Pied bleu ou cortinaire : comment les différencier

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Mise à jour le 27 septembre 2026 · Rédaction les-champignons.fr · Notre méthode et nos sources

Le pied bleu (Lepista nuda) est un bon comestible bien cuit ; les cortinaires violets ne se mangent pas, et leur genre compte des espèces mortelles. Le critère qui tranche : le pied bleu n’a aucune cortine (voile en toile d’araignée) et donne une sporée rose pâle ; le cortinaire a une cortine chez le jeune et une sporée brun rouille. Au moindre doute, rejetez.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

⚠️ Urgence

Les cortinaires mortels contiennent de l’orellanine, qui détruit les reins et résiste à la cuisson. Les premiers signes, digestifs et inconstants, apparaissent 12 heures à 14 jours après le repas (3 jours en moyenne) ; l’atteinte des reins (soif intense, bouche sèche, douleurs dans le bas du dos, urines anormales) se déclare entre 2 et 20 jours après le repas (Anses). Si vous avez mangé un champignon douteux, appelez le 15 ou un centre antipoison sans attendre de symptômes, et signalez tout repas de champignons des trois dernières semaines.

Pied bleu ou cortinaire : comparaison — pied bleu à chapeau lisse, lames lilas, sans cortine, sporée rose pâle ; cortinaire violet à cortine en toile d'araignée, lames et sporée brun rouille
Pied bleu ou cortinaire : les différences en un coup d’œil (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Le tableau comparatif

Critère Pied bleu (Lepista nuda, aujourd’hui Collybia nuda) Cortinaires violets (Cortinarius spp.)
Chapeau 5 à 15 cm, lisse, nu, un peu humide ; lilas-violet chez le jeune, puis brun grisâtre ou beige depuis le centre ; marge longtemps enroulée Violet, lilas ou argenté selon l’espèce ; souvent fibrilleux, feutré ou visqueux, parfois avec des restes de voile
Lames Serrées, lilas-violet, puis beige rosé ou brun terne avec l’âge ; se détachent facilement du chapeau Violettes ou lilas chez le jeune, puis brun rouille à maturité, colorées par les spores
Voile (jeunes exemplaires) Aucun Cortine : fins filaments en toile d’araignée entre la marge et le pied
Pied Robuste, violet lilas couvert de fibrilles blanchâtres, base renflée Souvent renflé ou bulbeux ; porte fréquemment des fibrilles rouillées, restes de la cortine
Anneau, volve Aucun En général aucun anneau membraneux, aucune volve
Chair Blanchâtre à teintée de lilas Violette, lilas, blanchâtre ou jaune safran selon l’espèce
Odeur Fruitée, parfois un peu anisée Variable : désagréable chez le cortinaire camphré, de bouc chez le cortinaire à odeur de bouc, de cuir chez le cortinaire violet
Sporée Rose pâle (blanc rosé) Brun rouille, chez toutes les espèces du genre
Mode de vie, milieu Saprophyte : litière des feuillus et des conifères, tas de feuilles, lisières ; souvent en ronds de sorcière Associés aux racines des arbres (feuillus ou conifères selon l’espèce) ; au sol, jamais sur le bois
Saison Surtout octobre à décembre, après les premiers froids Surtout de la fin de l’été à la fin de l’automne
Comestibilité Bon comestible, bien cuit, jeunes exemplaires À rejeter : non comestibles ou douteux ; toxicité inconnue pour la plupart des espèces
Syndrome Rares troubles digestifs après des repas copieux de vieux exemplaires Genre des deux cortinaires mortels de France (syndrome orellanien, atteinte des reins)

Le critère qui ne trompe pas

La sporée. Posez un chapeau, lames vers le bas, sur une feuille blanche, sous un bol, pendant quelques heures. Le pied bleu laisse un dépôt rose pâle. Tous les cortinaires laissent un dépôt brun rouille. Ce test est simple et ne dépend pas de la couleur du chapeau, qui varie beaucoup avec l’âge et la météo.

Sur le terrain, cherchez aussi la cortine sur les jeunes exemplaires : un voile de fils très fins, comme une toile d’araignée, tendu entre le bord du chapeau et le pied. Le pied bleu n’en a jamais.

Les limites :

  • La cortine disparaît vite : sur un exemplaire adulte, elle ne laisse parfois que quelques fibrilles rouillées sur le pied. Ramassez plusieurs exemplaires, dont des jeunes.
  • Les jeunes cortinaires ont des lames violettes, pas encore rouillées. La couleur des lames ne suffit donc pas chez le jeune : la sporée tranche.
  • Les vieux pieds bleus se décolorent et brunissent : ils deviennent difficiles à identifier. Laissez-les sur place.
  • La sporée rose écarte les cortinaires, pas tous les autres champignons violets : vérifiez aussi la taille, l’odeur et les lames (voir plus bas).

Le chapeau et les lames

Le chapeau du pied bleu est nu : ni écailles, ni fibrilles, ni restes de voile. Ses lames, serrées et étroites, sont d’un lilas-violet plus vif que le chapeau chez le jeune et ne prennent jamais la teinte rouille. Chez les cortinaires violets, le chapeau est souvent fibrilleux, feutré ou visqueux, et les lames virent au brun rouille à mesure que les spores mûrissent. Le cortinaire violet (Cortinarius violaceus), par exemple, est d’un violet sombre intense, à chapeau feutré ; le pied bleu n’est jamais aussi foncé.

Le pied

Le pied du pied bleu est violet lilas, couvert de fibrilles blanchâtres, renflé à la base, sans anneau. Celui d’un cortinaire porte souvent une zone de fibrilles rouillées : ce sont les restes de la cortine, sur lesquels les spores brun rouille se sont collées. Une trace rouille sur le pied doit vous faire rejeter le champignon.

