Amadouvier

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Mis à jour le 2 octobre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

L’amadouvier (Fomes fomentarius) est un gros polypore non comestible, dur comme du bois, en forme de sabot de cheval, qui pousse sur les hêtres et les bouleaux. On le reconnaît à sa croûte grise très dure marquée de bourrelets concentriques, à sa marge crème à brun noisette et à ses pores fins crème à brunâtres, sans lames ni pied. Vivace, il se voit toute l’année. Sa chair, travaillée, donne l’amadou, utilisé depuis la préhistoire pour allumer le feu.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

Infographie amadouvier (Fomes fomentarius) : console en sabot de cheval sur tronc, croûte grise très dure à bourrelets concentriques, marge crème à brun noisette, pores fins crème à brunâtres, visible toute l'année
L’amadouvier en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité de l’amadouvier

Nom scientifique Fomes fomentarius (L.) Fr.
Noms courants Amadouvier, polypore allume-feu, amadou des chirurgiens
Famille Polyporacées
Comestibilité Non comestible : chair liégeuse, presque impossible à couper
Saison Toute l’année (champignon vivace)
Milieu Forêts de feuillus, sur arbres vivants affaiblis ou morts
Arbres hôtes Surtout hêtre, bouleau et aulne ; aussi chênes, érables, saules, frênes, peupliers ; rare sur conifères
Mode de vie Parasite d’arbres affaiblis puis décomposeur du bois mort ; pourriture blanche
Fréquence Répandu dans les forêts de feuillus de France
Taille 10 à 40 cm de large (jusqu’à 50 cm), 10 à 20 cm d’épaisseur
Sporée Jaunâtre

Comment reconnaître l’amadouvier ?

L’amadouvier est une console massive fixée directement sur le tronc, sans pied. Il vit plusieurs années et ajoute chaque saison une nouvelle couche de tubes.

La forme et la croûte

Il a la forme d’un sabot de cheval : bombé, épais, large de 10 à 40 cm. Le dessus est couvert d’une croûte d’environ 1 mm, lisse, dure et très coriace, gris pâle à gris-brun, parfois brun foncé. Elle est marquée de bourrelets concentriques qui correspondent aux années de croissance. La marge, arrondie, est crème à brun noisette.

Les pores

Le dessous, plat ou légèrement concave, ne porte pas de lames mais une surface de pores ronds et fins (2 à 4 par millimètre), crème à gris clair sur le frais, puis brun noisette avec l’âge.

Les tubes et la chair

Une coupe montre, sous la croûte, une chair brun cannelle à fauve, de consistance liégeuse et feutrée, très difficile à couper. Sous elle, les tubes bruns forment des couches successives, une par année.

Un test chimique

Une goutte de potasse (KOH) sur la croûte la fait virer au rouge sang foncé, à cause d’un pigment, le fomentariol. Ce test, réservé aux mycologues, aide à le distinguer des espèces voisines.

Les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Amadouvier Si ce n’est pas le cas…
Forme Sabot de cheval épais Console plate et mince : ganoderme aplani possible
Croûte Grise, lisse, mate, non crevassée Noircie « comme brûlée », crevassée : faux amadouvier · surface vernie et rouge : ganoderme
Dessous Pores fins crème à brun noisette Lames : ce n’est pas un polypore
Pied Absent Pied latéral laqué : ganoderme luisant
Arbre Hêtre, bouleau, aulne surtout Sur saule : pensez au faux amadouvier

L’amadouvier est-il comestible ?

Non. Sa chair est liégeuse et dure comme du bois : elle est totalement impropre à la consommation. L’amadouvier n’a aucun intérêt culinaire. N’utilisez pas non plus de préparations « maison » à base d’amadouvier : leur innocuité n’est pas établie.

Comme pour tous les polypores, seule une identification sûre permet de dire si une console trouvée sur un arbre se mange. Une chair dure ou liégeuse exclut toute consommation. Les rares polypores comestibles, comme le polypore soufré ou la langue de bœuf, sont charnus et juteux quand ils sont jeunes.

