Quels champignons ramasser en avril ?

Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

En avril, vous pouvez surtout ramasser des morilles : c’est leur pic de saison en plaine. Fin avril arrive le mousseron de la Saint-Georges, dans les prés et au pied des haies. En montagne, l’hygrophore de mars sort à la fonte des neiges, et l’oreille de Judas se cueille toute l’année sur le sureau. Avril reste un mois pauvre en espèces, mais riche en pièges. La gyromitre, ou « fausse morille », potentiellement mortelle, pousse en même temps que les morilles. Et les morilles elles-mêmes sont toxiques crues ou mal cuites. Ce guide vous dit quoi chercher, où, et comment éviter les erreurs du printemps.

⚠️ Les règles de base de l’Anses

Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Séparez les espèces dans un panier (jamais de sac plastique). Faites vérifier votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique, sans vous fier aux applications. Photographiez votre cueillette avant cuisson. Ne mangez jamais de champignons sauvages crus, cuisez-les 20 à 30 minutes et n’en donnez pas aux jeunes enfants. En cas de troubles après un repas : 15 ou centre antipoison.

Champignons d'avril : morille commune, morille conique, mousseron de la Saint-Georges, hygrophore de mars, oreille de Judas et gyromitre mortelle
Champignons d’avril (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Quels champignons ramasser en avril ? Le tableau

Champignon Milieu Comestibilité Confusion dangereuse
Morille commune (Morchella esculenta) Frênes, ormes, vergers, haies, bords de rivière ; sol calcaire Comestible bien cuite uniquement Gyromitre (potentiellement mortelle)
Morille conique (Morchella groupe elata) Plaine ; en montagne, sapins et épicéas, anciennes places à feu Comestible bien cuite uniquement Gyromitre
Mousseron de la Saint-Georges (Calocybe gambosa) Prairies, vergers, pied des haies, près des aubépines ; en ronds Bon comestible, bien cuit Inocybe de Patouillard (toxique), amanite printanière (mortelle)
Hygrophore de mars (Hygrophorus marzuolus) Forêts de montagne, conifères ou hêtres, à la fonte des neiges Bon comestible, bien cuit Espèce peu connue : faites-la vérifier
Pézize veinée (Disciotis venosa) Feuillus (frênes), haies, bords de ruisseau ; sol argilo-calcaire Toxique crue, comestible bien cuite Gyromitre (vérifiez la forme en coupe et l’odeur de Javel)
Oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) Branches mortes de sureau Comestible bien cuite Peu de confusion grave
Coprin chevelu (Coprinus comatus) Pelouses, prairies, bords de chemins Comestible très jeune (lames blanches), bien cuit Coprin noir d’encre (toxique avec l’alcool)

Ce tableau indique ce qui peut pousser en avril en France. Les dates varient de plusieurs semaines selon la latitude, l’altitude et la pluie : plus tôt dans le Sud et en plaine, plus tard au nord et en montagne.

Les morilles, reines du mois d’avril

Les morilles se cueillent de mars à mai en plaine, avec un pic en avril. En montagne, elles suivent la fonte des neiges et se prolongent jusqu’en juin. On distingue deux grands groupes, tous deux comestibles à condition d’être bien cuits.

La morille commune (morille blonde)

La morille commune (Morchella esculenta) a un chapeau arrondi à ovale, blond à ocre, creusé d’alvéoles profondes et irrégulières, comme une éponge. Le chapeau est soudé directement au pied, et le champignon coupé en long est creux d’une seule cavité, du sommet à la base. Cherchez-la sous les frênes et les ormes, dans les bois de bord de rivière et les peupleraies, au pied des haies, dans les vergers, sur les talus, les terrains remués et les anciennes places à feu, plutôt sur sol calcaire et frais.

La morille conique (morille noire)

La morille conique (Morchella du groupe elata) a un chapeau pointu, brun gris à noirâtre, aux alvéoles alignées entre des côtes verticales qui noircissent. Elle sort souvent un peu avant la morille blonde. En montagne, elle pousse sous les sapins et les épicéas, notamment sur les anciennes places à feu humides.

Jamais crues, jamais juste réchauffées

Crues ou mal cuites, les morilles sont toxiques. En 2023, l’Anses a signalé trois personnes intoxiquées par des morilles vendues avec la consigne d’un simple réchauffage à la poêle. Même bien cuites, de grandes quantités peuvent provoquer un syndrome neurologique passager (tremblements, vertiges, troubles de l’équilibre). Cuisez-les 20 à 30 minutes, séchées et réhydratées comme fraîches, et restez sous 150 à 200 g par adulte et par semaine.

