Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources
En juillet, vous pouvez ramasser le cèpe d’été, à son pic de saison, le cèpe bronzé, les girolles, les russules charbonnière et verdoyante, les premières coulemelles, la vesse-de-loup géante, le polypore soufré et la truffe d’été, et dans le Sud, les premières amanites des Césars. Juillet est le vrai début de la saison… à condition qu’il pleuve : par temps de canicule et de sécheresse, les bois restent vides ; ce sont les orages qui déclenchent les poussées. C’est aussi le mois où l’amanite phalloïde, le bolet de Satan et le clitocybe de l’olivier s’installent pour l’été.
⚠️ Les règles de base de l’Anses
Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Séparez les espèces dans un panier (jamais de sac plastique). Faites vérifier votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique, sans vous fier aux applications. Photographiez votre cueillette avant cuisson. Ne mangez jamais de champignons sauvages crus, cuisez-les 20 à 30 minutes et n’en donnez pas aux jeunes enfants. En cas de troubles après un repas : 15 ou centre antipoison.
Sommaire
- Les champignons de juillet en un tableau
- Les cèpes de juillet
- Les girolles
- L’amanite des Césars
- Russules, coulemelles, vesses-de-loup, truffe d’été
- Les champignons toxiques et mortels de juillet
- Canicule et orages : la météo de juillet
- Cueillette et conservation par temps chaud
- Une recette de saison
- Questions fréquentes

Quels champignons ramasser en juillet ? Le tableau
| Champignon | Milieu | Comestibilité | Confusion dangereuse |
|---|---|---|---|
| Cèpe d’été (Boletus reticulatus) | Feuillus, surtout chênes ; après les orages | Excellent comestible, bien cuit | Bolet de Satan (toxique), bolet amer |
| Cèpe bronzé (Boletus aereus) | Chênes et châtaigniers, sol acide, régions chaudes | Excellent comestible, bien cuit | Bolet de Satan, bolet amer |
| Girolle (Cantharellus cibarius) | Feuillus et conifères, sol acide, mousse | Excellent comestible, bien cuit | Clitocybe de l’olivier (toxique), fausse girolle |
| Amanite des Césars (Amanita caesarea) | Chênes et châtaigniers du Midi, après les orages | Excellent comestible, bien cuit | Amanite tue-mouches, amanites mortelles au stade « œuf » |
| Russule charbonnière (Russula cyanoxantha) | Feuillus (hêtres, chênes) | Bon comestible, bien cuit | Amanite phalloïde (mortelle) |
| Russule verdoyante (Russula virescens) | Chênes, hêtres, lisières | Bon comestible, bien cuit | Amanite phalloïde (mortelle) |
| Coulemelle (Macrolepiota procera) | Prairies, lisières, talus ; premières poussées | Excellent comestible, bien cuit | Lépiote vénéneuse, petites lépiotes (mortelles) |
| Vesse-de-loup géante (Calvatia gigantea) | Prairies, pâtures, lisières | Comestible jeune, chair blanche, bien cuite | Amanites au stade « œuf » |
| Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) | Troncs de feuillus | Comestible jeune et bien cuit, parfois mal toléré | Peu de sosies dangereux |
| Truffe d’été (Tuber aestivum) | Sous terre, sol calcaire, chênes, noisetiers | Comestible | Scléroderme (toxique) |
Ce tableau indique ce qui peut pousser en juillet en France. Un mois de juillet sec et caniculaire ne donne presque rien en plaine ; les meilleures chances sont après les orages, en forêt humide et en montagne.
Les cèpes de juillet
Le cèpe d’été, à son pic
Le cèpe d’été (Boletus reticulatus, ancien nom Boletus aestivalis) se récolte de mai à octobre, avec un pic en juillet. Il vit avec les feuillus, surtout les chênes, aussi les châtaigniers et les hêtres, et sort en groupes quand il fait chaud et humide, dans les jours qui suivent les orages.
- Chapeau brun uniforme, sec et mat, velouté, qui se craquelle par temps sec.
