Lépiote pudique

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Mise à jour le 27 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

La lépiote pudique (Leucoagaricus leucothites) est considérée comme comestible par la plupart des ouvrages, mais nous la déconseillons : entièrement blanche, elle se confond avec les amanites blanches mortelles, et des troubles digestifs lui sont parfois attribués. Elle se reconnaît à quatre critères réunis : un chapeau blanc, lisse et soyeux, sans squames, des lames blanches devenant rose crème, un anneau qui coulisse le long du pied et une base renflée sans volve. Elle pousse dans l’herbe : pelouses, prés, parcs et bords de route.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Infographie lépiote pudique (Leucoagaricus leucothites) : chapeau blanc lisse sans squames, lames crème rosâtre, anneau étroit coulissant, base renflée sans volve, pelouses de juin à décembre
La lépiote pudique en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité de la lépiote pudique

Nom scientifique Leucoagaricus leucothites (Vittad.) Wasser ; basionyme : Agaricus leucothites Vittad. (1835) ; synonyme ancien : Agaricus holosericeus ; Leucoagaricus holosericeus est traité selon les auteurs comme un synonyme ou comme une espèce voisine ; récemment placée par certains auteurs dans le genre Leucocoprinus
Noms courants Lépiote pudique, colombette, lépiote lisse, coulemelle blanche
Famille Agaricacées
Comestibilité Discutée : inscrite sur la liste Anses des comestibles, comestible médiocre selon la plupart des sources, troubles digestifs signalés par d’autres ; déconseillée
Saison De juin à décembre, surtout de septembre à novembre
Milieu Pelouses, prairies, pâturages, parcs, jardins, terrains vagues, bords de route
Mode de vie Saprophyte : elle décompose la matière organique du sol, sans lien avec un arbre
Fréquence Très fréquente, parfois en grand nombre
Taille Chapeau de 4 à 10 cm (de 3 à 15 cm selon les sources) ; pied de 5 à 12 cm
Sporée Blanche à crème rosâtre pâle

Comment reconnaître la lépiote pudique ?

La lépiote pudique appartient aux lépiotes au sens large : lames libres, anneau, pas de volve. Elle est classée dans le genre Leucoagaricus, voisin des vraies lépiotes (Lepiota). Sa silhouette toute blanche, qui évoque un rosé des prés ou une amanite, impose d’examiner chaque organe.

Le chapeau

Il mesure le plus souvent 4 à 10 cm. D’abord ovoïde ou presque cylindrique, il s’ouvre en cloche puis s’étale. Il est blanc pur, lisse et soyeux, sans squames, avec parfois un centre crème, ocré pâle ou grisâtre. Par temps sec, la surface peut se craqueler finement. La marge est mince, parfois un peu floconneuse.

Les lames

Libres, serrées et larges. Elles sont blanches chez le jeune, puis deviennent crème rosâtre à rose grisâtre à maturité. Elles ne deviennent jamais brun chocolat ni noires : c’est une différence essentielle avec les agarics.

Le pied

Blanc, soyeux, élancé (5 à 12 cm), un peu renflé à la base, vite creux. Il se tache légèrement de jaunâtre ou de brunâtre quand on le manipule. Déterrée, la base montre un simple renflement : aucune volve, ni sac, ni bourrelets.

L’anneau

Blanc, membraneux, étroit, placé dans le tiers supérieur du pied. Il est souvent mobile (coulissant), comme celui de la coulemelle, et parfois fugace : il peut manquer chez les vieux exemplaires.

La chair

Blanche, assez épaisse dans le chapeau, immuable : elle ne rougit pas à la coupe. Son odeur est faible et sa saveur douce.

Les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Lépiote pudique Si ce n’est pas le cas…
Base du pied (déterrée) Simple renflement, sans volve Sac membraneux ou bourrelets : amanite, peut-être mortelle
Anneau Étroit, coulissant Anneau fixe, ample, en jupe : amanite
Lames adultes Crème rosâtre, jamais brunes Lames brun chocolat : agaric. Lames restant d’un blanc pur : amanite possible
Chapeau Blanc, lisse, sans squames Squames brunes : autre lépiote, souvent toxique si le chapeau est petit
Base du pied grattée Au plus de légères taches jaunâtres Jaunit vivement avec odeur d’encre : agaric jaunissant, toxique
Milieu Pelouse, pré, parc En forêt, sous les arbres : suspectez une amanite

Un seul critère manquant suffit à rejeter le champignon. Et même si tous sont réunis, la confusion avec une amanite blanche reste possible pour un œil non exercé.

La lépiote pudique est-elle comestible ou pas ?

Les sources ne sont pas unanimes. Elle figure sur la liste des champignons comestibles établie d’après l’avis de l’Anses (sous les noms de lépiote pudique et colombette), avec une mise en garde contre la confusion avec les petites lépiotes mortelles. La plupart des ouvrages français la présentent comme un comestible sans grand intérêt, peu parfumé, réservé aux mycologues expérimentés. D’autres sources la tiennent pour suspecte, des troubles digestifs lui ayant été attribués. Nous la déconseillons pour trois raisons :

  • Le risque mortel de confusion avec l’amanite vireuse, l’amanite printanière ou les formes blanches de l’amanite phalloïde. Ces amanites contiennent des toxines qui détruisent le foie ; les symptômes n’apparaissent qu’après 6 à 24 heures.
  • Une identification difficile : plusieurs espèces voisines de Leucoagaricus, blanches ou rosées, ne se distinguent qu’au microscope.
  • Un intérêt culinaire faible, qui ne justifie pas le risque.