Amadouvier : les confusions possibles

Espèce Statut Ce qui la distingue de l’amadouvier
Faux amadouvier, phellin des saules (Phellinus igniarius) Non comestible Dessus noirâtre, comme brûlé, à larges bourrelets qui se fendillent et se crevassent avec l’âge · plus petit, plus dur · pores bruns · surtout sur les saules
Ganoderme aplani (Ganoderma applanatum) Non comestible Console plate, beaucoup moins épaisse · croûte bosselée beige à brun mat, marge blanche · souvent couverte d’une poussière de spores brun rouille
Ganoderme luisant (Ganoderma lucidum) Non comestible Chapeau verni, rouge acajou · pied latéral laqué · annuel (juin à novembre)
Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) Comestible jeune, avec précautions Consoles orange vif et jaune soufre, molles et juteuses jeunes · annuel

La règle à retenir

Sabot gris très dur + bourrelets concentriques non crevassés + pores crème à noisette + hêtre ou bouleau. Quelle que soit l’espèce, une console dure comme du bois ne se mange pas.

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Où et quand trouver l’amadouvier ?

Le bon milieu

En France, l’amadouvier pousse surtout sur le hêtre, le bouleau et l’aulne, plus rarement sur les chênes, érables, saules, frênes ou peupliers. Il est rare ou exceptionnel sur les conifères. Cherchez-le dans les hêtraies et les boulaies, sur les arbres affaiblis, les troncs morts encore debout et les grumes.

Le bon moment

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
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Vivace, il reste en place jusqu’à une trentaine d’années sur le même tronc : on peut l’observer en toute saison, y compris en hiver, quand les arbres sont nus. Voir aussi les champignons qui poussent sur les arbres.

À quoi servait l’amadouvier ?

  • Allumer le feu. La chair feutrée, préparée et séchée, donne l’amadou, une matière qui prend feu à la moindre étincelle. Son usage comme allume-feu remonte à la préhistoire.
  • Ötzi en portait. L’homme des glaces, mort dans les Alpes il y a environ 5 300 ans, transportait quatre morceaux d’amadouvier.
  • Arrêter les saignements. Les chirurgiens d’autrefois l’utilisaient pour la cautérisation, pour arrêter les hémorragies et comme pansement, d’où son nom d’« amadou des chirurgiens ». Cet usage est purement historique.
  • Un cuir végétal. L’amadou, souple et absorbant, sert encore à fabriquer de petits objets en « cuir » de champignon et, chez les pêcheurs à la mouche, à sécher les mouches.

L’amadouvier est-il dangereux pour l’arbre ?

Oui. Il pénètre par une blessure de l’écorce et attaque surtout des arbres affaiblis. Il provoque une pourriture blanche qui dissout l’essentiel du bois et le rend léger et friable. L’arbre finit par mourir, et le champignon continue de vivre sur le bois mort. Des études récentes suggèrent qu’il peut rester latent dans des arbres vivants avant de se manifester.

Un arbre porteur d’amadouviers près d’une maison, d’une route ou d’un chemin peut casser : faites-le examiner par un professionnel.

Le saviez-vous ?

  • Un nom qui chauffe : le latin fomes désigne l’amadou ; il est apparenté à fomentum et au verbe fovere, « chauffer ».
  • Un immeuble pour insectes : environ 199 espèces de coléoptères vivant dans le bois mort peuvent se trouver sur ou dans les amadouviers.
  • Un calendrier sur le tronc : chaque bourrelet de la croûte et chaque couche de tubes correspondent à une année de croissance.
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Questions fréquentes sur l’amadouvier

L’amadouvier est-il comestible ?

Non. Sa chair est dure, liégeuse et immangeable.

L’amadouvier est-il toxique ?

Il n’est pas connu pour provoquer d’intoxication, simplement parce qu’il est impossible à manger. Il ne faut pas pour autant en consommer sous forme de préparation.

Comment reconnaître un amadouvier ?

Une console en sabot de cheval, grise, très dure, à bourrelets concentriques, sans pied, avec des pores crème à brun noisette, sur un hêtre ou un bouleau.

Quelle différence entre l’amadouvier et le faux amadouvier ?

Le faux amadouvier (Phellinus igniarius) a un dessus noirâtre, comme brûlé, qui se crevasse, et pousse surtout sur les saules. L’amadouvier est gris, lisse, non crevassé.

Comment faisait-on du feu avec l’amadouvier ?

On utilisait sa chair feutrée, préparée et séchée : l’amadou. Une simple étincelle suffisait à l’enflammer.

L’amadouvier tue-t-il les arbres ?

Il provoque une pourriture blanche qui affaiblit puis tue l’arbre en quelques années. Un arbre porteur près d’un lieu fréquenté doit être examiné.

Peut-on voir l’amadouvier en hiver ?

Oui. Vivace, il reste sur le tronc toute l’année, pendant parfois des décennies.

Espèces proches

Sources

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