Mise à jour le 26 septembre 2026 · Par Mathieu · Notre méthode et nos sources
La fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) n’est pas comestible : elle est de plus en plus considérée comme toxique, car elle a provoqué de nombreux troubles digestifs. Elle ressemble à la girolle par sa couleur orange, mais s’en distingue par quatre critères : de vraies lames fines, serrées et fourchues, plus orangées que le chapeau (la girolle a des plis épais), une chair mince et molle, un pied grêle, souvent brunâtre à la base, et l’absence d’odeur d’abricot. Elle pousse surtout sous les conifères, sur le bois pourri et la litière, en automne. Un autre sosie orange de la girolle est plus dangereux encore : le clitocybe de l’olivier, toxique, qui pousse en touffes sur les souches.
⚠️ Avant de consommer
Ne mangez jamais un champignon identifié uniquement grâce à une fiche en ligne, une photo ou une application. Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une association mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison.
Sommaire
- Carte d’identité
- Comment reconnaître une fausse girolle
- Fausse girolle ou girolle : les critères en 30 secondes
- Comestible ou toxique ?
- L’autre fausse girolle : le clitocybe de l’olivier
- Tableau des confusions
- Où et quand la trouve-t-on
- Que faire en cas d’ingestion ?
- Le saviez-vous ?
- Questions fréquentes

Carte d’identité de la fausse girolle
| Nom scientifique | Hygrophoropsis aurantiaca (Wulfen) Maire ; anciens noms : Clitocybe aurantiaca, Merulius aurantiacus |
|---|---|
| Noms courants | Fausse girolle, fausse chanterelle, chanterelle orangée, hygrophoropsis orangé |
| Famille | Hygrophoropsidacées, dans l’ordre des Bolétales : elle est plus proche des bolets que des girolles |
| Comestibilité | Non comestible, considérée comme toxique (troubles digestifs) |
| Syndrome | Troubles digestifs (gastro-intestinaux) |
| Saison | D’août à novembre, parfois plus tard en automne doux |
| Milieu | Surtout sous les conifères ; aussi landes, bruyères, forêts de feuillus |
| Support | Bois pourri, souches, litière, débris végétaux, copeaux de bois |
| Mode de vie | Saprophyte : elle décompose le bois mort (pourriture brune) |
| Fréquence | Répandue en Europe et en Amérique du Nord |
| Taille | Chapeau de 2 à 10 cm ; pied de 1,5 à 8 cm |
| Sporée | Blanche à crème |
Comment reconnaître une fausse girolle ?
De loin, la fausse girolle a la couleur et la silhouette d’une girolle. De près, presque tout diffère. Comparez toujours le dessous du chapeau, la chair et le pied.
Le chapeau
Il mesure 2 à 10 cm. D’abord convexe, avec une marge enroulée, il s’étale puis se creuse légèrement au centre. Sa couleur est orange vif à jaune orangé, souvent plus foncée au centre. Sa surface est finement veloutée, duveteuse au toucher, alors que celle de la girolle est lisse.
Les lames
C’est le critère décisif. La fausse girolle a de vraies lames : fines, très serrées, tranchantes, qui se divisent en fourche à plusieurs reprises. Elles descendent sur le pied et sont d’un orange plus vif que le chapeau. Chez la girolle, on voit au contraire des plis épais, bas et arrondis, de la même couleur que le chapeau.
Le pied
Grêle, de 1,5 à 8 cm, souvent excentré (décalé par rapport au centre du chapeau). Il est orangé, devient creux et brunit vers la base, jusqu’au brun noirâtre chez les vieux exemplaires. Il n’a ni anneau, ni volve.
La chair
Mince, molle, orangé pâle. Son odeur est faible, sans le parfum fruité d’abricot de la girolle. Sa saveur est insignifiante. La girolle, elle, a une chair épaisse, ferme et blanc crème.
