Mise à jour le 26 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources
Le tricholome équestre (Tricholoma equestre), appelé aussi bidaou, canari ou chevalier, n’est pas comestible : il est considéré comme toxique en France depuis 2001. Longtemps apprécié, il a provoqué entre 1992 et 2000 douze intoxications graves dans le Sud-Ouest, dont trois mortelles, par destruction des muscles (rhabdomyolyse). Sa vente et son importation sont interdites en France depuis 2005. On le reconnaît à son chapeau jaune à centre brun olivâtre, souvent couvert de sable, à ses lames jaune soufre, à son pied jaune sans anneau ni volve et à son habitat, les pinèdes sur sol sableux, en fin d’automne. Ne le consommez pas.
⚠️ Urgence
Les symptômes n’apparaissent pas pendant le repas : ils surviennent en général 24 à 72 heures après le dernier repas, parfois plus tard, après plusieurs repas successifs de ce champignon. Une fatigue musculaire inhabituelle, des douleurs musculaires, des sueurs ou des urines foncées doivent faire appeler immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison. Gardez les restes du repas.
Sommaire

Carte d’identité du tricholome équestre
| Nom scientifique | Tricholoma equestre (L.) P. Kumm. |
|---|---|
| Synonymes | Agaricus equestris L., Tricholoma flavovirens (Pers.) S. Lundell ; Tricholoma auratum (Paulet) Gillet, forme trapue des pinèdes littorales, souvent rattachée à la même espèce |
| Noms courants | Tricholome équestre, chevalier, tricholome chevalier, canari, jaunet |
| Nom régional | Bidaou (gascon, Landes de Gascogne) |
| Famille | Tricholomatacées |
| Comestibilité | Toxique : ne pas consommer. Importation et mise sur le marché interdites en France |
| Syndrome | Rhabdomyolyse (destruction des muscles squelettiques), avec atteinte possible du cœur |
| Saison | De l’automne au début de l’hiver, surtout d’octobre à décembre |
| Milieu | Pinèdes surtout, parfois épicéas et feuillus |
| Sol | Acide, sableux, siliceux |
| Mode de vie | Mycorhizien : associé aux racines des arbres, surtout des pins |
| Fréquence | Localement commun dans les pinèdes sableuses, en groupes |
| Taille | Chapeau de 5 à 10 cm (parfois plus) ; pied de 4 à 10 cm |
| Sporée | Blanche |
Comment reconnaître le tricholome équestre ?
C’est un tricholome charnu, jaune dans toutes ses parties, lames comprises. Cette couleur des lames est le premier critère pour le distinguer des amanites jaunâtres, qui ont des lames blanches.
Le chapeau
Il mesure de 5 à 10 cm. D’abord hémisphérique, il devient convexe puis s’étale, parfois légèrement creusé. Sa surface est jaune à jaune olivâtre, plus sombre, brun olivâtre, au centre, où elle porte de petites squamules. Elle devient un peu visqueuse par temps humide et retient souvent du sable, de la terre et des débris.
Les lames
Serrées, inégales, échancrées près du pied, elles sont jaune citron puis jaune soufre. Elles ne sont jamais blanches.
Le pied
Robuste, plein, jaune comme le chapeau, fibrilleux, souvent un peu épaissi vers la base. Pas d’anneau, pas de volve. Il est souvent enfoncé dans le sable, que le champignon soulève en sortant de terre.
La chair
Assez épaisse, blanche, teintée de jaune sous la peau du chapeau et dans le pied. Son odeur est faible, un peu farineuse ou terreuse, et sa saveur douce : rien, au goût, n’alerte sur sa toxicité.
Les critères décisifs en 30 secondes
| À vérifier | Tricholome équestre | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Couleur des lames | Jaune soufre | Lames blanches sous un chapeau jaune-vert : pensez à une amanite, peut-être mortelle |
| Base du pied (déterrée) | Ni volve ni bulbe à rebord | Volve ou bulbe marginé : amanite |
| Anneau | Absent | Anneau en jupe : amanite |
| Odeur | Faible, farineuse ou terreuse | Forte odeur de gaz d’éclairage : tricholome soufré, toxique |
| Voile, sporée | Pas de cortine, sporée blanche | Cortine et sporée brun rouille : cortinaire |
| Milieu | Pinède sur sable, fin d’automne | — |
Quel que soit le résultat, aucun champignon jaune de ce groupe ne doit être consommé.
