxique ?

Une petite taille (moins de 10 cm) suffit à la rejeter. Pour les grandes lépiotes, un pied lisse, une chair qui rougit et un bulbe à rebord net indiquent la lépiote vénéneuse. La coulemelle, elle, a un pied chiné et une chair qui ne rougit pas.

Qu’est-ce que la lépiote pudique ?

Une lépiote entièrement blanche des pelouses (Leucoagaricus leucothites). Elle est considérée comme comestible, mais elle se confond avec les amanites blanches mortelles. Nous la déconseillons.

Une lépiote blanche est-elle dangereuse ?

Un champignon blanc à lames blanches et anneau peut être une amanite mortelle. Vérifiez l’absence de volve et faites-le contrôler. Dans le doute, rejetez-le.

Qu’est-ce que la lépiote mamelonnée ?

Une grande lépiote comestible (Macrolepiota mastoidea), proche de la coulemelle, reconnaissable à son mamelon très marqué. Elle pousse dans les prairies et en bordure de bois.

Quelle différence entre lépiote et coulemelle ?

La coulemelle est une lépiote : c’est le nom courant de la lépiote élevée (Macrolepiota procera). Toutes les lépiotes ne sont pas des coulemelles.

Les lépiotes ont-elles une volve ?

Non. Un champignon à lames blanches avec une volve à la base du pied est une amanite, potentiellement mortelle.

Que faire en cas de doute après un repas ?

Appelez le 15 ou un centre antipoison. Des symptômes qui débutent 6 heures ou plus après le repas doivent faire suspecter une intoxication grave. Voir intoxication aux champignons.

Voir aussi

Sources

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