L’odeur et la chair

Le pied bleu sent nettement le fruit. Plusieurs cortinaires violacés ont au contraire une odeur forte et désagréable : le cortinaire camphré (Cortinarius camphoratus), lilas pâle, a une odeur comparée au bouc, à la viande avariée ou à la purée froide ; le cortinaire à odeur de bouc (Cortinarius traganus), lilacin argenté, a une chair jaune safran. L’odeur est un indice, jamais une preuve : certaines personnes la perçoivent mal.

Les photos côte à côte

Pied bleu comestible (Lepista nuda) : chapeau lisse violet, lames lilas, pas de cortine, pied violet fibrilleux, sporée rose pâle
Pied bleu : chapeau nu, lames lilas, pas de cortine, sporée rose pâle (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)
Cortinaires toxiques : cortine en toile d'araignée, lames brun rouille, fibrilles rouillées sur le pied, sporée brun rouille
Cortinaires : cortine en toile d’araignée, lames et sporée brun rouille (illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction)

Les autres sosies à connaître

Espèce Danger Différence avec le pied bleu
Inocybe lilas (Inocybe geophylla var. lilacina) Toxique (muscarine) Petit, chapeau conique et soyeux · lames qui deviennent brunes · sporée brune
Mycène pur (Mycena pura) Toxique (muscarine) Petit et fragile · pied creux qui casse net · nette odeur de radis
Laccaire améthyste Comestible Beaucoup plus petit, entièrement violet · lames épaisses et très espacées · sporée blanche
Pied violet (Lepista saeva) Comestible Chapeau et lames beige pâle, seul le pied est violet · prairies, vergers
Lépiste sordide (Lepista sordida) Comestible Modèle réduit du pied bleu, plus grêle · hors des bois, milieux riches
Cortinaire couleur de rocou et cortinaire très joli Mortels Pas violets mais roux orangé à brun roux · lames rouille · rappellent plutôt une girolle qu’un pied bleu

En cas de doute ou d’ingestion

  • Faites une sporée sur un exemplaire de chaque groupe cueilli. Une trace brun rouille : jetez tout le lot.
  • Séparez les pieds bleus des autres espèces dans le panier : un cortinaire mêlé à la récolte passerait inaperçu une fois cuit.
  • Photographiez votre récolte avant cuisson et gardez un exemplaire cru de chaque espèce.
  • Faites contrôler par un pharmacien ou une association mycologique ; l’Anses déconseille de se fier aux applications.
  • Cuisez les pieds bleus 20 à 30 minutes, jamais crus ; 150 à 200 g par adulte et par semaine au maximum ; pas de champignons sauvages pour les jeunes enfants (Anses).
  • Après un repas douteux, appelez le 15 ou un centre antipoison même sans symptôme : l’intoxication par les cortinaires peut ne se déclarer qu’après plusieurs jours. Il n’existe pas d’antidote, et les reins peuvent rester atteints définitivement.

Questions fréquentes

Comment différencier le pied bleu d’un cortinaire violet ?

Le pied bleu n’a pas de cortine, garde des lames lilas puis beige rosé et donne une sporée rose pâle. Le cortinaire a une cortine en toile d’araignée chez le jeune, des lames qui deviennent brun rouille et une sporée brun rouille.

Le pied bleu est-il toxique ?

Non, c’est un bon comestible bien cuit. Les rares troubles signalés concernent des repas trop copieux de vieux exemplaires, et surtout les confusions avec d’autres champignons violets.

Les cortinaires violets sont-ils mortels ?

Les deux cortinaires mortels de France, le cortinaire couleur de rocou et le cortinaire très joli, ne sont pas violets. Mais la toxicité de la plupart des cortinaires est inconnue, et les distinguer demande souvent un microscope : aucun cortinaire ne doit être consommé.

Qu’est-ce que la cortine ?

Un voile très fin, en fils de toile d’araignée, qui protège les lames du jeune cortinaire. Il disparaît vite et laisse souvent des fibrilles rouillées sur le pied.

Comment faire une sporée ?

Coupez le pied, posez le chapeau lames vers le bas sur une feuille blanche, couvrez d’un bol et attendez quelques heures. Rose pâle : compatible avec le pied bleu. Brun rouille : cortinaire, à rejeter.

Mon pied bleu est devenu brun : est-il encore bon ?

Avec l’âge, le pied bleu se décolore et brunit. Il devient alors plus difficile à distinguer d’autres espèces et moins bon : laissez-le sur place.

Quelle différence entre pied bleu et pied violet ?

Chez le pied violet, seul le pied est violet ; chapeau et lames sont beige pâle, et il pousse dans les prairies et vergers. Les deux sont comestibles bien cuits.

Quand ramasser les pieds bleus ?

Surtout d’octobre à décembre, après les premiers froids. Les cortinaires poussent en même temps en automne : vérifiez chaque exemplaire.

Pour aller plus loin

Sources

Quels champignons ramasser en juillet ?

Cèpes d’été à leur pic, girolles, amanites des Césars et premières coulemelles : les champignons de juillet après les orages, et les espèces toxiques et mortelles de l’été.

Quels champignons ramasser en juin ?

Premiers cèpes d’été, girolles, russules et truffe d’été : les champignons de juin, la météo qui les fait sortir et les espèces mortelles du début de l’été.

Quels champignons ramasser en mai ?

Mousseron de la Saint-Georges, dernières morilles, marasmes et premiers cèpes d’été : les champignons de mai, et les deux sosies dangereux du mois, l’amanite printanière et l’inocybe de Patouillard.

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