Quels champignons ramasser en juin ?

Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

En juin, vous pouvez ramasser les premiers cèpes d’été et cèpes bronzés après les orages, les premières girolles, la russule charbonnière et la russule verdoyante, les derniers mousserons de la Saint-Georges, le marasme des oréades, le polypore soufré jeune et la truffe d’été, en pleine saison. Juin fait la transition entre le printemps et l’été : tout dépend de la pluie. Un mois sec reste pauvre ; un mois chaud et orageux peut être excellent. C’est aussi un mois dangereux : l’amanite printanière, mortelle, est encore là, l’inocybe de Patouillard est à son pic, et les premières amanites phalloïdes peuvent apparaître.

⚠️ Les règles de base de l’Anses

Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Séparez les espèces dans un panier (jamais de sac plastique). Faites vérifier votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique, sans vous fier aux applications. Photographiez votre cueillette avant cuisson. Ne mangez jamais de champignons sauvages crus, cuisez-les 20 à 30 minutes et n’en donnez pas aux jeunes enfants. En cas de troubles après un repas : 15 ou centre antipoison.

Champignons de juin : cèpe d'été, girolle, russule charbonnière, truffe d'été, vesse-de-loup géante et amanite printanière mortelle
Champignons de juin (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Quels champignons ramasser en juin ? Le tableau

Champignon Milieu Comestibilité Confusion dangereuse
Cèpe d’été (Boletus reticulatus) Chênes, hêtres ; après des orages chauds Excellent comestible, bien cuit Bolet de Satan (toxique), bolet amer
Cèpe bronzé (Boletus aereus) Chênes et châtaigniers, sol acide, régions chaudes Excellent comestible, bien cuit Bolet de Satan, bolet amer
Girolle (Cantharellus cibarius) Feuillus et conifères, sol acide, mousse Excellent comestible, bien cuit Fausse girolle, clitocybe de l’olivier (toxique)
Russule charbonnière (Russula cyanoxantha) Feuillus (hêtres, chênes) Bon comestible, bien cuit Amanite phalloïde (mortelle)
Russule verdoyante (Russula virescens) Chênes, hêtres, lisières Bon comestible, bien cuit Amanite phalloïde (mortelle)
Mousseron de la Saint-Georges (Calocybe gambosa) Prairies, haies ; fin de saison, surtout au nord et en altitude Bon comestible, bien cuit Inocybe de Patouillard, amanite printanière (mortelle)
Marasme des oréades (Marasmius oreades) Pelouses, prairies, en ronds Bon comestible, bien cuit Clitocybes blancs, petites lépiotes
Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) Troncs de feuillus Comestible jeune et bien cuit, parfois mal toléré Peu de sosies dangereux
Truffe d’été (Tuber aestivum) Sous terre, sol calcaire, chênes, noisetiers, charmes Comestible Scléroderme (toxique)
Vesse-de-loup géante (Calvatia gigantea) Prairies, pâtures, lisières Comestible jeune, chair blanche, bien cuite Amanites au stade « œuf »

Ce tableau indique ce qui peut pousser en juin en France. Les dates varient de plusieurs semaines selon la région, l’altitude et surtout la pluie : sans averses ni orages, la plupart de ces espèces restent absentes.

Cèpe d’été et cèpe bronzé, les premiers cèpes

Le cèpe d’été

Le cèpe d’été (Boletus reticulatus, ancien nom Boletus aestivalis) est le premier des cèpes nobles à sortir. Il peut apparaître dès mai, devient plus fréquent en juin et atteint son pic en juillet. Il vit avec les feuillus, surtout les chênes et les hêtres, et sort quand il fait chaud et humide, souvent quelques jours après des orages.

  • Chapeau brun clair à brun châtaigne, sec et mat, velouté, qui se craquelle par temps sec.
  • Pores blancs, puis jaunes, puis vert olive, jamais rouges.
  • Pied beige couvert d’un réseau qui descend souvent jusqu’à la base.
  • Chair blanche, qui ne bleuit pas.

