Amanite phalloïde ou russule verdoyante : comment les différencier ?

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Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

L’amanite phalloïde est mortelle ; la russule verdoyante (palomet) est un bon comestible, à consommer bien cuit. Toutes deux ont un chapeau verdâtre et des lames blanches. Le critère qui tranche se trouve à la base du pied : l’amanite porte une volve blanche en sac et un anneau, la russule n’a ni volve ni anneau. Déterrez chaque exemplaire et, au moindre doute, jetez-le.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

⚠️ Urgence

Les premiers symptômes d’une intoxication par l’amanite phalloïde (vomissements, diarrhée, douleurs abdominales) n’apparaissent qu’6 à 24 heures après le repas. Ils peuvent ensuite s’atténuer alors que le foie continue d’être détruit. Si vous pensez avoir mangé une « russule verte » mal identifiée, appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, même sans symptôme. Gardez les restes et les épluchures.

Amanite phalloïde ou russule verdoyante : comparaison — l'amanite mortelle a un chapeau lisse, un anneau blanc et une volve en sac ; la russule comestible a un chapeau craquelé, ni anneau ni volve
Amanite phalloïde ou russule verdoyante : les différences en un coup d’œil (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Le tableau comparatif

Critère Amanite phalloïde (Amanita phalloides) Russule verdoyante (Russula virescens)
Chapeau 5 à 15 cm ; vert olive à jaune verdâtre, parfois presque blanc ; lisse et soyeux, parcouru de fines fibrilles rayonnantes plus foncées ; marge non striée ; parfois une plaque blanche de voile 5 à 15 cm ; vert pâle à vert-bleu-gris ; mat et sec, craquelé en petites plaques vert-de-gris sur fond plus clair ; se creuse légèrement au centre
Lames Blanches, serrées, libres ; restent blanches Blanches à crème, fragiles, presque libres. Ce critère ne les distingue pas.
Pied Blanc, élancé (8 à 15 cm), souvent chiné de fines zébrures vert olive pâle, renflé en bulbe à la base Blanc, trapu (4 à 10 cm de haut, 1,5 à 4 cm d’épaisseur), cylindrique, sans bulbe ; parfois taché de roux à la base
Anneau Présent : blanc, pendant comme une jupe, strié dessus, fragile (peut disparaître) Absent
Volve / base Volve blanche en sac, ample, membraneuse, souvent enterrée Aucune volve : base simple, sans sac ni bourrelets
Chair Blanche, tendre, fibreuse : le pied se déchire en long ; ne change pas de couleur Blanche, ferme, grenue : le pied casse net comme de la craie ; pas de lait
Odeur Faible chez le jeune, puis de rose fanée Faible ; peut rappeler le fromage fort chez les vieux exemplaires
Sporée Blanche Blanche à crème pâle
Milieu Feuillus (chênes, châtaigniers, hêtres, charmes, noisetiers, bouleaux), plus rarement conifères ; aussi parcs et jardins Feuillus (chênes, hêtres, châtaigniers), sol plutôt acide, bords de chemins forestiers ; jamais sous conifères
Saison Juin à novembre, surtout de la fin de l’été à l’automne Juin à septembre, pic en plein été
Comestibilité MORTELLE, même cuite Bon comestible, toujours bien cuit
Syndrome Phalloïdien : latence de 6 à 24 h, atteinte du foie puis des reins Aucun (si l’identification est sûre)

Le critère qui ne trompe pas : la base du pied

Une russule n’a jamais de volve ni d’anneau. L’amanite phalloïde a les deux. Pour le vérifier, il faut déterrer le champignon entier, en glissant un couteau sous la base au lieu de couper le pied au ras du sol. La volve de l’amanite est un sac blanc qui enveloppe le bulbe, avec un bord libre et déchiré. Chez la russule verdoyante, la base du pied est simplement arrondie.

Ce critère a pourtant des limites, qu’il faut connaître :

  • La volve reste souvent dans le sol. Un champignon coupé au couteau, ou cassé à la cueillette, a perdu la preuve. Tout champignon vert trouvé sans sa base doit être rejeté.
  • L’anneau de l’amanite est fragile. Il peut tomber sur les vieux exemplaires ou après la pluie. Son absence ne prouve donc rien : seule compte l’absence de volve, vérifiée sur la base intacte.
  • Les jeunes amanites sortent d’un « œuf » blanc. Avant l’ouverture, on ne voit ni lames, ni anneau : ne cueillez jamais un champignon vert encore fermé.
  • Chaque exemplaire compte. Vérifiez la base de tous les champignons d’un groupe, pas seulement du premier.

Deux indices d’appoint confirment, sans jamais remplacer la base : le chapeau craquelé en plaques de la russule et la chair cassante de son pied. Si l’un d’eux manque, rejetez le champignon.

Organe par organe, sur le terrain

Le chapeau

Regardez la texture plutôt que la couleur. La russule verdoyante a un revêtement mat, fissuré en petites plaques anguleuses plus sombres, qui lui donne un aspect « moisi » ou de mosaïque. L’amanite phalloïde a un chapeau lisse, soyeux par temps sec et un peu visqueux par temps humide, marqué de fines fibres rayonnantes comme des vergetures. La couleur, elle, varie trop chez les deux espèces pour servir de critère.

Le dessous

Les deux ont des lames blanches et libres. C’est précisément ce qui rend la confusion dangereuse : ne vous fiez jamais aux lames pour séparer ces deux espèces. Retenez seulement qu’une russule verte aux lames blanches n’est pas un signe rassurant en soi.

