Mis à jour le 27 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
Un champignon jaune ou orange peut être la girolle, excellent comestible, ou l’un de ses sosies toxiques : clitocybe de l’olivier, fausse girolle, hypholome en touffe. Plusieurs espèces jaunes ou orange sont même mortelles : tricholome équestre, cortinaire couleur de rocou, galère marginée et formes jaunâtres de l’amanite phalloïde. Le dessous du chapeau et le support tranchent.
⚠️ La couleur ne suffit jamais
Aucune couleur ne prouve qu’un champignon est comestible ou toxique. La teinte d’une même espèce varie avec l’âge, la pluie et le soleil, et il existe des espèces mortelles blanches, vertes, jaunes, orange et brunes. Les plus dangereux sont les champignons blancs à lames blanches et à volve (un sac membraneux à la base du pied, souvent enterré) : amanite vireuse, amanite printanière, forme blanche de l’amanite phalloïde.
Identifiez toujours avec les lames (ou pores), l’anneau, la base du pied déterrée, l’odeur et le milieu, puis faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.
Sommaire

Quels champignons jaunes ou orange trouve-t-on en France ?
Espèces du site à chapeau jaune, jaune miel, orangé ou orange vif, au moins à un stade. Les mortelles et toxiques sont en premier. L’amanite tue-mouche peut aussi pâlir vers l’orangé sous la pluie.
MortelTricholome équestre (bidaou)Jaune à centre olivâtre, lames jaune soufre
MortelAmanite phalloïdeVert olive à jaunâtre, parfois blanc ; volve en sac
MortelCortinaire couleur de rocouRoux orangé feutré, lames rouille, sans anneau
MortelCortinaire très joliFauve à mamelon pointu, bracelets jaunes
MortelGalère marginéePetit brun miel sur bois mort, anneau fragile
ToxiqueClitocybe de l’olivierTouffes orange vif sur souches, vraies lames
ToxiqueFausse girolleOrange velouté, vraies lames fines
ToxiqueAmanite jonquilleJaune pâle à plaques blanches, marge striée
ToxiqueHypholome en touffeTouffes jaune soufre, lames jaune verdâtre
ToxiqueScléroderme communBoule ocre écailleuse, intérieur noir violacé
Sans intérêtAmanite citrineJaune citron pâle, bulbe à rebord, odeur de rave
ComestibleAmanite des Césars (oronge)Orange vif, lames et pied jaunes, volve blanche
ComestibleGirolleJaune d’œuf, plis épais et fourchus
Comestible cuitPolypore soufré (poulet des bois)Consoles orange bordées de jaune soufre
ComestibleLactaire délicieuxOrange zoné, lait orange carotte
Comestible cuitBolet orangéOrange vif, pied à mèches, sous les trembles
ComestiblePézize orangéeCoupe orange sans pied, sur sol nu
DéconseilléArmillaire couleur de mielTouffes jaune miel sur souches, anneau blanc
ComestibleHygrophore des présOrangé, lames cireuses très espacées
ComestiblePholiote changeante (souchette)Touffes miel sur souches, mèches sous l’anneau
ComestibleBolet subtomenteuxChapeau velouté en daim, pores jaune vifComment distinguer les champignons jaunes et orange ?
