Lépiote brun-incarnat

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Mis à jour le 2 octobre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

La lépiote brun-incarnat (Lepiota brunneoincarnata), aussi appelée lépiote brun-rose, est un champignon mortel : elle contient de l’alpha-amanitine, la toxine de l’amanite phalloïde, qui détruit le foie. C’est une petite lépiote, au chapeau de moins de 10 cm (souvent 3 à 5 cm) crème rosé couvert de squamules brun rosé à brun vineux, aux lames blanches et libres, au pied pâle en haut et écailleux de brun en bas, séparé par une zone annulaire brune. Elle pousse dans l’herbe des parcs, des jardins et des lisières, de juillet à la fin de l’automne. Ne la ramassez jamais.

⚠️ Urgence

Si vous avez mangé une petite lépiote, ou si des troubles digestifs apparaissent 6 heures ou plus après un repas de champignons, appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes s’atténuent. Gardez les restes et les épluchures pour l’identification, et prévenez toutes les personnes qui ont partagé le repas.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Infographie d'identification de la lépiote brun-incarnat (Lepiota brunneoincarnata) : chapeau de moins de 10 cm à squamules brun rosé à vineux, centre foncé, lames blanches libres, zone annulaire brune, pied écailleux de brun en bas, sans volve, mortelle
La lépiote brun-incarnat en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité de la lépiote brun-incarnat

Nom scientifique Lepiota brunneoincarnata Chodat & C. Martín (1889)
Noms courants Lépiote brun-incarnat, lépiote brun-rose
Famille Agaricacées (anciennement Lépiotacées)
Comestibilité MORTELLE
Toxines Amatoxines (alpha-amanitine), comme l’amanite phalloïde
Syndrome Phalloïdien (atteinte du foie) ; premiers symptômes 6 heures ou plus après le repas
Saison De juillet à la fin de l’automne
Milieu Herbe des parcs, jardins, champs et pelouses ; haies, buissons, bois aérés et leurs lisières
Mode de vie Saprophyte : elle décompose la matière organique du sol
Répartition Europe, surtout dans ses régions les plus chaudes (sud), et Asie tempérée
Taille Chapeau de 2,5 à 7 cm selon les sources ; pied de 2 à 4 cm de haut, court et trapu pour une lépiote
Sporée Blanche

Elle fait partie du groupe des petites lépiotes, qui compte plusieurs espèces mortelles très difficiles à distinguer entre elles.

Comment reconnaître la lépiote brun-incarnat ?

Elle a les caractères de toutes les lépiotes : lames blanches et libres, sporée blanche, pas de volve. Les détails ci-dessous servent à comprendre le danger, pas à valider une cueillette : la lépiote brun-lilas, tout aussi mortelle, lui ressemble au point qu’il faut souvent un microscope pour les séparer.

Le chapeau

Petit, de 2,5 à 7 cm. D’abord hémisphérique, il devient convexe puis s’aplanit, souvent avec un léger mamelon. Le fond est blanchâtre à crème rosé, couvert de squamules brun rosé, brun rougeâtre à brun vineux, disposées en cercles et plus denses vers le centre, qui forme une calotte plus foncée et continue. Jeune, le chapeau est presque entièrement brun rougeâtre ; il pâlit en s’ouvrant.

Les lames

Blanches, libres (elles ne touchent pas le pied), ventrues, entremêlées de lamelles plus courtes. Elles peuvent jaunir légèrement avec l’âge, mais ne deviennent jamais roses puis brun chocolat comme celles des agarics.

Le pied

Court (2 à 4 cm) et assez épais pour une petite lépiote (environ 0,5 à 1 cm). C’est son trait le plus parlant : il est pâle, rosé à beige rosé au-dessus, et couvert d’écailles ou de mèches brunes au-dessous. Pas de volve à la base.

L’anneau

Il n’y a pas de vrai anneau ample : une zone annulaire brune, légère et fugace, parfois réduite à un simple bourrelet rosâtre à ocracé, sépare la partie haute claire de la partie basse écailleuse du pied. Une lépiote « sans anneau » peut donc tout à fait être celle-ci.

La chair

Blanche, elle rosit légèrement à la coupe ou au froissement. Son odeur est faible, légèrement fruitée (on la compare à un fruit pas mûr), sa saveur douce. Ne goûtez jamais une petite lépiote : une bouchée peut suffire à être dangereuse.