Fausse girolle ou girolle : les critères en 30 secondes
| À vérifier | Fausse girolle | Girolle |
|---|---|---|
| Dessous du chapeau | Vraies lames fines, très serrées, fourchues | Plis épais, bas, arrondis, reliés par des veines |
| Couleur du dessous | Plus orangé que le chapeau | Même couleur que le chapeau |
| Chapeau | Orange, plus foncé au centre, velouté | Jaune d’œuf uniforme, lisse |
| Chair | Mince, molle, orangé pâle | Épaisse, ferme, blanc crème |
| Pied | Grêle, souvent excentré, brunâtre à la base | Trapu, plein, de la couleur du chapeau |
| Odeur | Faible | Fruitée, d’abricot |
| Milieu | Bois pourri, litière de conifères, bruyères | Sol, en association avec les arbres, souvent dans la mousse |
Un seul critère qui ne correspond pas à la girolle suffit à rejeter le champignon.
La fausse girolle est-elle comestible ou toxique ?
La fausse girolle a longtemps été classée comme comestible médiocre, et elle a été consommée dans certaines régions d’Europe. Elle est aujourd’hui de plus en plus reconnue comme toxique, après de nombreuses intoxications. Elle provoque des troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée. Le mécanisme est mal connu ; certains auteurs l’attribuent à sa teneur élevée en arabitol, un sucre-alcool mal digéré par certaines personnes.
Ces troubles ne mettent en général pas la vie en danger, mais la fausse girolle ne présente aucun intérêt culinaire : sa chair est molle et sans saveur. Ne la consommez pas.
Le vrai risque d’une confusion est ailleurs : une personne qui confond une fausse girolle avec une girolle montre qu’elle ne vérifie pas le dessous du chapeau. Or ce contrôle est ce qui protège aussi du clitocybe de l’olivier et des cortinaires mortels.
L’autre fausse girolle : le clitocybe de l’olivier
Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), aussi appelé pleurote de l’olivier, est le sosie toxique le plus souvent en cause dans les intoxications par « fausse girolle ». Selon l’Anses, environ 6,4 % des repas identifiés en 2024 contenaient un clitocybe de l’olivier ou un faux clitocybe lumineux (Omphalotus illudens), les principales espèces toxiques confondues avec les girolles, contre 3,3 % en 2023.
- Aspect : chapeau de 6 à 14 cm, orange vif à rouge cuivré ou brun doré, qui se creuse en entonnoir.
- Lames : vraies lames fines, serrées, inégales, très décurrentes, souvent luminescentes (verdâtres dans l’obscurité).
- Mode de pousse : en touffes, à la base des souches ou sur des racines mortes d’olivier, de chêne, de chêne-liège, de châtaignier et d’autres feuillus. La girolle ne pousse jamais ainsi.
- Répartition : abondant dans le Midi ; plus rare au nord de la Loire.
- Toxicité : il provoque des nausées et des diarrhées violentes, qui apparaissent en général de 30 minutes à 3 heures après le repas (syndrome gastro-intestinal).
Retenez : un champignon orange qui pousse en bouquet sur une souche ou au pied d’un arbre n’est jamais une girolle.
Tableau des confusions
| Espèce | Comestibilité | Différences avec la fausse girolle |
|---|---|---|
| Girolle (Cantharellus cibarius) | Excellent comestible | Plis épais et bas, pas de lames · chair épaisse, ferme, blanc crème · pied trapu et plein · odeur d’abricot · jaune d’œuf uniforme |
| Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) | Toxique | Plus grand (6 à 14 cm) · pousse en touffes sur souches et racines de feuillus · orange cuivré · surtout dans le Midi |
Comparatif détaillé : Girolle ou fausse girolle ? Comment les différencier
La règle de sécurité à retenir
Des lames fines et serrées, un pied grêle ou une chair molle : ce n’est pas une girolle. Retournez chaque champignon orange avant de le garder. En cas de doute, ne gardez rien et faites contrôler votre récolte par un pharmacien ou une association mycologique.
Où et quand trouve-t-on la fausse girolle ?
Le milieu
Contrairement à la girolle, qui vit en association avec les arbres, la fausse girolle est saprophyte : elle se nourrit de matière morte. On la trouve surtout dans les forêts de conifères, sur le bois pourri, les souches décomposées, les aiguilles et la litière, mais aussi dans les landes à bruyères, sous les feuillus et même sur les copeaux de bois des massifs et des parcs. Elle pousse en troupes.