Le pied et la base

Le pied de la russule est court, épais, blanc et droit, sans bulbe. Celui de l’amanite est plus élancé, souvent chiné de vert pâle, porte un anneau en jupe sous le chapeau et s’élargit en bulbe enveloppé par la volve.

La chair

Cassez un morceau de pied : la chair de la russule se brise net, comme une craie, car elle est faite de cellules arrondies. Celle de l’amanite se déchire en fibres. Ne goûtez jamais un champignon pour l’identifier, même pour recracher.

Les photos côte à côte

Amanite phalloïde (champignon vert mortel) : chapeau vert olive lisse à fibrilles rayonnantes, lames blanches, anneau blanc pendant, volve blanche en sac à la base
Amanite phalloïde : chapeau lisse, anneau blanc et volve en sac (illustration vérifiée par la rédaction)
Russule verdoyante (russule verte comestible, palomet) : chapeau vert craquelé en plaques, lames blanches, pied blanc sans anneau ni volve
Russule verdoyante : chapeau craquelé, ni anneau ni volve (illustration vérifiée par la rédaction)

Les autres sosies à connaître

Espèce Danger Différence essentielle
Russule charbonnière Comestible Chapeau violet, vert et gris mêlés · lames souples qui plient sans casser · ni anneau ni volve. L’Anses cite des intoxications phalloïdiennes chez des cueilleurs qui pensaient ramasser cette espèce.
Russules vert-de-gris et croûteuse Non mortelles Chapeau lisse (vert-de-gris) ou craquelé mais visqueux (croûteuse) · ni anneau ni volve
Tricholome équestre Dangereux Lames jaune soufre · ni anneau ni volve · sous les pins, sur sol sableux
Amanite citrine Non comestible Chapeau jaune pâle à plaques blanchâtres · gros bulbe à rebord net · odeur de pomme de terre crue
Vesses-de-loup (face aux « œufs » d’amanite) Comestibles jeunes Coupée en deux, la vesse-de-loup est homogène ; l’œuf d’amanite montre la silhouette d’un champignon. Voir vesse-de-loup ou amanite ?

En cas de doute ou d’ingestion

Selon le bilan de l’Anses pour juillet à décembre 2024, les centres antipoison ont recensé 1 363 intoxications par des champignons, dont 3 décès, tous dus au syndrome phalloïdien. L’amanite phalloïde représentait 9,1 % des espèces toxiques identifiées, et octobre était le mois le plus touché. Les recommandations de l’Anses :

  • Cueillez uniquement ce que vous connaissez parfaitement, champignon entier, et transportez-le dans un panier, jamais dans un sac plastique. Séparez les espèces.
  • Photographiez votre cueillette avant cuisson : la photo aidera les médecins en cas de problème.
  • Faites contrôler votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique. Ne vous fiez pas aux applications de reconnaissance.
  • Jamais cru : cuisson suffisante, de 20 à 30 minutes à la poêle ; 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum ; jamais aux jeunes enfants.

En cas de troubles après un repas de champignons, ou de doute sur une russule verte déjà consommée : appelez le 15 ou un centre antipoison sans attendre les symptômes. Ne faites pas vomir, gardez un exemplaire cru, les restes et les épluchures, et prévenez tous les convives. Plus d’informations : intoxication aux champignons.

Questions fréquentes

La russule verdoyante est-elle comestible ?

Oui, c’est un bon comestible, souvent jugé comme la meilleure des russules. Elle doit être bien cuite et identifiée avec certitude, sur la base du pied intacte.

Comment ne pas confondre une russule verte avec l’amanite phalloïde ?

Déterrez la base : une volve en sac ou un anneau signent une amanite. Vérifiez ensuite que le chapeau est mat et craquelé en plaques et que le pied casse net comme de la craie. Un seul critère manquant suffit à rejeter le champignon.

Les lames blanches permettent-elles de les distinguer ?

Non. Les deux espèces ont des lames blanches et presque libres. C’est l’un des pièges les plus dangereux.

Existe-t-il des russules mortelles ?

Aucune russule européenne n’est réputée mortelle. En France, les décès attribués à des « russules » sont des erreurs d’identification avec l’amanite phalloïde.

Un champignon vert peut-il être comestible ?

Oui, plusieurs russules vertes le sont. Mais tout champignon vert à lames blanches doit d’abord faire penser à l’amanite phalloïde, jusqu’à preuve du contraire sur la base du pied.

La peau du chapeau qui se pèle est-elle un bon test ?

Non. La peau de l’amanite phalloïde se pèle facilement, comme celle de la russule. Ce test ne prouve rien.

Qu’est-ce que le palomet ?

C’est un nom courant de la russule verdoyante, comme « bise verte ».

À quelle période le risque de confusion est-il le plus élevé ?

En été et au début de l’automne, quand les deux espèces poussent en même temps sous les chênes, les hêtres et les châtaigniers.

Pour aller plus loin

Sources

Quels champignons ramasser en juillet ?

Cèpes d’été à leur pic, girolles, amanites des Césars et premières coulemelles : les champignons de juillet après les orages, et les espèces toxiques et mortelles de l’été.

Quels champignons ramasser en juin ?

Premiers cèpes d’été, girolles, russules et truffe d’été : les champignons de juin, la météo qui les fait sortir et les espèces mortelles du début de l’été.

Quels champignons ramasser en mai ?

Mousseron de la Saint-Georges, dernières morilles, marasmes et premiers cèpes d’été : les champignons de mai, et les deux sosies dangereux du mois, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

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