Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources
En février, vous pouvez ramasser des pleurotes en huître, des collybies à pied velouté et des oreilles de Judas sur le bois mort, et c’est encore la pleine saison de la truffe noire. Dans le Midi, le tricholome terreux fructifie toujours sous les pins. En fin de mois, si la neige fond sans gel sévère, les premiers hygrophores de mars peuvent apparaître en montagne. Février reste pourtant l’un des mois les plus pauvres de l’année : ne cherchez pas à remplir votre panier à tout prix, et n’emportez que ce que vous identifiez avec certitude.
⚠️ Les règles de base de l’Anses
Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Séparez les espèces dans un panier (jamais de sac plastique). Faites vérifier votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique, sans vous fier aux applications. Photographiez votre cueillette avant cuisson. Ne mangez jamais de champignons sauvages crus, cuisez-les 20 à 30 minutes et n’en donnez pas aux jeunes enfants. En cas de troubles après un repas : 15 ou centre antipoison.

Sommaire
- Les champignons de février en un tableau
- Sur le bois mort : pleurotes, collybies, oreilles de Judas
- La truffe noire, fin de la pleine saison
- Fin février : l’hygrophore de mars en montagne
- Dans le Midi
- Les champignons toxiques de février
- Redoux, fonte des neiges : la météo de février
- Cueillette et réglementation
- Questions fréquentes
Quels champignons ramasser en février ? Le tableau
| Champignon | Milieu | Comestibilité | Confusion à éviter |
|---|---|---|---|
| Pleurote en huître (Pleurotus ostreatus) | Troncs et souches de feuillus | Comestible bien cuit | Clitocybe de l’olivier (toxique), pleurote en oreille (toxique) |
| Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) | Souches et bois mort de feuillus, en touffes | Comestible bien cuit (chapeau) | Galère marginée (mortelle), hypholome en touffe |
| Oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) | Branches mortes, surtout de sureau | Comestible bien cuite | Pas de sosie mortel |
| Truffe noire (Tuber melanosporum) | Sous terre, chênes et noisetiers, sol calcaire | Comestible | Scléroderme (toxique) |
| Hygrophore de mars (Hygrophorus marzuolus) | Forêts de montagne (sapins, épicéas, hêtres), à la fonte des neiges, dès la mi-février | Comestible bien cuit | Jeunes amanites grises (toxiques à mortelles), tricholomes gris : vérifiez lames, anneau et volve |
| Tricholome terreux (Tricholoma terreum) | Pinèdes du Midi | Comestible bien cuit, avec modération | Tricholome tigré (toxique) |
| Pézize écarlate (Sarcoscypha) | Branchettes mortes, haies, sous-bois humides | Sans intérêt culinaire | — |
Février est un mois de transition : les espèces d’hiver s’essoufflent, celles du printemps ne sont pas encore là. Pour suivre la situation près de chez vous, consultez notre indice « Ça pousse ? » et les pages régionales.
Sur le bois mort : pleurotes, collybies, oreilles de Judas
Le pleurote en huître
Le pleurote en huître (Pleurotus ostreatus) fructifie jusqu’à la fin de l’hiver, en touffes étagées sur les troncs couchés, les souches et les arbres blessés de feuillus, surtout hêtres, peupliers et saules. Il se reconnaît à son chapeau en coquille gris bleuté à brun, à ses lames blanchâtres qui descendent sur un pied très court et latéral et à sa chair blanche épaisse. Ses poussées suivent souvent un refroidissement, pendant une période douce et humide. Rejetez tout exemplaire orange (clitocybe de l’olivier) et tout petit champignon entièrement blanc, à chair mince, sur bois de conifère (pleurote en oreille, toxique).
La collybie à pied velouté
La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) pousse de novembre à mars, en touffes sur les souches de feuillus, et résiste au gel. Chapeau jaune orangé, visqueux, lames crème, pied velouté brun foncé à noirâtre vers la base, sans anneau, sporée blanche. Seuls les chapeaux des jeunes exemplaires se mangent. Son sosie dangereux est la galère marginée, mortelle, qui porte un anneau fragile et donne une sporée brun rouille. Faites toujours une sporée en cas de doute, et ne ramassez aucun petit champignon brun sur le bois si vous débutez.