Les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Lépiote brun-incarnat Ce que cela signifie
Taille du chapeau Moins de 10 cm (souvent 3 à 5 cm) Toute lépiote de moins de 10 cm se rejette : mortelle possible
Couleur du chapeau Squamules brun rosé à brun vineux sur fond crème rosé, centre foncé Teintes rosées, vineuses, lilas : signal d’alarme des espèces mortelles
Lames Blanches, libres Lames roses puis brunes : agaric, pas lépiote
Pied Court, clair en haut, écailles brunes en bas Ce « pied bicolore » est typique du groupe brun-incarnat / brun-lilas
Anneau Simple zone brune, fugace L’absence d’anneau ne rassure pas
Base du pied Sans volve Volve à la base : amanite, mortelle possible aussi

Une lépiote de moins de 10 cm se rejette, quelle que soit sa couleur.

Pourquoi la lépiote brun-incarnat est-elle mortelle ?

Elle contient des quantités mortelles d’alpha-amanitine, l’une des amatoxines de l’amanite phalloïde. Ces toxines résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage. Elles bloquent le fonctionnement des cellules du foie et atteignent aussi les reins. L’intoxication est le syndrome phalloïdien, que le centre antipoison de Lille associe aux amanites, aux lépiotes et aux galères, et qui provoque la majorité des intoxications mortelles par champignons. Selon l’Anses, ce syndrome a représenté 56 % des cas graves et la totalité des 3 décès recensés en France entre juillet et décembre 2024.

L’intoxication évolue en trois temps :

  1. Une latence trompeuse de 6 à 24 heures : on ne ressent rien. Pour les lépiotes de ce groupe, la société MycoFrance situe l’apparition des troubles entre 8 et 12 heures après le repas.
  2. Une phase digestive violente : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée abondante, déshydratation.
  3. L’atteinte du foie, quelques jours plus tard, parfois après une accalmie apparente. Elle peut imposer une greffe ou entraîner la mort.

Des cas documentés : l’espèce a causé la mort d’un homme de 61 ans en Espagne en 2002 et l’intoxication de quatre enfants d’une même famille en Tunisie en 2010 ; d’autres intoxications ont été publiées en Turquie et en Iran. Une petite quantité peut suffire à provoquer une atteinte grave du foie : aucune dose n’est sans danger.

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Lépiote brun-incarnat : les confusions dangereuses

Espèce Danger de la confusion Ce qui la distingue de la lépiote brun-incarnat
Coulemelle (Macrolepiota procera) Intoxication mortelle si l’on cueille une « petite coulemelle » Chapeau de 10 à 30 cm · pied haut et chiné (zébré de brun) · anneau double, épais et coulissant. Voir le comparatif coulemelle ou petites lépiotes
Marasme des oréades (faux mousseron) Intoxication mortelle : les deux poussent dans l’herbe Chapeau brun clair lisse, sans squames · lames espacées · pied souple qui se tord sans casser · aucun anneau ni zone brune · pousse en cercles
Rosé des prés (agaric champêtre) Intoxication mortelle Lames rose vif puis brun chocolat · sporée brune · chapeau blanc, lisse ou finement soyeux · chair épaisse
Tricholome terreux Intoxication mortelle Chapeau gris feutré, sans teinte rosée · lames attachées au pied (échancrées), blanches à grisâtres · pied blanc sans écailles brunes · sous les pins
Lépiote brun-lilas (Lepiota brunneolilacea) Mortelle elle aussi Presque identique, teintes plus lilas ; séparation souvent impossible sans microscope. Aucune importance pratique : les deux se rejettent.
Autres petites lépiotes (helvéolée, de Josserand, châtaine, crêtée) Toxiques à mortelles Mêmes caractères généraux ; aucune n’est comestible

La règle de sécurité à retenir

Aucune lépiote de moins de 10 cm ne se mange. Ne cueillez jamais de petits champignons à lames blanches et chapeau écailleux dans une pelouse ou un parc, même mélangés à des coulemelles : un seul exemplaire mortel suffit à rendre tout le plat dangereux. Faites toujours contrôler votre panier.

Où et quand pousse la lépiote brun-incarnat ?

