Clitocybe de l’olivier

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Mise à jour le 25 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources

Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) est toxique : il provoque une gastro-entérite violente (vomissements, crampes, diarrhées) peu après le repas. Malgré son nom, ce n’est pas un vrai clitocybe, mais une espèce de la famille des Omphalotacées. Orange vif, il est régulièrement confondu avec la girolle. Pour ne pas se tromper : il pousse en touffes sur des souches ou des racines de feuillus (oliviers, chênes, châtaigniers), il porte de vraies lames fines, serrées et très décurrentes, et sa chair est orangée jusqu’au cœur. La girolle, elle, a des plis épais et fourchus et pousse au sol.

⚠️ Avant de consommer

Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.

⚠️ Urgence

Les troubles commencent en général 30 minutes à 2 heures après le repas, parfois jusqu’à 6 heures : nausées, vomissements répétés, douleurs abdominales, diarrhées parfois sanglantes. Appelez un centre antipoison, ou le 15 pour un enfant, une personne âgée ou fragile, ou en cas de déshydratation. Gardez les restes du repas.

Infographie clitocybe de l'olivier : touffe de champignons orange vif sur souche, chapeau en entonnoir, vraies lames fines, serrées et très décurrentes, pied orange courbé, chair orangée, toxique
Le clitocybe de l’olivier en un coup d’œil (infographie : illustration générée par IA et vérifiée par la rédaction ; comparez toujours avec le champignon réel)

Carte d’identité du clitocybe de l’olivier

Nom scientifique Omphalotus olearius (DC.) Singer
Synonymes Agaricus olearius, Clitocybe olearia (DC.) Maire (1933), Pleurotus olearius, Flammula phosphorea
Noms courants Clitocybe de l’olivier, pleurote de l’olivier
Famille Omphalotacées (pas les Clitocybacées)
Comestibilité Toxique
Syndrome Gastro-intestinal sévère (syndrome résinoïdien)
Saison Surtout de juillet à novembre ; dans le Midi, parfois en hiver et au printemps
Milieu Au pied des oliviers, chênes, châtaigniers et autres feuillus, sur souches et racines ; bois chauds méditerranéens
Mode de vie Sur le bois : souches, racines enterrées, base des troncs
Fréquence Peu commun ; surtout dans le Midi, rare au nord de la Loire
Taille Chapeau de 5 à 12 cm (jusqu’à 14 cm) ; pied de 6 à 16 cm
Sporée Blanchâtre

Pourquoi le clitocybe de l’olivier n’est pas un vrai clitocybe

Son nom français vient de son allure : un chapeau qui se creuse en entonnoir et des lames qui descendent sur le pied, comme chez les clitocybes. Le mycologue René Maire l’a d’ailleurs rangé dans le genre Clitocybe en 1933. D’autres auteurs l’avaient placé chez les pleurotes, d’où son autre nom de « pleurote de l’olivier ».

La biologie moléculaire a tranché : le genre Omphalotus forme sa propre famille, les Omphalotacées, sans lien étroit avec les vrais clitocybes, classés dans les Clitocybacées. Plusieurs différences concrètes le confirment :

  • il pousse sur le bois (souches, racines), alors que les vrais clitocybes décomposent la litière et l’humus ;
  • il produit des illudines, des toxines absentes chez les clitocybes, qui produisent plutôt de la muscarine ;
  • ses lames sont bioluminescentes, un caractère inconnu chez les clitocybes.

Retenez donc qu’un champignon peut s’appeler « clitocybe » en français sans en être un. Seul le nom scientifique renseigne sur la parenté.

Comment reconnaître le clitocybe de l’olivier ?

Le chapeau

Il mesure 5 à 12 cm, parfois 14 cm. D’abord convexe, il s’étale puis se creuse en entonnoir. Sa couleur est orange vif, jaune orangé à rouge cuivré ou brun doré. Sa surface est lisse, finement vergetée. La marge, mince et enroulée, se fend souvent par temps sec. Elle verdit au contact de l’ammoniaque, un test utilisé par les mycologues.