La saison
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| – | – | – | – | – | – | rare | ● | ●● | ●● | ● | rare |
Elle apparaît surtout en automne, parfois tard dans la saison, souvent en même temps que les dernières girolles et les chanterelles en tube.
Que faire en cas d’ingestion ?
- Appelez le 15 ou un centre antipoison dès l’apparition de symptômes, ou même sans symptôme si vous avez un doute sur l’espèce consommée.
- Notez l’heure du repas et celle des premiers symptômes. Des troubles digestifs apparus moins de 6 heures après le repas orientent plutôt vers une intoxication moins grave, comme celle de la fausse girolle ou du clitocybe de l’olivier. Mais un repas peut mêler plusieurs espèces : seul un médecin peut écarter une intoxication grave. Des troubles apparus plus de 6 heures après le repas sont une urgence.
- Gardez les restes du repas, les épluchures et, si possible, une photo de la récolte : ils permettent d’identifier l’espèce.
- Ne faites pas vomir et ne prenez aucun remède sans avis médical. Buvez par petites gorgées pour compenser les pertes d’eau si le centre antipoison vous le conseille.
- Prévenez les autres convives, même s’ils n’ont pas de symptômes.
Pour en savoir plus : intoxications aux champignons : symptômes et conduite à tenir.
Le saviez-vous ?
- Une cousine des bolets : malgré ses lames, la fausse girolle appartient à l’ordre des Bolétales. Les analyses génétiques l’ont rapprochée des bolets plus que des girolles.
- Un nom qui dit sa couleur : aurantiaca vient du latin et signifie « orangé ».
- Une décomposeuse de bois : elle provoque une pourriture brune du bois et sécrète de l’acide oxalique, qui modifie le cycle des éléments nutritifs du sol.
- D’anciens noms trompeurs : elle a été classée parmi les Merulius puis parmi les clitocybes, avant d’être placée dans le genre Hygrophoropsis par le mycologue René Maire en 1921.
Questions fréquentes sur la fausse girolle
La fausse girolle est-elle mortelle ?
Non. Elle provoque des troubles digestifs, désagréables mais sans danger vital dans la grande majorité des cas. Elle ne doit pas être consommée.
Comment reconnaître une fausse girolle ?
Retournez-la : elle a de vraies lames fines, très serrées et fourchues, plus orangées que le chapeau. Sa chair est mince et molle, son pied grêle, et elle ne sent pas l’abricot.
Quelle est la différence entre la girolle et la fausse girolle ?
La girolle a des plis épais au lieu de lames, une chair ferme blanc crème, un pied trapu et plein, et une odeur d’abricot. La fausse girolle a des lames fines, une chair molle orangée et un pied grêle.
Où pousse la fausse girolle ?
Surtout sous les conifères, sur le bois pourri, les souches et la litière, mais aussi dans les landes et sur les copeaux de bois.
Que se passe-t-il si on mange une fausse girolle ?
Le plus souvent, des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales. Appelez un centre antipoison ou le 15 pour être conseillé.
Le clitocybe de l’olivier est-il une fausse girolle ?
C’est un autre sosie de la girolle, plus toxique. Il pousse en touffes sur les souches et les racines de feuillus, surtout dans le Midi, et possède de vraies lames souvent luminescentes.
La cuisson rend-elle la fausse girolle comestible ?
Non. Rien n’indique que la cuisson la rende sûre. Comme pour tout champignon sauvage, la cuisson ne rend pas comestible une espèce toxique. Ne la consommez pas.
Espèces proches
- Chanterelles et craterelles · Girolle · Chanterelle en tube · Trompette de la mort
- Clitocybe de l’olivier
- Les champignons toxiques · Intoxications aux champignons
Sources
- Anses, Intoxications accidentelles par des champignons, bilan juillet-décembre 2024 (2025).
- Fausse girolle et Omphalotus olearius, Wikipédia ; Hygrophoropsis aurantiaca, Wikipedia (en).
- Pharmanatur, Hygrophoropsis aurantiaca, fausse girolle.
- Centre antipoison de Lille, Champignons et principaux syndromes toxiques.