Le cèpe bronzé

Le cèpe bronzé (Boletus aereus) pousse de juin à novembre dans les chênaies et les châtaigneraies claires et chaudes, sur sol acide, surtout au sud de la Loire. Son chapeau est brun très foncé à noirâtre, velouté, parfois taché de reflets bronze ; ses pores sont blancs puis olive, et sa chair blanche, très ferme, ne bleuit pas.

Attention au bolet de Satan

Le bolet de Satan (Rubroboletus satanas) sort dès juin, par temps chaud, sous les chênes, les hêtres et les charmes, sur sol calcaire. Chapeau blanchâtre à gris mastic, pores rouges, pied obèse jaune en haut et rouge en bas, chair qui bleuit : il provoque vomissements et diarrhées, même cuit. Retenez : un cèpe n’a jamais de pores rouges. Comparatifs : cèpe ou bolet de Satan et cèpe ou bolet amer.

Les premières girolles

La girolle (Cantharellus cibarius) se ramasse en général de juin à octobre, parfois dès mai après un printemps chaud et humide : les premières sortent plus tôt en plaine qu’en montagne. Elle pousse sous les feuillus (chênes, hêtres, bouleaux) comme sous les conifères, sur sol acide et bien drainé, souvent dans la mousse et sur les talus.

  • Chapeau jaune d’œuf à jaune orangé, qui se creuse en entonnoir, à marge ondulée.
  • Dessous : des plis épais, fourchus, qui descendent sur le pied, et non de vraies lames fines.
  • Chair blanc crème, ferme, à odeur fruitée.

La fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca), orange, à vraies lames fines et chair molle, pousse surtout sous les conifères : écartez-la. Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), toxique, pousse en touffes serrées au pied des arbres ou sur les souches, surtout dans le Midi et surtout à partir de juillet. Voir girolle ou fausse girolle et girolle ou clitocybe de l’olivier.

Russule charbonnière et russule verdoyante

Les russules ont une chair cassante comme de la craie, ni anneau ni volve, et pas de lait. Deux espèces faciles et bonnes commencent leur saison en juin :

  • la russule charbonnière (Russula cyanoxantha), de juin à octobre sous les feuillus : chapeau violet à vert olive, et surtout des lames blanches souples, qui plient sous le doigt sans casser ;
  • la russule verdoyante (Russula virescens), de juin à septembre sous les chênes et les hêtres : chapeau vert-de-gris dont la peau se craquelle en petites plaques, lames blanches, pied blanc.

Le danger des russules vertes : l’amanite phalloïde, présente de juin à novembre, a elle aussi un chapeau verdâtre et des lames blanches. Déterrez toujours la base : l’amanite a un anneau et une volve en sac ; une russule n’en a jamais. Ne coupez jamais une « russule verte » au ras du sol. Voir amanite phalloïde ou russule verdoyante.

Mousserons, polypore soufré, truffe d’été et vesses-de-loup

Les derniers mousserons

Le mousseron de la Saint-Georges (Calocybe gambosa) termine sa saison en juin, surtout dans le Nord et en altitude. Les quatre critères restent obligatoires : champignon trapu blanc crème, lames blanches très serrées, forte odeur de farine, ni volve ni anneau. Le marasme des oréades, lui, est bien présent dans les pelouses après les pluies : petit chapeau chamois à mamelon, lames très espacées, pied coriace sans anneau. Cueillez-le un par un : voir marasme des oréades ou clitocybe blanchi.

Le polypore soufré

Le polypore soufré (Laetiporus sulphureus) est à son pic en juin et en juillet : grandes consoles étagées orange vif bordées de jaune soufre, sur les troncs de feuillus. Ne gardez que les bordures jeunes et tendres, toujours bien cuites, et jamais un exemplaire poussant sur un if ou un résineux. Il est parfois mal toléré même cuit : consommez-le avec modération.