Le milieu

C’est une espèce des lieux herbeux et proches de l’homme : pelouses, parcs et jardins, champs, bords de haies et de buissons, bois clairs et leurs lisières. Elle pousse sur le sol, isolée ou en petits groupes. Elle est plus fréquente dans les régions chaudes du sud de l’Europe, mais elle est signalée jusqu’en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Surveillez les jeunes enfants qui jouent dans les pelouses : une petite lépiote mortelle peut pousser au milieu d’un jardin.

La saison

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
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Elle apparaît de juillet à la fin de l’automne, en même temps que les coulemelles, les rosés des prés et les marasmes : c’est ce qui rend les mélanges de cueillette si dangereux. Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre et en octobre.

Que faire en cas d’ingestion ?

  1. Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, dès que vous soupçonnez avoir mangé une petite lépiote, sans attendre les symptômes.
  2. Notez l’heure du repas et, s’ils surviennent, l’heure des premiers troubles. Des symptômes qui débutent 6 heures ou plus après le repas imposent une hospitalisation.
  3. Ne vous fiez pas à une amélioration : le foie peut continuer à être atteint alors que les troubles digestifs se calment.
  4. Gardez les restes (champignons crus, épluchures, restes du plat) et les photos pour le mycologue.
  5. Prévenez tous les convives : toutes les personnes qui ont partagé le repas doivent être prises en charge, même sans symptôme.

À l’hôpital, le traitement repose sur la réhydratation, des médicaments protecteurs du foie (silibinine) et, dans les cas les plus graves, la greffe hépatique. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances. Pour en savoir plus : intoxication aux champignons et les champignons mortels.

Le saviez-vous ?

  • Un nom qui décrit sa couleur : brunneoincarnata associe le latin brunneus (brun) et incarnatus (couleur chair). Le nom français « brun-incarnat » en est la traduction directe.
  • Une espèce décrite en 1889 par les botanistes Chodat et Martín, sous le nom qu’elle porte toujours aujourd’hui.
  • Des spores qui rougissent : au microscope, ses spores ovales (6 à 7,5 µm) virent au brun-rouge dans un réactif iodé (réaction dextrinoïde), un caractère qui aide les mycologues à reconnaître les Lepiota.
  • Petite mais aussi redoutable qu’une amanite : elle contient la même toxine que l’amanite phalloïde, dans un champignon bien plus petit et plus discret.
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Questions fréquentes sur la lépiote brun-incarnat

La lépiote brun-incarnat est-elle mortelle ?

Oui. Elle contient de l’alpha-amanitine, la toxine de l’amanite phalloïde, et a causé des décès. Une petite quantité peut suffire à provoquer une atteinte grave du foie.

Lépiote brun-rose et lépiote brun-incarnat : est-ce la même espèce ?

Oui. Ce sont deux noms français de Lepiota brunneoincarnata. Elle est parfois aussi appelée « lépiote brune », un nom qui désigne surtout la lépiote helvéolée.

Comment reconnaître la lépiote brun-rose ?

Petit chapeau crème rosé couvert de squamules brun rosé à brun vineux, centre plus foncé, lames blanches et libres, pied court, rosé en haut et écailleux de brun en bas, séparé par une zone annulaire brune. Mais seule la règle des 10 cm protège : rejetez toute petite lépiote.

Quelle différence avec la lépiote brun-lilas ?

Elles sont presque identiques et souvent séparées au microscope. Les deux sont mortelles : la distinction n’a aucune importance pour le cueilleur.

Où pousse la lépiote brun-incarnat ?

Dans l’herbe des parcs, des jardins et des champs, au bord des haies et dans les bois clairs, surtout dans les régions chaudes. Elle peut donc pousser près des maisons.

Quand la trouve-t-on ?

De juillet à la fin de l’automne, en même temps que les coulemelles et les marasmes.

La cuisson détruit-elle sa toxine ?

Non. Les amatoxines résistent à la cuisson, à la congélation et au séchage.

Au bout de combien de temps apparaissent les symptômes ?

Généralement 6 à 24 heures après le repas (souvent vers 8 à 12 heures pour ce groupe de lépiotes). Ce long délai est un signe de gravité : appelez le 15 sans attendre.

Mon enfant a peut-être mangé une petite lépiote du jardin : que faire ?

Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même s’il va bien, et gardez le champignon ou ce qu’il en reste. Ne le faites pas vomir sans avis médical.

Espèces proches

Sources

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