Les lames

C’est le critère clé : ce sont de vraies lames, minces, serrées, inégales, très décurrentes, jaune orangé. Dans l’obscurité, elles émettent une faible lueur verdâtre.

Le pied

Long (6 à 16 cm), fibreux, plein, de la même couleur orange que le chapeau, souvent excentré et courbé, évasé sous les lames et aminci vers la base. Les pieds d’une même touffe sont soudés à la base.

La chair

Ferme, mince sauf au centre, jaune safran à orangée dans toute son épaisseur. L’odeur est décrite de façon variable selon les auteurs : assez forte et huileuse, fruitée ou douce. Ne vous fiez pas à l’odeur.

Le port

Il pousse en touffes denses au pied d’un arbre ou d’une souche. Quand il naît sur des racines enterrées, il semble sortir directement du sol : c’est là que la confusion avec la girolle devient la plus facile.

Girolle ou clitocybe de l’olivier : les critères décisifs en 30 secondes

À vérifier Clitocybe de l’olivier (toxique) Girolle (comestible)
Dessous du chapeau Vraies lames fines, tranchantes, serrées Plis épais, arrondis, espacés, fourchus, qui ressemblent à des veines
Port Touffe dense, pieds soudés Exemplaires séparés ou en petits groupes
Support Souche, racines, base d’un tronc Sol, mousse, litière
Chair à la coupe Orangée jusqu’au cœur Blanchâtre à jaune pâle à l’intérieur

Un seul critère manquant suffit à rejeter le champignon. Retournez toujours le chapeau : des lames fines et serrées ne sont jamais celles d’une girolle.

Le clitocybe de l’olivier est-il comestible ou toxique ?

Il est toxique, et la cuisson ne le rend pas consommable.

Les toxines

Le genre Omphalotus produit des illudines, en particulier l’illudine S, une molécule de la famille des sesquiterpènes, responsable de troubles digestifs sévères.

Le syndrome

  • Délai : court, en général 30 minutes à 2 heures après le repas, toujours moins de 6 heures.
  • Symptômes : nausées, vomissements violents et répétés, crampes et douleurs abdominales, diarrhées, parfois sanglantes.
  • Évolution : les troubles régressent en 12 à 48 heures dans la plupart des cas.
  • Risques : la déshydratation peut être grave chez les jeunes enfants, les personnes âgées ou fragiles. Des décès ont été évoqués chez des sujets fragiles ou très jeunes.

Un délai court oriente vers une intoxication moins grave qu’un syndrome phalloïdien. Mais si plusieurs espèces ont été mangées ensemble, des vomissements précoces peuvent masquer une intoxication plus lente et plus dangereuse. D’où l’importance d’un avis médical.

Clitocybe de l’olivier : les confusions dangereuses

Espèce Statut Ce qui la distingue du clitocybe de l’olivier
Girolle (Cantharellus cibarius) Comestible Plis épais, espacés, sinueux et fourchus, pas de vraies lames · pousse au sol, jamais en touffe soudée sur bois · chair pâle à l’intérieur · odeur d’abricot
Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) Non comestible Ne forme pas de grosses touffes soudées au pied d’un feuillu · voir sa fiche pour les critères détaillés

Comparatif détaillé : Girolle ou clitocybe de l’olivier ? Comment les différencier

La règle de sécurité à retenir

Un champignon orange en touffe au pied d’un arbre n’est pas une girolle. Retournez le chapeau : de vraies lames fines et serrées signent le clitocybe de l’olivier. Coupez un pied : une chair orange jusqu’au centre confirme.

Où et quand trouve-t-on le clitocybe de l’olivier ?