- Pores blancs puis jaunes puis vert olive, jamais rouges.
- Pied beige couvert d’un réseau qui descend souvent jusqu’à la base.
- Chair blanche, qui ne bleuit pas.
Le cèpe bronzé et le cèpe de Bordeaux
Le cèpe bronzé (Boletus aereus), à chapeau brun très foncé à noirâtre et pores blancs, partage les chênaies et châtaigneraies chaudes du cèpe d’été, sur sol acide, surtout au sud de la Loire. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) commence sa saison en juillet, mais reste rare avant la fin de l’été : ses poussées suivent une forte pluie accompagnée d’un rafraîchissement, ce qui arrive surtout en altitude.
Le piège : le bolet de Satan
Le bolet de Satan (Rubroboletus satanas) est un champignon de juillet-août : il sort par temps chaud, après les orages, sous les chênes, les hêtres et les charmes, sur sol calcaire. Chapeau blanchâtre à gris mastic, pores rouges, pied obèse jaune en haut et rouge en bas, chair qui bleuit : il provoque vomissements et diarrhées, même cuit. En juillet, il pousse souvent dans les mêmes chênaies que le cèpe d’été : regardez toujours sous le chapeau. Le bolet amer, à pores rosés et réseau brun foncé, n’est pas toxique mais très amer. Voir cèpe ou bolet de Satan et cèpe ou bolet amer.
Les girolles
La girolle (Cantharellus cibarius) est bien présente en juillet dès qu’il a plu, sous les feuillus (chênes, hêtres, bouleaux) comme sous les conifères, sur sol acide, souvent dans la mousse et sur les talus. En montagne, elle sort plus tard qu’en plaine.
- Chapeau jaune d’œuf à jaune orangé, en entonnoir, à marge ondulée.
- Dessous : des plis épais et fourchus qui descendent sur le pied, pas de vraies lames.
- Chair blanc crème, ferme, à odeur fruitée.
À ne pas confondre avec le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), présent de juillet à novembre, surtout dans le Midi : orange vif, en touffes serrées au pied des chênes, des châtaigniers, des oliviers ou sur les souches, avec de vraies lames serrées. Il provoque une gastro-entérite sévère. La fausse girolle, à vraies lames et chair molle, pousse surtout sous les conifères : écartez-la. Voir girolle ou clitocybe de l’olivier.
L’amanite des Césars, l’oronge des étés orageux
L’amanite des Césars (Amanita caesarea), ou oronge, est une espèce des régions chaudes, qui pousse sous les chênes et les châtaigniers de juillet à octobre, parfois dès juin. Ses poussées suivent souvent les orages d’été sur un sol bien chaud. Elle se reconnaît à la réunion de quatre caractères :
- un chapeau orange vif, lisse ;
- des lames jaunes ;
- un pied et un anneau jaunes ;
- une grande volve blanche en sac à la base.
L’amanite tue-mouches, toxique, a un chapeau rouge moucheté de blanc et des lames et un pied blancs. Ne cueillez jamais une amanite au stade d’« œuf » fermé, et aucune amanite si vous débutez : à ce stade, une oronge et une amanite mortelle se ressemblent. Voir oronge ou fausse oronge.
Russules, coulemelles, vesses-de-loup et truffe d’été
Les russules
La russule charbonnière (chapeau violet à vert olive, lames blanches souples qui plient sans casser) et la russule verdoyante (chapeau vert-de-gris craquelé en petites plaques) sont en pleine saison. Toutes deux ont une chair cassante, ni anneau ni volve. Leur grand danger est l’amanite phalloïde, verdâtre elle aussi : déterrez toujours la base. Voir amanite phalloïde ou russule verdoyante.
Les premières coulemelles
La coulemelle (Macrolepiota procera) apparaît dans les prairies, les lisières et les talus à partir de juillet, parfois dès la fin juin après un été orageux ; son pic viendra en septembre et octobre. Elle n’est comestible que si quatre critères sont réunis : un chapeau de plus de 10 cm à squames brunes, un pied chiné, une chair qui ne rougit pas et un bulbe sans rebord net ni volve. La lépiote vénéneuse, qui pousse sur les composts et dans les jardins, a un pied lisse et une chair qui rougit ; les petites lépiotes, dont certaines sont mortelles, ont un chapeau de moins de 10 cm. Voir coulemelle ou lépiote vénéneuse et coulemelle ou petites lépiotes.