Le tricholome équestre est-il toxique ?
Oui. Il est officiellement considéré comme toxique en France depuis 2001, après la publication d’une série d’intoxications dans la revue médicale New England Journal of Medicine.
Les intoxications en France
Entre 1992 et 2000, douze cas de rhabdomyolyse aiguë ont été recensés dans le Sud-Ouest de la France chez des personnes ayant consommé ce champignon lors de plusieurs repas successifs, en grande quantité. Trois personnes sont mortes. L’agence française de sécurité sanitaire des aliments a relevé que les données toxicologiques étaient trop fragmentaires pour fixer une dose sans danger.
Le syndrome : la rhabdomyolyse
- Mécanisme : les cellules des muscles squelettiques se détruisent. La toxine responsable n’a pas été identifiée.
- Délai : les premiers signes apparaissent en général 24 à 72 heures après le dernier repas ; le centre antipoison de Lille indique une latence de 24 heures à 6 jours pour ce syndrome.
- Symptômes : fatigue musculaire anormale, faiblesse, douleurs musculaires surtout à la racine des membres (hanches, épaules), raideur, sueurs sans fièvre, urines foncées, rougeur du visage. Les troubles digestifs sont faibles ou absents.
- Complications : atteinte du muscle cardiaque (myocardite), gêne respiratoire, pouvant conduire au décès.
Une toxicité encore débattue… mais une règle claire
Certains chercheurs contestent le rôle exclusif de ce champignon. En 2018, une équipe polonaise a fait consommer à dix volontaires 300 g de tricholome équestre en un seul repas, sans effet indésirable, et souligne qu’aucun cas publié ne prouve formellement que ce champignon était en cause. Une revue de 2020 a toutefois relevé des élévations d’enzymes musculaires et déconseille sa récolte. Les cas français concernaient des repas répétés sur plusieurs jours, et la toxicité peut varier selon les personnes. La position des autorités françaises reste la même : ne le consommez pas.
Une vente interdite depuis 2005
- 16 juin 2004 : un arrêté suspend pour un an l’importation et la mise sur le marché du tricholome équestre, frais, réfrigéré ou transformé, et ordonne le retrait des produits.
- 19 septembre 2005 : le décret n° 2005-1184 interdit définitivement son importation et sa mise sur le marché en France.
Cette interdiction vise le commerce. Elle ne rend pas la cueillette illégale, mais la consommation reste fortement déconseillée.
Les confusions avec le tricholome équestre
Ici, le danger est double : le tricholome équestre est lui-même toxique, et un cueilleur qui cherche des « champignons jaunes » peut ramasser une amanite mortelle.
| Espèce | Danger | Ce qui la distingue du tricholome équestre |
|---|---|---|
| Amanite phalloïde (forme jaune-vert) | Mortelle | Lames blanches · anneau blanc en jupe · volve en sac à la base du pied · chapeau vert olive à jaunâtre |
| Amanite citrine | Non comestible | Lames blanches · anneau · bulbe à rebord · plaques blanchâtres sur le chapeau |
| Tricholome soufré (Tricholoma sulphureum) | Toxique | Plus grêle · chapeau sec · forte odeur de gaz d’éclairage |
| Tricholome jaune doré (Tricholoma auratum) | À traiter comme l’équestre | Plus grand et plus trapu, pinèdes du littoral atlantique ; souvent considéré comme la même espèce |
| Tricholoma sejunctum | Non comestible | Chapeau plus verdâtre à brun |
| Cortinaires jaunes | Toxiques à mortels selon les espèces | Cortine chez le jeune · lames qui deviennent brun rouille · sporée brun rouille |
La règle de sécurité à retenir
Ne consommez aucun tricholome jaune. Et devant tout champignon jaune ou verdâtre, déterrez la base du pied et regardez les lames : volve, anneau et lames blanches désignent une amanite, potentiellement mortelle.
Où et quand trouve-t-on le tricholome équestre ?
Le milieu
Il vit en association avec les pins, plus rarement avec les épicéas ou des feuillus, sur des sols acides, sableux et siliceux. Il pousse en groupes et soulève en sortant de petits monticules de sable. Il était particulièrement recherché dans les pinèdes des Landes de Gascogne.