La truffe d’été

Juin ouvre la pleine saison de la truffe d’été (Tuber aestivum), qui se récolte surtout de juin à août. Peau noire couverte de grosses verrues pyramidales, chair beige à noisette veinée de blanc, parfum doux de noisette : elle vit sous terre, sur sol calcaire, au pied des chênes verts et pubescents, des noisetiers, des charmes et des tilleuls. Elle appartient au propriétaire du terrain : la ramasser sans autorisation est un délit dès la première truffe. Ne la confondez pas avec un scléroderme, toxique, à enveloppe épaisse jaune ocre craquelée et à chair qui devient très tôt noir violacé.

La vesse-de-loup géante

La vesse-de-loup géante (Calvatia gigantea) peut apparaître dès juin dans les prairies et les pâtures, avant sa pleine saison de juillet à septembre. C’est une grosse boule blanche et lisse, sans pied. Coupez-la toujours en deux de haut en bas : la chair doit être blanche, ferme et homogène. Une chair jaunissante signale un exemplaire trop vieux ; un chapeau et des lames dessinés à l’intérieur d’une petite boule signalent une amanite au stade « œuf », peut-être mortelle. Voir vesse-de-loup ou amanite.

En montagne

En altitude, les dernières morilles se trouvent encore en juin à la fonte des neiges, et la gyromitre, potentiellement mortelle, aussi. Coupez chaque morille en deux : une seule cavité, du sommet à la base.

Les champignons toxiques et mortels de juin

⚠️ Urgence

Des troubles digestifs qui apparaissent 6 heures ou plus après un repas de champignons peuvent signaler une intoxication par une amanite mortelle, même s’ils s’améliorent ensuite : l’atteinte du foie survient deux à trois jours après. Appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison. Gardez les restes et les photos de la cueillette.

Espèce Danger Où et quand Confondue avec
Amanite printanière (Amanita verna) Mortelle (foie) Surtout dans le Midi, sous chênes et châtaigniers ; surtout mai-juin Mousseron de la Saint-Georges, rosé des prés, vesse-de-loup
Amanite phalloïde (Amanita phalloides) Mortelle (foie) Feuillus, parfois conifères ; de juin à novembre Russules vertes
Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens) Toxique (muscarine), potentiellement mortel Bois clairs de feuillus, lisières, sol calcaire ; pic en juin Mousseron de la Saint-Georges
Bolet de Satan (Rubroboletus satanas) Toxique (digestif) Chênes, hêtres, sol calcaire ; de juin à septembre Cèpes
Gyromitre (Gyromitra esculenta) Potentiellement mortelle Montagne, sous les pins, sol sableux Morilles
Amanite panthère (Amanita pantherina) Toxique, parfois grave Feuillus et conifères ; surtout dès juillet, parfois dès mai Amanite rougissante
  • Amanite printanière : entièrement blanche, lames blanches et libres, anneau blanc pendant, volve blanche en sac enfouie dans le sol. Règle absolue : ne ramassez aucun champignon blanc à lames blanches. Voir rosé des prés ou amanite.
  • Amanite phalloïde : chapeau vert olive à jaunâtre, parfois presque blanc, lames blanches, anneau, volve en sac. Elle est responsable de la majorité des décès : selon l’Anses, les 3 décès du second semestre 2024 relevaient tous du syndrome phalloïdien.

Plus d’informations : les champignons mortels, les champignons toxiques et que faire en cas d’intoxication.

Météo et régions : où chercher en juin

  • Orages chauds : une bonne pluie d’orage sur un sol réchauffé déclenche les cèpes d’été, les cèpes bronzés et les girolles, souvent quelques jours plus tard.
  • Sécheresse : sans pluie, les bois restent vides, même en forêt. Cherchez alors dans les fonds de vallon, les bois humides et en altitude.
  • Latitude : les espèces d’été apparaissent d’abord dans le Sud-Ouest et le Midi ; au nord et en montagne, le printemps se prolonge (mousserons, dernières morilles).

Pour suivre les conditions près de chez vous : l’indice « Ça pousse ? » par département et nos pages régionales, par exemple Nouvelle-Aquitaine, Occitanie ou Bourgogne-Franche-Comté (toutes les régions).