La vesse-de-loup géante
La vesse-de-loup géante (Calvatia gigantea) entre dans sa pleine saison, de juillet à septembre, dans les prairies et les pâtures : grosse boule blanche et lisse, sans pied. Coupez-la en deux de haut en bas : chair blanche, ferme et homogène uniquement. Un chapeau et des lames dessinés à l’intérieur d’une petite boule signalent une amanite au stade « œuf ». Voir vesse-de-loup ou amanite.
Polypore soufré et truffe d’été
Le polypore soufré est encore à son pic en juillet : ne gardez que les bordures jeunes et tendres, bien cuites, jamais sur if ou résineux. La truffe d’été (Tuber aestivum), peau noire à verrues pyramidales et chair beige à noisette veinée de blanc, est en pleine saison sur les sols calcaires. Sa cueillette sans l’autorisation du propriétaire est un délit dès la première truffe.
Les champignons toxiques et mortels de juillet
⚠️ Urgence
Des troubles qui apparaissent plus de 6 heures après un repas de champignons sont un signal d’alarme : syndrome phalloïdien (amanite phalloïde, petites lépiotes), avec une amélioration trompeuse avant l’atteinte du foie, ou syndrome rénal des cortinaires, qui peut se révéler plusieurs jours après. Appelez immédiatement le 15 (ou le 112) ou un centre antipoison, même si les troubles s’améliorent.
| Espèce | Danger | Où et quand | Confondue avec |
|---|---|---|---|
| Amanite phalloïde | Mortelle (foie) | Feuillus, plus rarement conifères ; de juin à novembre | Russules vertes, rosé des prés |
| Petites lépiotes | Mortelles pour certaines | Pelouses, parcs, bords de chemins ; dès juillet | Jeunes coulemelles |
| Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) | Mortel (reins) | De l’été à la fin de l’automne | Petits champignons fauves |
| Bolet de Satan | Toxique (digestif) | Chênes, hêtres, sol calcaire, par temps chaud | Cèpes |
| Clitocybe de l’olivier | Toxique (gastro-entérite sévère) | Pied des arbres et souches, surtout dans le Midi ; dès juillet | Girolles |
| Inocybe de Patouillard | Toxique (muscarine), potentiellement mortel | Bois clairs de feuillus, sol calcaire ; jusqu’au milieu de l’été | Mousseron de la Saint-Georges |
| Amanite panthère | Toxique, parfois grave | Feuillus et conifères ; dès juillet | Amanite rougissante |
| Lépiote vénéneuse | Toxique | Jardins, composts ; de juillet à octobre | Coulemelle |
| Agaric jaunissant | Toxique (digestif) | Parcs, jardins, lisières ; dès juillet | Rosé des prés |
Selon l’Anses, sur le second semestre 2024, 56 % des cas graves relevaient du syndrome phalloïdien, et les 3 décès lui étaient dus. Les petites lépiotes et l’amanite phalloïde contiennent les mêmes toxines. Voir les champignons mortels et que faire en cas d’intoxication.
Canicule et orages : la météo de juillet
- Canicule et sécheresse : un sol trop sec bloque la fructification. Après plusieurs semaines sans pluie, inutile de prospecter en plaine.
- Orages : une forte pluie d’orage sur un sol chaud peut déclencher, quelques jours plus tard, une poussée d’espèces d’été : cèpe d’été, cèpe bronzé, amanite des Césars… et bolet de Satan.
- Altitude : en montagne, les nuits fraîches qui suivent une pluie favorisent girolles et premiers cèpes de Bordeaux.
- Forêts humides : fonds de vallon, bords de ruisseau et versants nord gardent l’humidité plus longtemps.