Le milieu

C’est une espèce thermophile, surtout méridionale. On le trouve au pied des oliviers, mais aussi des chênes, des châtaigniers et d’autres feuillus, sur les souches, les racines ou la base des troncs, surtout dans les bois chauds méditerranéens. Il est plus fréquent dans le Midi et devient rare au nord de la Loire. En Suisse, il n’est connu qu’au pied d’oliviers plantés.

Le calendrier

Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
rare rare rare rare rare rare ● ●● ●●● ●●● ●● rare

Il fructifie surtout de l’été à la fin de l’automne. Dans le Midi, il peut aussi être abondant en hiver et au printemps. Voir aussi : quels champignons ramasser en octobre.

Que faire en cas d’ingestion ?

  1. Appelez un centre antipoison dès les premiers vomissements, ou le 15 pour un enfant, une personne âgée ou fragile, en cas de diarrhée sanglante ou de signes de déshydratation (bouche sèche, malaise, urines rares).
  2. Ne donnez pas de médicament contre les vomissements ou la diarrhée sans avis médical.
  3. Gardez les restes du repas et les champignons crus, et prenez-les en photo : une girolle et un clitocybe de l’olivier se distinguent facilement sur un exemplaire entier.
  4. Prévenez tous les convives ayant mangé du même plat.

Le traitement est symptomatique : réhydratation, correction des troubles électrolytiques. En savoir plus : intoxication aux champignons.

Le saviez-vous ?

  • Un champignon qui brille : ses lames, et son mycélium, émettent une lueur verte dans l’obscurité, grâce à une enzyme, la luciférase. Le naturaliste Jean-Henri Fabre l’a décrit comme le seul champignon phosphorescent d’Europe.
  • Un nom en forme de nombril : Omphalotus associe les mots grecs omphalos, « nombril », et ous, ôtos, « oreille », pour son chapeau creusé. Olearius rappelle l’olivier.
  • Un proche cousin : Omphalotus illudens, le faux clitocybe lumineux, est lui aussi pris pour une girolle. Dans le bilan de l’Anses pour le second semestre 2024, le clitocybe de l’olivier et le faux clitocybe lumineux ont chacun été identifiés dans 6 repas, chez des personnes qui pensaient cueillir des girolles ou des chanterelles.

Questions fréquentes sur le clitocybe de l’olivier

Le clitocybe de l’olivier est-il mortel ?

Il est rarement mortel. Mais la gastro-entérite qu’il provoque est violente, et la déshydratation peut être grave chez les enfants et les personnes fragiles.

Comment différencier la girolle du clitocybe de l’olivier ?

Regardez sous le chapeau : la girolle a des plis épais et fourchus, le clitocybe de l’olivier de vraies lames fines et serrées. Le clitocybe de l’olivier pousse en touffe sur une souche ou des racines, et sa chair est orange jusqu’au cœur.

Pourquoi l’appelle-t-on clitocybe s’il n’en est pas un ?

Pour sa forme en entonnoir et ses lames décurrentes, comme chez les clitocybes. Il a été classé dans ce genre en 1933, avant que la génétique ne le place dans une autre famille, les Omphalotacées.

Le clitocybe de l’olivier pousse-t-il seulement sur les oliviers ?

Non. Il pousse aussi au pied des chênes, des châtaigniers et d’autres feuillus.

Le trouve-t-on dans le nord de la France ?

Il est surtout méridional et devient rare au nord de la Loire.

Est-il vraiment phosphorescent ?

Oui. Ses lames émettent une faible lumière verte, visible dans l’obscurité complète sur des exemplaires frais.

La cuisson le rend-elle comestible ?

Non. Il reste toxique cuit.

Combien de temps après le repas apparaissent les symptômes ?

En général 30 minutes à 2 heures, toujours moins de 6 heures. Ils régressent en 12 à 48 heures.

Qu’est-ce qu’Omphalotus olearius ?

C’est le nom scientifique du clitocybe de l’olivier, aussi appelé pleurote de l’olivier.

Espèces proches

Sources

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