L’oreille de Judas
L’oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) est facile à repérer en février sur les branches nues de sureau noir. Brun rougeâtre, en forme d’oreille, gélatineuse et élastique, sans pied, sans lames ni pores : elle n’a pas de sosie mortel. Elle regonfle après la pluie. Ne la mangez jamais crue.
La truffe noire, fin de la pleine saison
La truffe noire (Tuber melanosporum) se récolte de novembre à mars ; février est encore l’un de ses meilleurs mois, avant une fin de saison en mars. Souterraine, elle vit avec les chênes et les noisetiers sur sol calcaire, surtout dans le Sud-Est (Vaucluse, Drôme), le Sud-Ouest et le Centre-Ouest. On la reconnaît à sa peau noire à petites verrues polygonales, à sa chair noir violacé finement veinée de blanc et à son parfum puissant. La truffe brumale (Tuber brumale), qui pousse dans les mêmes truffières, a une chair grise à larges veines blanches espacées et un parfum moindre.
Une « truffe » trouvée à la surface, à peau jaunâtre et à odeur désagréable, est un scléroderme, toxique. Et la truffe appartient au propriétaire du terrain : sa cueillette sans autorisation est un délit dès la première truffe.
Fin février : l’hygrophore de mars en montagne
L’hygrophore de mars (Hygrophorus marzuolus) est le premier grand comestible de l’année. Sa saison principale est mars, mais il peut sortir dès la mi-février quand la neige fond sans fortes gelées, et jusqu’au printemps. On le trouve en forêt de montagne, sous les sapins, les épicéas ou les hêtres, en général au-dessus de 700 m, souvent vers 1 000 à 1 200 m, sur sol calcaire ou siliceux. Il pousse près des plaques de neige qui fondent, souvent à demi enfoui dans la mousse ou les aiguilles : il se cherche plus qu’il ne se voit.
- Chapeau de 4 à 12 cm, charnu, d’abord blanchâtre puis gris marbré à gris sombre, presque noir chez les vieux exemplaires ; légèrement visqueux puis sec.
- Lames épaisses, espacées, un peu décurrentes, blanc terne puis grisâtres.
- Pied robuste, plein, souvent coudé, blanchâtre à gris.
- Chair blanche, ferme, à odeur agréable.
Sa saison très précoce limite les confusions ; un proche parent qui lui ressemble, Hygrophorus camarophyllus, pousse en automne. Certaines sources le disent en régression : prélevez avec modération, laissez les jeunes exemplaires et ne retournez pas la litière. Voir aussi la page champignons en Auvergne-Rhône-Alpes.
Dans le Midi
Sur le pourtour méditerranéen, le tricholome terreux (petit gris) fructifie tout l’hiver sous les pins : chapeau gris souris, sec et feutré, lames blanchâtres à gris perle, pied blanc et lisse sans anneau, odeur faible, non farineuse. Ne le confondez pas avec le tricholome tigré, toxique. Voir les pages Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie.
Dans les haies et les sous-bois humides, vous croiserez aussi la pézize écarlate (Sarcoscypha), petite coupe rouge vif sur les branchettes mortes, visible en hiver et au début du printemps. Elle est sans intérêt culinaire.