Le piège : la gyromitre

La gyromitre (Gyromitra esculenta) pousse au même moment, surtout sous les pins, sur sol sableux et acide, en montagne. Son chapeau brun n’est pas alvéolé mais plissé comme un cerveau, et sa coupe montre plusieurs cavités ou une moelle cotonneuse. Elle contient de la gyromitrine, qui se transforme dans l’organisme en monométhylhydrazine ; elle est toxique crue comme cuite, et sa vente est interdite en France depuis 1991. Les verpes, dont le chapeau n’est fixé qu’au sommet du pied, comme un dé à coudre, sont aussi à écarter : la verpe de Bohême est toxique crue et mal tolérée par certaines personnes. Comparatif détaillé : morille ou gyromitre.

Le mousseron de la Saint-Georges

Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa), ou mousseron de printemps, doit son nom à la Saint-Georges, le 23 avril : il apparaît autour de cette date en Provence, quelques semaines plus tard plus au nord. Sa saison court de fin avril à juin. Il pousse dans les prairies, les vergers, les pelouses et au pied des haies, souvent près des aubépines et des ormes, sur sol plutôt calcaire, en ronds de sorcière qui reviennent d’une année sur l’autre.

Quatre critères doivent être réunis :

  • un champignon trapu, entièrement blanc crème, qui ne rougit jamais ;
  • des lames blanches très serrées ;
  • une forte odeur de farine fraîche ;
  • une base de pied sans volve ni anneau (déterrez-la).

Un chapeau conique qui se tache de rouge et des lames qui brunissent désignent l’inocybe de Patouillard, toxique, qui sort surtout à partir de mai. Des lames qui deviennent roses signalent un entolome. Une volve et un anneau signalent une amanite, peut-être mortelle. Voir le comparatif mousseron de la Saint-Georges ou entolome livide.

En montagne : hygrophore de mars et morilles noires

L’hygrophore de mars (Hygrophorus marzuolus) fructifie de mars à la mi-mai, souvent à la fonte des neiges, dans les forêts de montagne, sous les conifères ou les hêtres, à partir de 700 m environ. Son chapeau de 4 à 12 cm, charnu, est blanchâtre chez le jeune puis gris marbré à gris sombre ; ses lames épaisses et espacées sont blanc terne puis grisâtres ; son pied est robuste et plein. C’est un bon comestible, rarement véreux à cette saison, mais une espèce assez rare : cueillez-le avec modération et laissez les jeunes. Il se cache souvent sous la mousse et les aiguilles.

Au même moment, les morilles noires suivent le recul de la neige sous les sapins et les épicéas. Soyez particulièrement vigilant : en montagne, morilles et gyromitres poussent parfois au même endroit. Coupez chaque exemplaire en deux sur place.

Pézize veinée, oreille de Judas et autres espèces

La pézize veinée, annonciatrice des morilles

La pézize veinée (Disciotis venosa), ou oreille de cochon, forme une coupe de 5 à 15 cm, brune et veinée à l’intérieur, blanchâtre à l’extérieur, avec un pied très court. Elle dégage une nette odeur d’eau de Javel. Elle pousse de la mi-mars au début de mai sous les feuillus, surtout les frênes, dans les haies et au bord des ruisseaux, sur sol argilo-calcaire. Les mycologues la considèrent comme un signal : elle précède souvent les morilles d’une quinzaine de jours. Toxique crue, elle n’est comestible que bien cuite.

L’oreille de Judas

L’oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) se trouve toute l’année sur les branches mortes, surtout de sureau. Brune, gélatineuse, en forme d’oreille, elle se ratatine par temps sec et reprend sa forme après la pluie. Elle se consomme bien cuite.

Et aussi

  • Le coprin chevelu peut apparaître dès avril dans les pelouses et les prairies. Ne le cueillez que très jeune, lames encore blanches, loin des routes.

Les champignons toxiques d’avril

Espèce Danger Où et quand Confondue avec
Gyromitre (Gyromitra esculenta) Potentiellement mortelle, crue comme cuite Sous les pins, sol sableux, montagne ; avril-mai Morilles
Morilles crues ou mal cuites Toxiques ; syndrome neurologique possible même cuites, en grande quantité Toute la saison —
Verpes (Verpa) Toxiques crues, mal tolérées Bois de feuillus ; début du printemps Morilles
Inocybe de Patouillard (Inosperma erubescens) Toxique (muscarine), potentiellement mortel Bois clairs de feuillus, lisières, sol calcaire ; surtout dès mai Mousseron de la Saint-Georges
Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) Toxique (digestif) En touffes sur les souches, presque toute l’année Pholiote changeante
  • Gyromitre : les premiers symptômes (grande fatigue, vertiges, maux de tête, douleurs abdominales, vomissements) apparaissent le plus souvent 6 à 12 heures après le repas. L’issue peut être mortelle.
  • Inocybe de Patouillard : sueurs abondantes, salivation, larmoiement et troubles digestifs, 15 minutes à 2 heures après le repas.

