Lépiote déguenillée

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Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

La lépiote déguenillée (Chlorophyllum rhacodes, anciennement Macrolepiota rhacodes) est comestible bien cuite, mais elle est déconseillée aux débutants. Elle provoque des troubles digestifs chez certaines personnes, et surtout elle ressemble beaucoup à la lépiote vénéneuse, toxique. On la reconnaît à son chapeau hérissé de mèches laineuses retroussées, à son pied lisse (non chiné), à sa chair qui rougit en orange safran à la coupe, à son anneau double et coulissant et à son bulbe arrondi sans rebord. Si vous hésitez avec la lépiote vénéneuse, rejetez-la.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Infographie lépiote déguenillée : chapeau à mèches retroussées, lames blanches libres, anneau double coulissant, pied lisse, bulbe arrondi sans rebord, chair qui rougit, juillet à novembre
La lépiote déguenillée en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité de la lépiote déguenillée

Nom scientifique Chlorophyllum rhacodes (Vittad.) Vellinga
Synonymes Macrolepiota rhacodes, Lepiota rhacodes, Agaricus rhacodes
Noms courants Lépiote déguenillée, coulemelle rougissante
Famille Agaricacées (groupe des grandes lépiotes)
Comestibilité Comestible bien cuite (chapeau), mais parfois mal tolérée ; déconseillée aux débutants
Saison De juillet à novembre, surtout d’août à novembre
Milieu Sous conifères (surtout épicéas), aussi sous feuillus ; lisières, prairies en bordure de bois, parcs, pelouses, bords de routes
Sol Riche en humus
Mode de vie Saprophyte : elle décompose la litière et la matière organique
Taille Chapeau de 8 à 15 cm, parfois 18 cm ; pied de 10 à 20 cm de haut et 1 à 2 cm d’épaisseur
Sporée Blanche
Lépiote déguenillée (Chlorophyllum rhacodes) : chapeau couvert de mèches retroussées et pied lisse
Lépiote déguenillée (Chlorophyllum rhacodes, anciennement Macrolepiota rhacodes)

Comment reconnaître la lépiote déguenillée ?

Comme toutes les grandes lépiotes, elle a des lames blanches et libres, un anneau, une sporée blanche et aucune volve. Ce qui la distingue de la coulemelle, c’est son pied lisse et sa chair qui rougit ; ce qui la distingue de la lépiote vénéneuse, c’est son anneau double et son bulbe sans rebord.

Le chapeau

De 8 à 15 cm, parfois plus. Jeune, il est ovoïde ou sphérique ; il s’étale ensuite largement. Sa cuticule, brun beige à gris brunâtre, se déchire en grosses mèches laineuses retroussées sur un fond blanchâtre et fibreux : c’est l’aspect « en guenilles » qui lui donne son nom. Le centre reste brun et lisse, sans le mamelon marqué de la coulemelle.

Les lames

Blanches, libres et très serrées, brunâtre pâle avec l’âge. Elles rougissent nettement quand on les froisse.

Le pied

De 10 à 20 cm, creux, lisse, sans zébrures : il n’est pas chiné comme celui de la coulemelle. Blanc à grisâtre, il se tache vite de brun roussâtre sous l’anneau, et vire au rouge orangé vif quand on le gratte. Sa base s’élargit progressivement en un bulbe arrondi, sans rebord (non marginé).

L’anneau

Double, épais et complexe, placé haut sur le pied, blanc crème avec un bord denté. Il coulisse le long du pied. Celui de la lépiote vénéneuse est lui aussi épais et coulissant, mais simple.

La chair

Blanche, épaisse et tendre dans le chapeau, fibreuse dans le pied. À la coupe, elle vire assez vite au rouge orangé safran, puis brunit lentement. Odeur agréable mais peu marquée, saveur douce.

Les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Lépiote déguenillée Si ce n’est pas le cas…
Taille du chapeau 8 à 15 cm (parfois plus) Moins de 10 cm : petite lépiote possible, mortelle : rejetez
Pied Lisse, sans zébrures Pied chiné : pensez coulemelle, et vérifiez ses propres critères
Chair à la coupe Rougit (orange safran), puis brunit Chair qui reste blanche : coulemelle ou autre espèce
Base du pied Bulbe arrondi, sans rebord, sans volve Bulbe à rebord net : lépiote vénéneuse. Volve : amanite
Anneau Double, épais, coulissant Anneau simple, même épais : lépiote vénéneuse probable
Milieu Sous conifères, lisières, parcs Compost, fumier, jardin : pensez lépiote vénéneuse

Un seul doute sur le bulbe ou l’anneau suffit à rejeter le champignon.

La lépiote déguenillée est-elle comestible ?