La saison
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| – | – | – | – | – | – | – | – | ● | ●●● | ●●● | ●● |
Il fructifie de l’automne au début de l’hiver, surtout d’octobre à décembre.
Que faire en cas d’ingestion ?
- Appelez le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison dès l’apparition de douleurs ou d’une faiblesse musculaire, de sueurs ou d’urines foncées dans les jours qui suivent un repas de champignons jaunes.
- Signalez tous les repas de champignons des deux dernières semaines : l’intoxication survient après des repas répétés.
- Gardez les restes, les épluchures ou une photo de la récolte pour l’identification.
- N’attendez pas que les symptômes passent : la destruction musculaire se surveille par une prise de sang (enzymes musculaires) et peut atteindre les reins et le cœur. Le traitement repose sur la réhydratation et la surveillance à l’hôpital.
Plus d’informations : que faire en cas d’intoxication aux champignons.
Le saviez-vous ?
- Un champignon de chevalier : ses noms « équestre » et « chevalier » viendraient de ce qu’il était servi à la table des chevaliers.
- Du salmis à l’interdiction : dans les Landes, le bidaou se cuisinait en salmis et se vendait couramment, avant d’être retiré du commerce en 2004.
- Un débat scientifique toujours ouvert : la toxine responsable des rhabdomyolyses n’a jamais été isolée, et des chercheurs discutent encore le rôle exact de l’espèce. La prudence reste la règle.
Questions fréquentes sur le tricholome équestre
Le tricholome équestre est-il mortel ?
Il peut l’être : trois des douze personnes intoxiquées en France entre 1992 et 2000 sont décédées, après plusieurs repas successifs.
Pourquoi le tricholome équestre est-il interdit ?
Parce qu’il a provoqué des rhabdomyolyses graves et mortelles. Sa commercialisation a été suspendue en 2004, puis interdite par le décret n° 2005-1184 du 19 septembre 2005.
Qu’est-ce que le bidaou ?
C’est le nom gascon du tricholome équestre, très consommé autrefois dans les Landes de Gascogne.
Peut-on en manger un peu, une seule fois ?
Non. Aucune dose sans danger n’a pu être établie, et la sensibilité varie d’une personne à l’autre. Il ne doit pas être consommé.
Quels sont les symptômes d’une intoxication ?
Fatigue et douleurs musculaires, surtout à la racine des membres, faiblesse, sueurs, urines foncées, en général 24 à 72 heures après le dernier repas. Les troubles digestifs sont rares. Appelez le 15.
La cueillette est-elle interdite ?
Le décret interdit l’importation et la mise sur le marché, pas la cueillette. Mais sa consommation est fortement déconseillée par les autorités sanitaires.
Comment le distinguer d’une amanite phalloïde ?
Le tricholome équestre a des lames jaunes, ni anneau ni volve. L’amanite phalloïde a des lames blanches, un anneau et une volve en sac. Déterrez toujours la base du pied.
Le petit gris est-il dangereux comme le tricholome équestre ?
Non, dans l’état actuel des connaissances. Une étude de 2014 avait soulevé la question, mais des travaux de 2024 concluent qu’il est comestible. Voir la fiche du tricholome terreux.
La cuisson rend-elle le tricholome équestre comestible ?
Non. Les intoxications françaises sont survenues après des repas de champignons cuits.
Espèces proches
- Tous les tricholomes et pieds bleus
- Tricholome terreux (petit gris) · Tricholome de la Saint-Georges · Pied bleu
- Amanite phalloïde · Paxille enroulé, autre ancien « comestible » devenu toxique
- Les champignons toxiques · Les champignons mortels
Sources
- Tricholoma equestre, Wikipédia ; Tricholoma equestre, Wikipedia (en anglais).
- Bedry R. et al., Wild-Mushroom Intoxication as a Cause of Rhabdomyolysis, New England Journal of Medicine (2001).
- Arrêté du 16 juin 2004 portant suspension d’importation et de mise sur le marché du tricholome équestre, texte (FAOLEX) ; décret n° 2005-1184 du 19 septembre 2005, Légifrance.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Klimaszyk P., Rzymski P., The Yellow Knight Fights Back: Toxicological, Epidemiological, and Survey Studies Defend Edibility of Tricholoma equestre, Toxins (2018).