Plus d’informations : les champignons mortels et que faire en cas d’intoxication.

Météo et régions : où chercher en avril

  • Latitude : la saison des morilles commence plus tôt dans le Sud et en plaine. Le mousseron de la Saint-Georges sort autour du 23 avril en Provence, plus tard au nord.
  • Altitude : en montagne, morilles noires et hygrophores de mars suivent la fonte des neiges.
  • Pluie : comme en toute saison, un printemps sec reste pauvre. Les poussées suivent les pluies de printemps.
  • Indice : la pézize veinée précède souvent les morilles d’une quinzaine de jours.

Pour savoir si les conditions sont réunies près de chez vous, consultez l’indice « Ça pousse ? » par département et nos pages régionales, par exemple Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté ou Grand Est (toutes les régions).

Cueillette, réglementation et conservation

  • Coupez chaque morille en deux dans la longueur, sur place : une seule cavité, du sommet à la base, et un chapeau soudé au pied. Sinon, jetez-la.
  • Déterrez la base des champignons à lames (mousserons) pour vérifier l’absence de volve.
  • Panier aéré, une espèce par compartiment, jamais de sac plastique ; photographiez la récolte avant cuisson.
  • Réglementation : les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. En forêt publique, la cueillette est tolérée jusqu’à 5 litres, sauf arrêté local plus strict ; au-delà de 10 litres sans autorisation, c’est un délit. Renseignez-vous en mairie ou en préfecture.
  • Conservation : 24 à 48 heures au réfrigérateur dans un papier. Les morilles se sèchent très bien (sur un fil ou à 40-50 °C) ; pour les congeler, faites-les d’abord cuire.
  • Nettoyage : fendez les morilles en deux pour chasser la terre et les insectes des alvéoles (voir comment bien nettoyer vos champignons).

Une recette de saison : morilles à la crème (pour 4 personnes)

Préparation : 15 min · Cuisson : 30 min

  • 300 g de morilles fraîches (ou 40 g séchées, réhydratées 30 minutes), 2 échalotes, 30 g de beurre, 20 cl de crème, sel, poivre
  1. Fendez les morilles en deux, rincez-les rapidement et épongez-les.
  2. Faites-les cuire 20 minutes dans le beurre avec les échalotes, à feu moyen, jusqu’à évaporation de leur eau.
  3. Ajoutez la crème et laissez mijoter encore 10 minutes à feu doux. Salez, poivrez. Servez avec une volaille ou des pâtes.

Recette détaillée, avec morilles fraîches ou séchées et 35 minutes de cuisson : morilles à la crème.

Questions fréquentes

Quels champignons ramasser en avril ?

Surtout les morilles, dont c’est le pic en plaine, puis le mousseron de la Saint-Georges à partir de la fin du mois. En montagne, l’hygrophore de mars ; partout, l’oreille de Judas sur le sureau.

Quand ramasser les morilles ?

De mars à mai en plaine, avec un pic en avril, et jusqu’en juin en montagne, où elles suivent la fonte des neiges. La morille conique sort souvent un peu avant la morille blonde.

Quelle lune pour ramasser les morilles ?

Aucune : les études n’ont montré aucune influence de la lune sur la pousse des champignons. Surveillez plutôt la pluie et la douceur des températures.

Comment reconnaître une fausse morille ?

La gyromitre a un chapeau plissé comme un cerveau, sans alvéoles, et sa coupe montre plusieurs cavités. La vraie morille a des alvéoles, un chapeau soudé au pied et une seule cavité.

Peut-on manger des morilles crues ?

Non. Crues ou juste réchauffées, elles sont toxiques. Cuisez-les 20 à 30 minutes, qu’elles soient fraîches, séchées ou surgelées.

Quand sort le mousseron de printemps ?

Autour du 23 avril dans le Midi, quelques semaines plus tard dans le Nord ; sa saison dure jusqu’en juin.

Y a-t-il des cèpes en avril ?

Non en règle générale. Le premier cèpe de l’année, le cèpe d’été, sort au plus tôt en mai, après des orages.

Que faire en cas de malaise après un repas de morilles ?

Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes s’atténuent. Gardez les restes et les photos de la cueillette.

Les autres mois

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Sources

Quels champignons ramasser en juillet ?

Cèpes d’été à leur pic, girolles, amanites des Césars et premières coulemelles : les champignons de juillet après les orages, et les espèces toxiques et mortelles de l’été.

Quels champignons ramasser en juin ?

Premiers cèpes d’été, girolles, russules et truffe d’été : les champignons de juin, la météo qui les fait sortir et les espèces mortelles du début de l’été.

Quels champignons ramasser en mai ?

Mousseron de la Saint-Georges, dernières morilles, marasmes et premiers cèpes d’été : les champignons de mai, et les deux sosies dangereux du mois, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

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