Si un mycologue confirme l’identification et que vous décidez de la consommer, respectez les recommandations de l’Anses : jamais crue, cuisson de 20 à 30 minutes, 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum, jamais aux jeunes enfants, et pas de cueillette en bord de route ou près de sites pollués. Nous ne proposons pas de recette pour cette espèce.

Lépiote pudique : les confusions dangereuses

Espèce Danger Ce qui la distingue de la lépiote pudique
Amanite vireuse (Amanita virosa) Mortelle Volve blanche en sac à la base · anneau en jupe, fixe · pied pelucheux · lames qui restent blanches · chapeau conique · pousse en forêt
Amanite printanière (Amanita verna) Mortelle Volve en sac · anneau fixe · lames blanches · plutôt au printemps et en début d’été, sous les feuillus
Amanite phalloïde, forme blanche Mortelle Volve en sac · anneau en jupe · lames blanches · sous les feuillus, parfois en lisière de pelouse arborée
Rosé des prés (Agaricus campestris) Comestible Lames rose vif dès le jeune âge, puis brun chocolat · sporée brune · anneau fin, fixe
Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) Toxique (gastro-entérite) Base du pied qui jaunit vivement au grattage · odeur d’encre ou de phénol · lames roses puis brunes
Petites lépiotes (Lepiota spp.) Certaines mortelles Chapeau souvent plus petit, couvert de squames brunes, rousses ou grises · odeur souvent forte
Petits clitocybes blancs des pelouses (dont le clitocybe blanchi) Toxiques Lames descendant sur le pied (décurrentes) · pas d’anneau · chapeau souvent creusé

La règle de sécurité à retenir

Tout champignon blanc à lames claires est suspect d’être une amanite mortelle tant que la base du pied n’a pas été déterrée et examinée. Une lépiote pudique se reconnaît à l’absence totale de volve, à son anneau coulissant et à ses lames qui rosissent. Mais même avec ces critères, laissez-la dans le pré si vous n’êtes pas un mycologue confirmé. Voir aussi notre comparatif rosé des prés ou amanite.

Où et quand trouver la lépiote pudique ?

Le milieu

C’est un champignon des milieux herbeux et ouverts : pelouses, prairies, pâturages, parcs urbains, jardins, terrains vagues et accotements. Elle vit de la matière organique du sol et n’a pas besoin d’arbres. Elle est très fréquente dans toute la France et pousse parfois en grand nombre, peu après les pluies.

Le calendrier

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
– – – – – rare ● ●● ●●● ●●● ●● rare

Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre, en octobre et l’indice de poussée par département.

Si vous la trouvez : les bons gestes

  • Déterrez la base du pied avec un couteau pour vérifier l’absence de volve : c’est le geste qui peut sauver une vie.
  • Ne la mélangez jamais à d’autres champignons dans votre panier.
  • Photographiez-la sous tous les angles (chapeau, lames, anneau, base) avant tout contrôle.
  • Faites-la vérifier par un pharmacien ou une association mycologique : c’est une excellente espèce pour apprendre à distinguer une lépiote d’une amanite.
  • Dans une pelouse d’enfants : retirez les champignons blancs avant qu’un jeune enfant ne les porte à la bouche.

Le saviez-vous ?

  • Un nom qui voyage : décrite en 1835 par Carlo Vittadini sous le nom d’Agaricus leucothites, elle a été transférée en 1977 dans le genre Leucoagaricus par le mycologue Wasser, puis, plus récemment pour certains auteurs, dans le genre Leucocoprinus.
  • Une cousine discrète de la coulemelle : on la surnomme parfois « coulemelle blanche », mais elle n’a ni la taille, ni les squames, ni le pied chiné de la coulemelle.
  • Une espèce des villes : elle apparaît volontiers sur les pelouses tondues des parcs et au bord des routes, loin de toute forêt.
  • Un groupe difficile : les mycologues distinguent plusieurs Leucoagaricus blancs ou rosés très proches (L. carneifolius, L. holosericeus, L. cinerascens…), souvent au microscope.

Questions fréquentes sur la lépiote pudique

La lépiote pudique est-elle comestible ou pas ?

Elle est considérée comme comestible par la plupart des ouvrages, mais elle est médiocre, parfois accusée de troubles digestifs et surtout facile à confondre avec les amanites blanches mortelles. Nous la déconseillons.

Comment différencier la lépiote pudique d’une amanite blanche ?

Déterrez le pied : l’amanite a une volve en sac, la lépiote pudique un simple renflement. L’anneau de l’amanite est fixe et en jupe, celui de la lépiote pudique coulisse. Les lames de l’amanite restent blanches, celles de la lépiote pudique rosissent.

Comment la distinguer du rosé des prés ?

Les lames du rosé des prés sont roses dès le début, puis brun chocolat, et sa sporée est brune. Celles de la lépiote pudique sont blanches, puis seulement crème rosâtre, et sa sporée est blanchâtre.

Pourquoi l’appelle-t-on « coulemelle blanche » ?

Pour sa silhouette de lépiote et son anneau coulissant. Mais c’est une autre espèce, beaucoup plus petite, sans squames et à pied lisse.

La lépiote pudique pousse-t-elle dans les jardins ?

Oui, c’est fréquent : pelouses, parcs, jardins et bords de route font partie de ses milieux préférés.

Quelle est la saison de la lépiote pudique ?

De juin à décembre, avec un maximum de septembre à novembre.

Mon chien ou mon enfant en a mangé un morceau : que faire ?

Appelez le 15 ou un centre antipoison pour un enfant (un vétérinaire pour un animal) sans attendre, et gardez un exemplaire entier du champignon : on ne peut pas exclure une amanite sans examiner la base du pied.

Que faire en cas de troubles après un repas ?

Appelez le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes semblent légers ou s’atténuent, et gardez les restes du repas pour l’identification.

Espèces proches

Sources

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