| Espèce | Statut | Critère qui tranche | Sosie à connaître |
|---|---|---|---|
| Tricholome équestre (bidaou) (Tricholoma equestre) | Mortel | Lames jaune soufre, pinèdes sableuses ; à ne plus consommer | Amanite phalloïde |
| Amanite phalloïde (Amanita phalloides) | Mortel | Lames blanches + anneau + volve blanche en sac | Russule verdoyante |
| Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) | Mortel | Lames jaune orangé puis rouille, sporée rouille | Chanterelle en tube |
| Cortinaire très joli (Cortinarius rubellus) | Mortel | Lames ocre puis rouille, mamelon pointu | Chanterelle en tube |
| Galère marginée (Galerina marginata) | Mortel | Pied fibrilleux sans mèches sous l’anneau, sporée rouille | Pholiote changeante |
| Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) | Toxique | Vraies lames fines et serrées, en touffes sur le bois | Girolle |
| Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) | Toxique | Vraies lames fines, serrées et fourchues | Girolle |
| Amanite jonquille (Amanita gemmata) | Toxique | Marge striée + petit bulbe à rebord net ; anneau fragile | Amanite phalloïde |
| Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) | Toxique | Lames verdâtres puis noirâtres, chair amère | Pholiote changeante |
| Scléroderme commun (Scleroderma citrinum) | Toxique | Écorce dure et épaisse, intérieur noir violacé marbré | Vesse-de-loup perlée |
| Amanite citrine (Amanita citrina) | Sans intérêt culinaire, à ne pas consommer | Gros bulbe à rebord net sans sac, odeur de rave crue | Amanite phalloïde |
| Amanite des Césars (oronge) (Amanita caesarea) | Comestible | Lames, pied et anneau jaunes + volve blanche en sac | Amanite tue-mouche |
| Girolle (Cantharellus cibarius) | Comestible | Plis épais (pas de vraies lames), pousse au sol | Clitocybe de l’olivier |
| Polypore soufré (poulet des bois) (Laetiporus sulphureus) | Comestible bien cuit (jamais cru) | Pores jaunes (pas de lames), surtout sur feuillus ; à rejeter s’il pousse sur un if | Clitocybe de l’olivier |
| Lactaire délicieux (Lactarius deliciosus) | Comestible | Lait orange qui reste orange | Lactaire à toison |
| Bolet orangé (Leccinum albostipitatum) | Comestible bien cuit (jamais cru) | Pied couvert de mèches, chair qui rosit puis noircit | Bolet amer |
| Pézize orangée (Aleuria aurantia) | Comestible | Coupe sans pied ni lames, face externe pâle | — |
| Armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) | Déconseillé (comestible controversé) : jamais cru, parfois mal toléré même cuit | Lames et sporée blanches, anneau blanc épais | Galère marginée |
| Hygrophore des prés (Cuphophyllus pratensis) | Comestible | Lames épaisses décurrentes, sporée blanche | Cortinaire couleur de rocou |
| Pholiote changeante (souchette) (Kuehneromyces mutabilis) | Comestible | Pied couvert de mèches brunes sous l’anneau | Galère marginée |
| Bolet subtomenteux (Xerocomus subtomentosus) | Comestible | Chapeau sec velouté, pores jaunes larges et anguleux | Bolet amer |
Girolle ou sosie orange : comment ne pas se tromper ?
La girolle pousse au sol, isolée ou en groupes, et porte sous le chapeau des plis épais, fourchus et arrondis qui descendent sur le pied, pas de vraies lames. Sa chair est ferme, blanc crème, à odeur fruitée d’abricot.
- Le clitocybe de l’olivier pousse en touffes sur le bois (souches, racines de feuillus) et a de vraies lames fines ; sa chair est orangée jusqu’au cœur. Voir girolle ou clitocybe de l’olivier.
- La fausse girolle a des lames fines, serrées et fourchues, plus orangées que le chapeau, et une chair molle. Voir girolle ou fausse girolle.
- Le cortinaire couleur de rocou, mortel, a des lames espacées jaune orangé puis rouille et une sporée rouille. Ses symptômes (atteinte des reins) peuvent n’apparaître que plusieurs jours après le repas.
Pour les champignons jaunes à lames, pensez aussi au tricholome équestre (bidaou) : longtemps consommé, il a provoqué des rhabdomyolyses parfois mortelles et ne doit plus être mangé. Et un chapeau jaune verdâtre à lames blanches, anneau et volve reste une amanite phalloïde jusqu’à preuve du contraire.