Oui, mais avec réserve. Les mycologues la considèrent comme un bon comestible, à condition de ne consommer que le chapeau (le pied est fibreux et coriace) et de bien la cuire. Deux réserves importantes :

  • Elle est parfois mal tolérée. Certaines personnes souffrent de troubles digestifs (gastro-entérite) après l’avoir mangée. Une forte teneur en nitrates est avancée comme explication. Si vous ne l’avez jamais mangée, commencez par une petite portion.
  • Elle est facile à confondre avec la lépiote vénéneuse, toxique, qui a le même pied lisse et la même chair rougissante. Plusieurs sources mycologiques conseillent aux débutants de l’éviter et de s’en tenir à la coulemelle, dont le pied chiné est bien plus facile à reconnaître.

Les précautions de l’Anses valent pour elle comme pour tous les champignons sauvages :

  • Toujours cuite, jamais crue : cuisson suffisante, de 20 à 30 minutes à la poêle.
  • Avec modération : 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum.
  • Jamais aux jeunes enfants.
  • Pas près des habitations, des composts, des jardins ni des routes : c’est là que pousse la lépiote vénéneuse, et les champignons y accumulent polluants et nitrates.
  • Photographiez votre cueillette avant de la cuisiner : en cas de troubles, la photo aidera le centre antipoison.
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Lépiote déguenillée : les confusions dangereuses

Espèce Danger Ce qui la distingue de la lépiote déguenillée
Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) Toxique Bulbe abrupt, à rebord net (marginé) · anneau simple, épais, coulissant · squames plus foncées (brun rougeâtre), moins nombreuses vers la marge, disque central en étoile · chair dense, qui rougit elle aussi très vite · composts, fumiers, jardins
Coulemelle (Macrolepiota procera) Comestible Pied chiné (zébré) · chair qui ne rougit pas · chapeau plus grand (10 à 30 cm) à squames concentriques et mamelon brun · prairies, lisières
Petites lépiotes (Lepiota spp.) Certaines mortelles Chapeau inférieur à 10 cm · pied fin, sans bulbe · anneau fragile ou simple zone floconneuse
Lépiote de Morgan (Chlorophyllum molybdites) Toxique (troubles digestifs sévères) Lames qui deviennent vert olive à maturité · sporée verdâtre · rare en Europe (serres, pots de fleurs)
Jeunes amanites (panthère, phalloïde…) Toxiques à mortelles Volve (sac membraneux ou bourrelets) à la base du pied · anneau fixe, en jupe · ne cueillez jamais de grande lépiote encore fermée

Comparatif détaillé : Lépiote déguenillée ou lépiote vénéneuse ? Comment les différencier

La règle de sécurité à retenir

Anneau double + bulbe arrondi sans rebord + milieu forestier. Déterrez toujours la base du pied. Si le bulbe forme un rebord net, si l’anneau est simple ou si le champignon pousse sur un compost ou dans un jardin, rejetez-le : c’est peut-être une lépiote vénéneuse. En cas de doute entre les deux espèces, n’en consommez aucune.

Où et quand trouver la lépiote déguenillée ?

Le bon milieu

Elle pousse surtout sous les conifères, en particulier les épicéas, et dans la litière d’aiguilles. On la trouve aussi dans les bois de feuillus, les prairies en lisière de bois, les parcs, les pelouses et au bord des routes. Évitez de la ramasser dans ces derniers milieux, trop proches de l’homme.

Le bon moment

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
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Elle apparaît parfois dès juillet, mais surtout d’août à novembre, de la fin de l’été à l’automne.

Voir aussi : quels champignons ramasser en septembre, en octobre et en novembre.

Cueillette, nettoyage et conservation

  • Cueillez le champignon entier, base comprise, pour vérifier le bulbe (sans rebord) et l’absence de volve. Coupez ensuite le pied chez vous.
  • Ne gardez que les exemplaires ouverts et fermes : un chapeau encore fermé ne montre pas tous ses caractères.
  • Transportez-les dans un panier, séparés des autres espèces.
  • Nettoyage : retirez les débris d’aiguilles au pinceau et essuyez le chapeau avec un linge humide, sans le faire tremper.
  • Au réfrigérateur : 24 à 48 heures maximum, dans un papier ou un torchon, jamais dans du plastique.
  • Congélation : faites d’abord revenir les chapeaux coupés en lanières, laissez refroidir, puis congelez.
  • Séchage : coupez les chapeaux en lanières, séchez-les à basse température (40 à 50 °C) et conservez-les dans un bocal hermétique.

Pour aller plus loin : comment bien nettoyer vos champignons.

Comment cuisiner la lépiote déguenillée ? Nos recettes

On la cuisine comme la coulemelle, en ne gardant que les chapeaux. Pour une première dégustation, préparez une petite portion et attendez de voir si vous la digérez bien.

Poêlée de lépiotes déguenillées à l’ail et au persil (pour 2 personnes)

Préparation : 10 min · Cuisson : 25 min

  • 4 à 5 chapeaux de lépiote déguenillée (environ 300 g)
  • 2 gousses d’ail, 1 petit bouquet de persil plat, 30 g de beurre, 1 cuillère à soupe d’huile d’olive, sel, poivre
  1. Coupez les chapeaux en lanières d’1 cm.
  2. Faites chauffer l’huile et le beurre dans une grande poêle, ajoutez les champignons et laissez-les cuire 20 minutes à feu moyen, en remuant, jusqu’à évaporation de leur eau.
  3. Ajoutez l’ail et le persil hachés, poursuivez 5 minutes, salez, poivrez. Servez aussitôt avec une viande blanche ou des pommes de terre sautées.