Cueillette, réglementation et conservation

  • Cueillez le champignon entier, base comprise, pour vérifier l’absence de volve (russules, mousserons, vesses-de-loup).
  • Partez tôt : par temps chaud, les champignons deviennent vite véreux et s’abîment. Triez sur place et laissez les exemplaires mous ou véreux.
  • Panier aéré, une espèce par compartiment, jamais de sac plastique ; ne laissez pas la récolte dans une voiture au soleil ; photographiez la récolte avant cuisson.
  • Réglementation : les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. En forêt publique, la cueillette familiale (jusqu’à 5 litres) est tolérée, sauf arrêté local plus strict ; au-delà de 10 litres sans autorisation, c’est un délit. Pour les truffes, aucune tolérance.
  • Conservation : au réfrigérateur dès le retour, dans un papier, et consommation sous 24 à 48 heures. Les cèpes se sèchent bien en lamelles ; les girolles se congèlent après avoir été revenues.
  • Quantité : 150 à 200 g de champignons sauvages par adulte et par semaine au maximum (Anses).

Une recette de saison : poêlée de cèpes d’été et girolles (pour 4 personnes)

Préparation : 15 min · Cuisson : 25 min

  • 300 g de cèpes d’été fermes, 200 g de girolles, 2 échalotes, 1 gousse d’ail, 30 g de beurre, 1 cuillère à soupe d’huile, persil, sel, poivre
  1. Brossez les champignons ; coupez les cèpes en lamelles et laissez les petites girolles entières.
  2. Faites revenir les girolles 5 minutes à sec, à feu vif, et jetez l’eau rendue.
  3. Ajoutez l’huile, le beurre, les cèpes et les échalotes, et poursuivez 20 minutes à feu moyen.
  4. Ajoutez l’ail et le persil hachés en fin de cuisson, salez, poivrez.

Nos recettes détaillées : girolles en persillade · poêlée de cèpes à la bordelaise · omelette aux cèpes.

Questions fréquentes

Quels champignons ramasser en juin ?

Les premiers cèpes d’été et cèpes bronzés après les orages, les premières girolles, la russule charbonnière et la russule verdoyante, les derniers mousserons de la Saint-Georges, le marasme des oréades, le polypore soufré jeune et la truffe d’été.

Y a-t-il des cèpes en juin ?

Oui, s’il a plu : le cèpe d’été sort dès mai ou juin sous les chênes et les hêtres, et le cèpe bronzé commence en juin dans les régions chaudes. Le cèpe de Bordeaux, lui, fructifie surtout de juillet à novembre, même si des formes précoces existent.

Quand commence la saison des girolles ?

En général en juin, parfois dès mai après un printemps chaud et humide, et elle se prolonge jusqu’en octobre, voire novembre près de la Méditerranée.

Quels champignons poussent après un orage en juin ?

Surtout les cèpes d’été et bronzés, les girolles et les russules, quelques jours après une bonne pluie sur un sol chaud. Le bolet de Satan profite des mêmes conditions sur sol calcaire.

Peut-on trouver des amanites mortelles en juin ?

Oui : l’amanite printanière, entièrement blanche, est encore présente, et l’amanite phalloïde apparaît dès juin. Vérifiez toujours la base du pied : une volve en sac signe une amanite.

Que faire en cas de malaise après un repas de champignons ?

Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes semblent légers ou s’atténuent. Gardez les restes et les photos de la cueillette.

Les autres mois

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Sources

Quels champignons ramasser en juillet ?

Cèpes d’été à leur pic, girolles, amanites des Césars et premières coulemelles : les champignons de juillet après les orages, et les espèces toxiques et mortelles de l’été.

Quels champignons ramasser en mai ?

Mousseron de la Saint-Georges, dernières morilles, marasmes et premiers cèpes d’été : les champignons de mai, et les deux sosies dangereux du mois, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

Quels champignons ramasser en avril ?

Morilles, mousseron de la Saint-Georges, hygrophore de mars : les champignons d’avril, où les chercher et comment ne pas confondre morille et gyromitre.

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