Quels autres champignons jaunes ou orange pousse-t-il en France ?
Espèces sans fiche sur le site, citées d’après les sources en bas de page :
- Tricholome soufré (Tricholoma sulphureum) : entièrement jaune soufre, lames jaunes épaisses et espacées, forte odeur de gaz d’éclairage ; sous feuillus, en automne. Non comestible.
- Polypore rutilant (Hapalopilus rutilans) : petite console brun orangé cannelle sur branches mortes de feuillus, qui devient violet vif au contact d’une base. Toxique (atteinte du foie et des reins rapportée).
- Pholiote écailleuse (Pholiota squarrosa) : chapeau jaune clair à ocre couvert d’écailles rousses retroussées, au pied des feuillus. Non comestible (troubles digestifs).
- Omphale à lames dorées (Chrysomphalina chrysophylla) : petit chapeau ombiliqué, lames jaune vif espacées, sur bois pourri de conifères. Non comestible.
Comment identifier sûrement un champignon de cette couleur ?
Partez toujours du champignon entier, déterré avec la base du pied, et répondez dans l’ordre à ces questions : qu’y a-t-il sous le chapeau (lames, pores, plis, aiguillons) et de quelle couleur ? Y a-t-il un anneau ? Une volve ou un bulbe à rebord ? La chair change-t-elle de couleur à la coupe ? Quelle odeur ? Sur quel support et sous quels arbres pousse-t-il ?
- Notre clé d’identification pas à pas vous guide question par question parmi les espèces du site.
- Le guide Apprendre à reconnaître les champignons explique chaque organe à observer.
- Les pages Confusions dangereuses comparent les sosies deux à deux.
Même avec tous ces critères, faites valider votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique avant toute consommation. L’Anses rappelle aussi de ne jamais manger un champignon cru, de le cuire 20 à 30 minutes, de ne pas dépasser 150 à 200 g par adulte et par semaine, et de ne pas en donner aux jeunes enfants.
Questions fréquentes sur les champignons jaunes et orange
Un champignon jaune est-il toxique ?
Certains le sont, d’autres non. La girolle ou le polypore soufré se mangent bien cuits ; le clitocybe de l’olivier, l’hypholome en touffe et l’amanite jonquille sont toxiques ; le tricholome équestre et le cortinaire couleur de rocou sont mortels.
Quels champignons orange sont comestibles ?
La girolle, le lactaire délicieux (lait orange carotte), l’amanite des Césars, le bolet orangé et la pézize orangée. Chacun a au moins un sosie toxique : identifiez tous les critères.
Quel champignon orange pousse en touffe sur une souche ?
Le plus souvent le clitocybe de l’olivier (toxique) ou l’hypholome en touffe (toxique, jaune soufre). Des touffes miel à brunes peuvent être l’armillaire, la pholiote changeante ou la galère marginée, mortelle. La girolle, elle, ne pousse jamais sur le bois.
Petit champignon orange au sol, en coupe : qu’est-ce que c’est ?
Sans doute une pézize orangée : une coupe orange vif sans pied, sur la terre nue des chemins. Elle est sans danger, mais de faible intérêt culinaire.
La couleur jaune d’un champignon change-t-elle avec l’âge ?
Oui. Le chapeau de la galère marginée pâlit en jaune miel en séchant, l’hygrophore des prés devient plus ocre, l’amanite phalloïde varie du vert au jaune pâle. C’est pourquoi la couleur ne suffit jamais.
Voir aussi les champignons blancs, rouges et roses, violets et bleus, bruns, et le guide des champignons par couleur.
Sources
- Anses : Intoxications par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Centre antipoison de Lille : Les syndromes d’intoxication par les champignons.
- Mycobota : Tricholoma sulphureum, tricholome soufré.
- Champyves : Tricholoma sulphureum.
- Wikipedia (en) : Hapalopilus rutilans.
- Wikipédia : Pholiota squarrosa.