Chapeaux de lépiote déguenillée gratinés (pour 4 personnes)

Préparation : 15 min · Cuisson : 30 min

  • 8 chapeaux de lépiote déguenillée bien ouverts
  • 2 échalotes, 50 g de chapelure, 40 g de parmesan râpé, 30 g de beurre, 1 cuillère à soupe de persil haché, huile d’olive, sel, poivre
  1. Faites revenir les chapeaux entiers 10 minutes de chaque côté dans l’huile d’olive, à feu moyen, pour les cuire à cœur. Disposez-les, lames vers le haut, dans un plat à gratin.
  2. Faites fondre le beurre avec les échalotes hachées 3 minutes, puis mélangez avec la chapelure, le parmesan et le persil. Salez, poivrez.
  3. Répartissez ce mélange sur les chapeaux et enfournez 10 minutes à 200 °C, jusqu’à ce que le dessus soit doré.

Velouté de lépiote déguenillée (pour 4 personnes)

Préparation : 10 min · Cuisson : 35 min

  • 400 g de chapeaux de lépiote déguenillée, 1 oignon, 1 pomme de terre, 80 cl de bouillon de légumes, 10 cl de crème, 20 g de beurre, sel, poivre, ciboulette
  1. Faites revenir l’oignon émincé dans le beurre 5 minutes. Ajoutez les champignons coupés en morceaux et laissez cuire 10 minutes.
  2. Ajoutez la pomme de terre en dés et le bouillon. Laissez mijoter 20 minutes à couvert.
  3. Mixez, ajoutez la crème, salez, poivrez et parsemez de ciboulette.

Le saviez-vous ?

  • Un nom qui dit tout : rhacodes vient du grec rhakos, « guenille, lambeau », comme « déguenillée » en français, pour les mèches qui s’effilochent sur son chapeau.
  • Elle a quitté les Macrolepiota : longtemps appelée Macrolepiota rhacodes, elle a été placée en 2002 dans le genre Chlorophyllum par la mycologue Else Vellinga, après des analyses génétiques. Ce genre réunit les grandes lépiotes à chair rougissante et la lépiote de Morgan.
  • Une « coulemelle rougissante » : c’est l’un de ses noms courants. Il rappelle que sa chair rougit, contrairement à celle de la coulemelle.
  • Une cousine des jardins : la lépiote vénéneuse a été considérée comme une simple variété de la lépiote déguenillée (Macrolepiota rhacodes var. bohemica), avant d’être reconnue comme une espèce distincte.
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Questions fréquentes sur la lépiote déguenillée

La lépiote déguenillée est-elle comestible ou pas ?

Oui, elle est comestible bien cuite (chapeau uniquement), mais certaines personnes la digèrent mal. Elle est déconseillée aux débutants à cause de sa ressemblance avec la lépiote vénéneuse, toxique.

Quelle différence avec la coulemelle ?

Le pied de la coulemelle est chiné (zébré de brun) et sa chair ne rougit pas. Celui de la lépiote déguenillée est lisse et sa chair devient orange safran à la coupe. Le chapeau de la déguenillée est hérissé de mèches retroussées ; celui de la coulemelle porte des squames concentriques et un mamelon brun.

Quelle différence avec la lépiote vénéneuse ?

Regardez la base du pied et l’anneau. La lépiote déguenillée a un bulbe qui s’élargit progressivement, sans rebord, et un anneau double. La lépiote vénéneuse a un gros bulbe abrupt à rebord net et un anneau simple, épais, lui aussi coulissant. Elle pousse surtout sur les composts et dans les jardins.

Qu’appelle-t-on « coulemelle déguenillée » ou « coulemelle rougissante » ?

Ce sont des noms populaires de la lépiote déguenillée. Ce n’est pas une coulemelle au sens strict : elle appartient au genre Chlorophyllum.

Pourquoi est-elle parfois mal tolérée ?

Elle peut provoquer une gastro-entérite chez certaines personnes. Une forte concentration de nitrates est mise en cause. Évitez les exemplaires cueillis près des habitations ou des cultures, et goûtez-en peu la première fois.

Peut-on manger le pied ?

Non : il est fibreux et coriace. On ne consomme que le chapeau.

Peut-on la manger crue ?

Non. Comme tous les champignons sauvages, elle doit être cuite 20 à 30 minutes.

J’en ai trouvé une dans mon jardin : puis-je la manger ?

Non. Dans un jardin ou sur un compost, une grande lépiote à chair rougissante est plus probablement une lépiote vénéneuse. Faites-la contrôler et, dans le doute, jetez-la.

Et la lépiote de Morgan ?

C’est une espèce toxique du même genre, reconnaissable à ses lames qui verdissent à maturité et à sa sporée verdâtre. Elle est rare en Europe, où on la trouve surtout en serre.

Espèces proches

Sources

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