Les champignons toxiques de février
| Espèce | Danger | Où et quand | Confondue avec |
|---|---|---|---|
| Hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) | Toxique (troubles digestifs parfois sévères) | Souches ; en hiver par temps doux | Pholiote changeante, armillaire |
| Galère marginée (Galerina marginata) | Mortelle (foie) | Bois mort ; surtout de l’été à la fin de l’automne | Collybie à pied velouté, pholiote changeante |
| Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) | Toxique (gastro-entérite sévère) | Pied des arbres et souches, dans le Midi, parfois en hiver | Pleurotes |
| Pleurote en oreille (Pleurocybella porrigens) | Toxique, potentiellement mortel | Bois de conifères en montagne (Jura, Vosges) ; surtout en automne | Pleurotes |
| Scléroderme commun (Scleroderma citrinum) | Toxique (troubles digestifs) | À la surface du sol | Truffes |
L’hypholome en touffe est le piège le plus courant sur les souches : touffes serrées, chapeau jaune soufre à centre orangé, lames jaune verdâtre qui noircissent, chair très amère. Des troubles qui apparaissent plus de six heures après le repas peuvent signaler une espèce mortelle : appelez le 15 sans attendre. Voir les champignons toxiques et que faire en cas d’intoxication.
À partir de mars, les dangers changent : la gyromitre, ou fausse morille, pousse en même temps que les morilles. Voir le comparatif morille ou gyromitre.
Redoux, fonte des neiges : la météo de février
- Redoux humide : il relance les pleurotes et les collybies sur les souches et fait regonfler les oreilles de Judas.
- Fonte des neiges sans gel sévère : c’est le signal de l’hygrophore de mars en montagne. Cherchez à la lisière des plaques de neige qui reculent.
- Froid sec ou gel prolongé : rien ne pousse. Profitez-en pour repérer les souches et les sureaux où revenir après la pluie.
- Douceur précoce : dans le Sud et en plaine, elle peut annoncer la saison des morilles, qui commence en mars. Les premières morilles coniques restent rares en février.
Cueillette et réglementation
- Les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. En forêt publique, la cueillette familiale (jusqu’à 5 litres) est tolérée, sauf arrêté plus strict ; en forêt privée, il faut l’accord du propriétaire. Pour les truffes, c’est un délit dès la première. Détails dans quand ramasser des champignons.
- En montagne, renseignez-vous sur les règles des parcs naturels et sur l’enneigement avant de partir : les sentiers peuvent être glacés.
- La chasse reste ouverte en février dans de nombreux départements : respectez les panneaux de battue.
- Cueillez chaque champignon entier et vérifiez-le un par un. Consommez la récolte sous 48 heures, bien cuite, et pas plus de 150 à 200 g par adulte et par semaine (Anses).
Questions fréquentes
Y a-t-il des champignons en février ?
Peu : pleurotes en huître, collybies à pied velouté et oreilles de Judas sur le bois mort, truffes noires sous terre, tricholomes terreux dans le Midi et, en fin de mois en montagne, les premiers hygrophores de mars.
Quand pousse l’hygrophore de mars ?
Surtout en mars, parfois dès la mi-février, à la fonte des neiges, en forêt de montagne sous les sapins, les épicéas ou les hêtres. Sa saison peut se prolonger jusqu’au printemps.
Peut-on trouver des morilles en février ?
C’est rare. La saison des morilles commence en mars en plaine et dans le Sud, et plus tard en montagne. Voir la morille commune et la morille conique.
Jusqu’à quand ramasser la truffe noire ?
Sa saison s’étend de novembre à mars. Février est encore un très bon mois ; en mars, la récolte touche à sa fin.
Quel champignon orange pousse en touffes sur les souches en hiver ?
Le plus souvent la collybie à pied velouté, comestible (chapeau orangé visqueux, pied velouté brun noir). Mais un champignon orange vif en touffe, à lames orange, dans le Midi, est un clitocybe de l’olivier, toxique ; un chapeau jaune soufre à lames verdâtres, un hypholome en touffe, toxique.
Que faire en cas de malaise après un repas de champignons ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même si les symptômes semblent légers. Gardez les restes et les photos de la cueillette.
Les autres mois
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Sources
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Champyves, Hygrophorus marzuolus, hygrophore de mars ; Collybie à pied velouté.
- Mycobota, Hygrophorus marzuolus ; Les champignons d’hiver.
- Aujardin.info, Hygrophore de mars ; Pézize écarlate.
- Wikipédia : Flammulina velutipes, Truffe noire, Pleurote en huître.