Pour suivre les conditions près de chez vous : l’indice « Ça pousse ? » par département et nos pages régionales, par exemple Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur ou Auvergne-Rhône-Alpes (toutes les régions).
Cueillette et conservation par temps chaud
- Partez tôt et rentrez avant la chaleur : en été, les champignons s’abîment et deviennent véreux très vite.
- Cueillez le champignon entier, base comprise, pour vérifier volve et bulbe (amanites, coulemelles, russules).
- Panier aéré, une espèce par compartiment ; jamais de sac plastique, jamais la récolte dans une voiture au soleil. Photographiez la récolte avant cuisson.
- Réglementation : les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. En forêt publique, la cueillette familiale (jusqu’à 5 litres) est tolérée, sauf arrêté local plus strict ; au-delà de 10 litres sans autorisation, c’est un délit. Pour les truffes, aucune tolérance.
- Conservation : au réfrigérateur dès le retour, dans un papier, et consommation sous 24 à 48 heures. Les cèpes se sèchent bien en lamelles ; girolles et coulemelles se congèlent après avoir été revenues.
- Quantité : 150 à 200 g de champignons sauvages par adulte et par semaine au maximum (Anses).
Une recette de saison : cèpes d’été grillés (pour 4 personnes)
Préparation : 10 min · Cuisson : 25 min
- 4 à 6 cèpes d’été fermes, 3 cuillères à soupe d’huile d’olive, 1 gousse d’ail, thym, fleur de sel, poivre
- Brossez les cèpes ; coupez les chapeaux en tranches d’1 cm et les pieds en rondelles.
- Badigeonnez-les d’huile et faites-les cuire 10 minutes de chaque côté à la plancha ou à la poêle, à feu moyen.
- Ajoutez l’ail haché et le thym 2 minutes, puis la fleur de sel et le poivre.
Nos recettes détaillées : poêlée de cèpes à la bordelaise · girolles en persillade · coulemelles panées.
Questions fréquentes
Quels champignons ramasser en juillet ?
Surtout le cèpe d’été, à son pic, le cèpe bronzé, les girolles, les russules charbonnière et verdoyante, les premières coulemelles, la vesse-de-loup géante et la truffe d’été ; dans le Sud, les premières amanites des Césars. Il faut qu’il ait plu.
Y a-t-il des cèpes en juillet ?
Oui : juillet est le pic du cèpe d’été, qui sort sous les chênes quelques jours après les orages. Le cèpe de Bordeaux, lui, reste rare avant la fin de l’été, sauf en altitude.
Quels champignons poussent après un orage ?
Les espèces d’été qui aiment la chaleur : cèpe d’été, cèpe bronzé, girolle, amanite des Césars dans le Sud. Le bolet de Satan profite des mêmes conditions sur sol calcaire.
Quand trouver l’amanite des Césars ?
De juillet à octobre, parfois dès juin, sous les chênes et les châtaigniers des régions chaudes, surtout après les orages d’été. Ne cueillez jamais d’amanite au stade d’« œuf ».
Peut-on ramasser des coulemelles en juillet ?
Oui, les premières apparaissent en juillet dans les prairies et les lisières. Vérifiez les quatre critères : chapeau de plus de 10 cm, pied chiné, chair qui ne rougit pas, bulbe sans volve.
Y a-t-il des champignons mortels en été ?
Oui : l’amanite phalloïde pousse dès juin, les petites lépiotes et le cortinaire couleur de rocou dès l’été. Ils sont responsables des intoxications les plus graves.
Que faire en cas de malaise après un repas de champignons ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes semblent légers ou s’atténuent. Gardez les restes et les photos de la cueillette.
Les autres mois
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Sources
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Wikipédia : Boletus reticulatus, Bolet de Satan, Girolle, Amanite des Césars, Coulemelle, Amanite phalloïde.
- Mycobota, Les champignons d’été ; Omphalotus olearius, clitocybe de l’olivier.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.
- Sources détaillées sur nos fiches cèpe d’été, amanite des Césars, coulemelle et vesse-de-loup géante.